Quel film pour quelle matière ?

Puisqu’en septembre, il n’y a pas (encore) beaucoup de cours, voici une liste non-exhaustive de quelques films très sérieux pour préparer votre année ; préparez vos mirettes, vous allez en prendre plein les yeux.

1ère année

films spécialités ecole du louvre bloc 1

Bloc 1

• Archéologie égyptienne : Mission Cléôpatre
« pas de palais, pas de palais »
• Art de l’Inde : Mohenjo Daro
Les films historico-romantiques aux costumes merveilleux : on ADOREUH.
• Archéologie nationale de la préhistoire à l’époque mérovingienne : RRRrrr !!!
« Il va faire tout noir »
• Archéologie orientale : Prince of Persia
Les jeux vidéos sont mieux, mais bon c’est une liste de films alors…


films spécialités ecole du louvre bloc 2

Bloc 2

• Archéologie grecque : L’attaque de la Moussaka Géante
Parce que la moussaka ressemble un peu aux cheveux de L. Laugier.
• Archéologie romaine : Gladiateur
Parce que ça va te manquer les mecs qui se battent à poil dans la poussière. Malheureusement l’équipe de rugby de l’EDL joue habillée…
• Archéologie étrusque : Crime au Cimetière Etrusque
Parce que de toute façon toutes les tombes étrusques sont un peu un crime.
• Archéologie chrétienne : Le Prince d’Egypte
OK ça se passe en Egypte, et OK se sont des hébreux, mais il n’y avait rien d’autre, et puis c’est une scène vétérotestamentaire…
• Arts de la Chine (et du Japon) : Mulan
Pour Mushu, et les Zenmu Shou.

2ème année

films spécialités ecole du louvre moyen age renaissance

Bloc 1

• Art du Moyen Âge : Merlin l’enchanteur
Parce que c’est un peu le Dumbledore de l’époque…
• Art de la Renaissance : Les Borgia
Sexe, alcool et religion, les trois crédo de l’EDL… Non j’déconne, on n’a pas le temps.


films spécialités ecole du louvre inde islam

Bloc 2

• Arts de l’Inde : Indiana Jones et le Temple Maudit
On regrette tous l’absence de spé Indiana Jones…
• Arts de l’Islam : Aladdin
« Je vais t’offrir un monde aux 1001 merveilles » … Pléiades.com


films spécialités ecole du louvre japon precolombien byzance

Bloc 3

• Arts précolombiens : Kuzco
Malheureusement on n’apprend pas la recette des gougères aux épinards en cours…
• Arts de la Chine et du Japon : Princesse Mononoké
Parce qu’un chargé de TD un peu trop canon nous l’a conseillé.
• Art de Byzance : Théodora, Impératrice de Byzance
« Si elle avait eu plus de trous elle aurait su comment les combler… »

3ème année

films spécialités ecole du louvre 17 18

Bloc 1

• Art des Temps modernes (XVIIe) : Cyrano de Bergerac
L’une des rédactrice nie toute ressemblance entre son nez et celui du protagoniste principal.
• Art des Temps modernes (XVIIIe) : Marie-Antoinette
Sofia Coppola Fever.


films spécialités ecole du louvre 19 20

Bloc 2

• Art du XIXsiècle : Abraham Lincoln, Chasseur de Vampire
Parce qu’en plus d’interdire la vente d’esclave, il a failli nous éviter Twilight.
• Art du XXsiècle : Le Chien Andalou
C’est Dalì, ça se passe de commentaires.


films spécialités ecole du louvre ATP

Bloc 3

• Art populaire français : Germinal
Le seul moment où on étudie les pauvres à l’EDL.
• Arts d’Afrique : Kirikou
Il n’est pas grand, mais il est vaillant.
• Arts d’Océanie : Lilo et Stitch
C’est en Amérique, mais bon quitte à être paumé dans l’océan avec des fleurs…

Autres

films spécialités ecole du louvre

• Iconographie : Hercule
Parce que des petites figures noires qui chantent, c’est quand même plus marrant que le vrai cours…
• Travaux Dirigés devant les Oeuvres : La Nuit au Musée
Pour toutes les nocturnes que tu vas passer au Louvre.
• Histoire des Collections : Belphégor
Toujours moins chiant que le vrai cours…
• Techniques de création :
Les rédactrices se refusent à traiter le sujet.

Yvine Briolay & Elise Poirey, sur une idée originale d’Alexia le Bris.

Quand Anne Millot montre le bout de son nez…

Découverte tout récemment par notre lecteur Louis Denizet lors d’un festival d’art, la sculptrice Anne Millot et sa production de charmants nez en céramique se dévoilent dans cet article-coup de cœur bien curieux.

Si vous ne la connaissez pas encore, il est temps de découvrir Anne Millot, céramiste française dont la production artistique se concentre sur la création de nez. En effet, tout comme l’artiste américaine Margaret Keane et son obsession pour les yeux surdimensionnés, Anne ne produit que des nez, réalistes ou surréalistes, parfaits ou imparfaits, chacun doté d’une personnalité bien particulière.

Curieux sujet, me direz-vous, pourtant le nez représente une partie intégrale de l’aspect physique et de la personnalité de chaque être humain. Au travers des siècles, il fait couler beaucoup d’encre dans le milieu littéraire et théâtral, mais reste un sujet largement inexploré dans le domaine artistique. Le nez le plus envié est certainement celui de Cléopâtre, qui aurait changé toute la face de la terre s’il eût été plus court selon Blaise Pascal, tandis que le nez le plus audacieux est certainement celui de Cyrano de Bergerac, sujet de toute une tirade rédigée par Edmond Rostand. Anne, quant à elle, s’intéresse aux nez de parfumeurs, aux nez légendaires, aux nez mythiques, ou encore aux nez de personnages imaginaires…

Pierre BERNARD BRM (1)

Anne Millot, Pierre Bernard

Felix LE BOURHIS BRM

Anne Millot, Félix Le Bourhis

D’où vient cette passion des plus étonnantes ? D’après Anne, c’est en sculptant des visages et des nez qu’elle s’est rendue compte que la forme qu’elle leur donnait était capable de déterminer la personnalité de ses sculptures. En d’autres termes, le nez s’est imposé à elle comme un organe d’une importance non négligeable, mais bien souvent mal aimé et peu valorisé.

Le nez étant placé au beau milieu du visage, c’est lui que l’on voit en premier, mais pas que l’on regarde avec attention. En effet, pour entrer en communication avec autrui, les yeux et la bouche sont privilégiés. Pourtant, le nez est une marque déterminante de la personne avec qui l’on s’entretient. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui Anne ne sculpte que des nez, isolés de leur habitat naturel, le visage.

Pour créer ses sculptures, Anne part toujours de photographies de visages de face et de profil. Elle regarde attentivement le nez de ses modèles et cherche une caractéristique majeure. Lorsque celle-ci se manifeste, l’artiste se met au travail et choisit la terre : de la faïence pour les petits formats, de la terre chamottée ou du grès pour les grands formats, et parfois de la porcelaine. Ensuite commence le travail de modelage. Après quelques jours de séchage et une séance de ponçage, la sculpture est enfournée.

L’émaillage est l’étape qui permet aux sculptures d’être dotées d’une vraie personnalité. L’artiste aime faire correspondre les tons des émaux aux personnages dont elle s’est inspirée. Cette étape requiert beaucoup de concentration, de patience, mais également d’audace. En effet, le résultat n’est perceptible qu’au bout d’un deuxième cycle de cuisson.

Enfin arrive l’étape de la mise-en-scène, par la conception et la fabrication d’encadrements en bois ou en métal, ainsi que les finitions ultimes. La création de chaque nez prend toujours trois semaines au minimum !

En plus de présenter ses œuvres dans le cadre de nombreuses expositions, de galeries, et de festivals, les créations contemporaines d’Anne ont été exposées dans des domaines viticoles et chez des parfumeurs. Celles-ci ne cessent d’intéresser et de surprendre de plus en plus d’artistes, d’artisans, d’amateurs, et de collectionneurs. Vous pourrez les retrouver lors de la neuvième édition du Festival Céramique du Village Mouffetard, rue des Bazeilles et rue Censier, dans le 5ème arrondissement de Paris, le 4 et 5 Juin prochain… alors n’hésitez pas à y pointer le bout de votre nez !

Anne Millot Spanish Hunk inspire de Javier Bardem M 72 dpi (1)

Anne Millot, Spanish Hunk (inspiré de Javier Bardem)


Plus d’informations :

Anne Millot

Festival Céramique des 4 et 5 juin 2016

Les questions récurrentes qu’entendent les tatoués

Yvine - questions aux tatoués - tatouage

  • Est-ce que ça fait mal ?
    Essaye de te faire un millier de trous d’aiguille dans le bras, et après on verra « si ça fait mal ». Plus sérieusement, ça dépend de l’endroit, de la sensibilité de chacun, de stress, du tatoueur, etc. Par exemple, l’une des rédactrices de cet article à insulté la maman du tatoueur.
  • Mais t’as eu peur ?
    Si ça fait peur, mais c’est du stress positif. Un rush d’adrénaline. Sauf que t’as pas peur de mourir, contrairement au Space Moutain.
  • Comment tu vas faire quand tu voudras te trouver un travail ?
    Tant pis pour mon employeur, je mettrai des cols roulés !
  • Et quand tu seras vieux et fripé ?
    Je serais la plus badass des grands-mères, motherfucker.
  • T’as pas peur de les regretter ?
    Et ta mère elle te regrette ? Non, vraiment, pourquoi regretter quelque chose qui fait partie de moi ? On ne regrette pas sa personnalité, je ne regrette pas mes tatouages !
  • Et s’ils vieillissent mal ?
    Tout est une question d’entretien, tu peux aussi les faire retoucher. Mais après, un tatouage fait partie de toi, ils vieillissent avec ton corps, c’est l’évolution naturelle des choses. Se faire retoucher un tatouage pour qu’il reste éternellement jeune, au fond c’est un peu comme la chirurgie esthétique.
  • Qu’est ce que ça signifie pour toi ?
    Cette question est personnelle, mais aussi très intéressante. Un tatouage cache souvent une signification, et ça peut être le choix du porteur de ne pas en parler. Mais il faut aussi concevoir qu’un tatouage puisse être uniquement esthétique, comme un tableau ou une sculpture.

Lire

My Wife’s lovers : quarante-deux amants à moustache

chat

Article de Lou Gellé

Ah, les chats !

Ils suscitent tant d’engouement de nos jours. Combien d’entre nous peuvent passer des heures à s’extasier devant vidéos de chats tentant acrobaties ou galipettes en tous genres et photos de chatons si adorablement mignons qu’on en miaulerait ? Eh bien figurez-vous que cette obsession féline concernait déjà nos ancêtres ! Et par « nos ancêtres », je veux bien sûr parler de Kate Birdsall Johnson, comme l’aviez sans doute deviné. Si nous nous contentons de câliner ces petites boules de poils et de soupirer extatiquement devant leurs photos, cette charmante dame du XIXe siècle, elle, en possédait des dizaines, et parfois même des centaines.

« Boule de poils »

Ce n’est d’ailleurs pas le terme le plus approprié, d’une part parce qu’il est de notoriété publique que les chats sont des créatures supérieures, mais aussi parce que certains de ses chats (exclusivement des angoras ou des persans) lui avaient coûté plusieurs milliers de dollars ; notamment son chat favori, du charmant nom de Sultan, acheté à Paris pour 5000$. Madame Johnson savait trouver les noms appropriés pour ses princes félins, comme nous le prouve un compagnon coûteux de Sultan qui, après avoir allégé le porte-monnaie de sa maîtresse de 3000$, reçut le doux nom de Royal Norton.

« Quel rapport avec l’art ? »

Laissez-moi dans un premier temps m’offusquer face à votre incompréhension de la dimension artistique du nom « Royal Norton » et passons maintenant aux événements tragiques de 1889. C’est cette année que Kate Johnson perd son mari, dont la fortune minière lui avait permis de loger des dizaines de chats persans dans une villa secondaire et d’employer des servants pour les amuser avec divers aquariums et oiseaux exotiques. Moins d’un an plus tard, en 1890, sa fille unique meurt elle aussi, de la tuberculose.

Plongée dans la tragédie, notre « ancêtre » cherche le réconfort dans ses chats puis rencontre en 1891 le peintre autrichien Carl Kahler, et lui demande alors d’immortaliser ses chats en peinture. Mais malgré les nombreux voyages de celui-ci et sa réputation de « génie erratique » d’après les critiques, il lui avoue ne jamais avoir peint de chat. Cela n’arrête cependant pas madame Johnson, qui lui offre une importante somme d’argent et lui laisse le temps de se familiariser avec ses compagnons. Il reste ainsi pendant deux ans avec sa cliente, prenant le temps d’étudier chaque chat individuellement.

Se succèdent ainsi croquis et esquisses, dans lesquelles Kahler tente de saisir le caractère de chacun de ses modèles à longs poils, résultant parfois en de petits tableaux indépendants. Il semblerait qu’il ait réussi, puisqu’au centre du tableau final, posant fièrement au milieu de ses sujets dans l’attitude caractéristique du chat persan souverain, le regard vif établissant clairement sa supériorité, se trouve Sultan. Derrière lui, les plis d’une longue robe satinée cascadent sur l’emmarchement, qu’il proclame explicitement être son territoire par son port altier et autour de lui, les quarante-et-un autres favoris de Kate Johnson. Certains semblent intrigués par un papillon au pied de l’escalier, d’autres s’observent, se surveillent avec méfiance, taquinent leurs voisins d’un coup de patte. Une portée de chatons aussi blancs que des oeufs en neige s’amuse dans le drapé satiné et miaule autour de leur mère. Le tableau est si attendrissant…

chat

Carl Kahler, My Wife’s Lovers, 1891, Collection Privée

Les amants de ma femme ?

Ce à quoi on ne s’attend pas vraiment avec un titre pareil, My Wife’s Lovers, mais c’est pour le mieux car qui serait assez fou pour préférer deux éphèbes dénudés à quarante-deux adorables chats et chatons ? Un titre que l’on voudrait attribuer à M. Johnson, en toute logique et selon divers articles, le décrivant alors comme un personnage sympathique et plein d’humour. Difficile cependant pour lui de faire preuve de tant de verve alors qu’il était mort depuis plus de quatre ans…

Des dimensions colo-chat-les !

Mais ce qui rend ce tableau encore plus attrayant aux yeux du public, ce sont ses dimensions. Au bout de deux ans passés entouré de chats, Carl Kahler nous a laissé une toile d’1,80m sur 2,60m (et de 103kg !), le plus grand tableau de chats à ce jour connu. Ce titre, digne d’apparaître dans la prochaine édition du livre des records, combiné à l’amour fasciné que même les plus riches d’entre nous semblent porter aux chats, lui a permis d’être récemment vendu aux enchères à un particulier et ce, pour 826 000$. Soit environ 165 Sultan(s) ou 275 Royal Norton(s) !

Je suis, bien sûr, totalement consciente du fait que Royal Norton était un chat unique, et ne fais qu’émettre des hypothèses.

La palourde

la palourde cousteau the lobster

Quand je suis sortie de la séance de The Lobster (2015, Yórgos Lánthimos) hier soir, je me suis sentie dans une drôle d’humeur. D’une part parce que le film ne répondait pas à mes attentes (beaucoup de points restent en suspens), d’autre part à cause de l’ambiance étrange et du sujet même de cette fiction un peu fantastique. Dans un futur proche, les célibataires sont enfermés dans un hôtel avec pour but (obligation ?) de trouver un partenaire sous quarante jours. S’ils échouent, ils sont transformés en l’animal de leur choix. Toutefois, se mettre en couple n’est pas si aisé que ça, il semblerait qu’il faille avoir un signe particulier en commun avec votre future moitié : un boitement, des saignements de nez réguliers ou même la myopie…
Et c’est là que quelque chose me dérange.

Lire