Interview – Boy Racer : Un projet musical en pleine croissance dirigé par Gautier Roques, représentant de l’électro-pop parisienne

 

Boy Racer

© Nine David

Ce 22 novembre, l’équipe du Louvr’Boîte a rencontré Gautier Roques, artiste à l’origine du projet Boy Racer.

 

  • Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter simplement, en quelques mots ?

Boy Racer est un projet solo, de pop (pour rester large, le terme de « pop » voulant à la fois tout et rien dire), où je compose et j’écris. Je fais souvent chanter des filles sur mes morceaux pour y ajouter un petit truc en plus, car j’aime beaucoup les voix féminines. Le projet total est assez difficile à décrire en quelques mots, mais le meilleur résumé est sûrement de dire que c’est de la musique pop, avec des filles.

 

  • Pourquoi le nom Boy Racer ?

J’ai trouvé ce nom à l’époque où je voulais me lancer dans la musique en solo. J’étais en concours blanc de philo en hypokhâgne quand j’ai eu la révélation. Il y a un morceau du groupe Metronomy dont le titre est « Boy racers » : j’ai donc repris ce nom, en le mettant au singulier, pour mon projet.

 

  • Travaillez-vous seul ou en groupe, en ce qui concerne la composition, l’écriture, puis sur scène ?

Je fais vraiment tout tout seul en amont en termes de composition, mais je travaille parfois avec les filles pour l’écriture des textes. Ensuite, pour le live, j’arrange le maximum auparavant mais les autres musiciens avec qui je joue (batteur, claviériste entre autres) sont tous des supers musiciens, et ont de meilleures idées que moi en ce qui concerne leurs instruments respectifs.
Tout prend ensuite bien forme en répétition, et pendant le live nous sommes cinq sur scène.

 

  • Depuis quand pratiquez-vous la musique concrètement ?

Personnellement, je pratique la musique depuis très longtemps : j’ai commencé vers mes quatre ou cinq ans, en pianotant un peu sur les instruments de mes parents, puis je me suis mis au violon pendant un an. Ensuite je me suis mis à la basse, qui est l’instrument que je pratique principalement depuis douze ou treize ans maintenant.
J’ai aussi commencé à composer assez jeune, j’aimais déjà bien ça, et c’est toujours ce qui m’intéresse le plus : je faisais des petits morceaux sur GarageBand sur l’IPad, vers la fin de collège-début lycée.
C’est après ça que c’est devenu plus sérieux, j’ai fait partie de plusieurs groupes où je n’avais plus vraiment mon mot à dire. C’est ce qui m’a alors poussé à faire des musiques tout seul car je voulais pouvoir faire ce que je voulais. Je porte ce projet solo depuis deux ans maintenant.

 

  • Votre genre musical est bien particulier. Pourriez-vous le définir assez simplement ?

C’est très difficile de définir un genre, c’est sûrement la question la plus dure pour moi, et pour les artistes en général, d’ailleurs. Ça peut nous mettre dans une case dans laquelle on n’a pas forcément envie d’être. Moi je m’en fiche un peu à vrai dire, on pourrait dire pop, parce que c’est très large encore une fois, voire définir ça comme de l’électro–pop, car il y a le côté très moderne qui est présent. On peut même dire électro-pop française, voire parisienne si on prend en compte le côté très épuré de la musique. Et ça correspond, parce que même si ça reste très restreint comme dénomination, tous les musiciens, même ne venant pas de Paris, y viennent forcément pour y développer leur musique.

 

  • Qu’est-ce qui vous a vraiment poussé à vous lancer en solo ?
    Et comment avez-vous évolué jusqu’à faire ce que vous faites aujourd’hui ?

J’aime bien tout contrôler. Et quand tu fais partie d’un groupe, c’est impossible, tu dois toujours te plier à ce que les autres veulent que tu fasses etc. C’est aussi difficile de se confronter à l’égo des musiciens (des guitaristes par exemple), tu ne peux pas leur demander de modifier ce qu’ils font, ou de jouer moins. Je me suis donc dit : autant se lancer seul. Tu contrôles tout, et c’est tant mieux.
Tu décides de tout, mais sans être trop autoritaire non plus et que les autres n’aient rien à dire, au contraire. Plus j’avance, plus je rencontre des gens qui sont tellement talentueux que tu te tais et tu prêtes attention à ce qu’ils ont à te proposer, et c’est aussi ça qui est vraiment cool. Tu sais que les gens sont meilleurs que toi, donc forcément tu écoutes, et c’est le cas aussi avec des gens qui ne sont pas forcément musiciens.
L’avantage est surtout sur le contrôle de la chose, où tu peux te mettre plus en recul, même si ça reste ton truc. Tu peux mettre cette distance justement parce que tu sais que les gens sont compétents et que tu n’as pas de souci à te faire, et ça peut même t’enlever une part du travail.

 

  • Y-a-t-il eu des obstacles à ce parcours ?

Ben, au début, je faisais de la merde, donc c’est forcément le plus gros obstacle. Maintenant, je trouve que ça se passe plutôt bien. Il n’y a pas eu de gros obstacle, j’arrive à peu près à tenir mes objectifs. Après, aujourd’hui, je pense que le plus gros obstacle auquel je suis confronté c’est de passer du niveau où je fais tout tout seul dans ma chambre, à celui où je vais signer quelque part, avoir une grosse distribution, changer d’échelle. Là, je suis arrivé aux limites du développement du système tout seul, ça commence à bien tourner. Boy Racer a joué mardi aux Étoiles, on a trois dates en décembre, donc c’est trop cool. Mais on en veut toujours plus, on pense à une tournée en France, une tournée européenne, on voit très loin. Je pense qu’à force, le plus gros obstacle dans tout ça, c’est l’argent, forcément, et les contacts, qui peuvent te donner de la visibilité, etc.
Les contraintes que je peux avoir sont surtout pratiques, le jour où tu as des contraintes artistiques c’est là où il faut se remettre en question. Je trouve ça justement bon signe d’avoir ces obstacles-là, qui sont totalement indépendants de moi (même si je pourrais travailler à les diminuer, m’arranger pour gagner plus d’argent et donc avoir plus de moyens par exemple), donc globalement je trouve que j’ai de la chance.

 

  • Quels sont les artistes que vous écoutez le plus, vos influences musicales ?
    Vous intéressez-vous à d’autres artistes appartenant au même genre musical que vous, ou au contraire préférez-vous vous pencher sur autre chose ?

Personnellement, j’écoute vraiment de tout, comme tout le monde. Pour ce qui est de Boy Racer, j’ai vraiment des influences récurrentes, j’en cite souvent trois ou quatre. Il y a Air, Gainsbourg, Metronomy, surtout. Pour voir plus large il y a aussi LCD Soundsystem, même si ça se voit moins dans ma musique. J’ai eu aussi un parcours et un background jazz en conservatoire, ça se ressent plus en live ça pour le coup, où il y a des moments qui sont carrément jazz. Pour l’instant ça se prête moins à la musique en studio, parce que faire du jazz sans rien, sans vraie batterie, c’est moche, donc on verra peut-être plus tard pour le faire.
Après il y a Arcade Fire qui est une grosse inspiration, Pink Floyd forcément parce que j’écoute ça depuis super longtemps, et Sébastien Tellier aussi.

 

  • Un modèle ou mentor dans le domaine ?

Le modèle suprême dans l’écriture, c’est Gainsbourg évidemment, mais il reste inatteignable. J’admire énormément Metronomy pour ce qui est de la composition, et surtout l’album « The English Riviera » qui est, je trouve, parfait. La musique que je veux faire peut vraiment se définir par ça. Parfois, j’ai tendance à faire un peu du copié-collé de ce qu’ils font, c’est un peu dur de s’en détacher. Pareil pour Air, dans le côté électronique avec des vrais instruments, analogique et très planant, (qui se retrouve avec les synthés) et que j’aime beaucoup ajouter dans ma musique.
Il y a les Beatles aussi, pour le fait de pouvoir tout faire, parce qu’ils ont tout fait et eux ils ont tout bien fait. Et là je ne suis pas du tout dans la comparaison, c’est purement un idéal.

 

  • Vous avez parlé de synthé, de batterie, de basse. Quel est l’instrument privilégié dans vos morceaux, et quels sont ceux que vous pratiquez ?

J’essaie de ne rien privilégier, c’est plus mon niveau dans chaque instrument qui fait qu’il sera privilégié par rapport à un autre. C’est sûr que la basse est souvent ce qu’on retient de mes morceaux et dont on me parle le plus, parce que mon niveau en basse est vraiment au-dessus de celui dans les autres instruments desquels je joue. Dans l’idéal, j’aimerais bien jouer de tout et de la même manière, même si j’ai plus d’affinités avec la basse ou les synthés. Le problème avec les synthés c’est aussi que ça vaut extrêmement cher, donc on fait avec ce qu’on a et c’est parfois dur de faire ce qu’on a en tête quand tu vois que celui que tu voudrais avoir vaut 15.000 euros. Donc tu te ravises et tu mets autre chose.
Après ça dépend vraiment de ce que je veux faire comme morceau, ça vient naturellement. Tu commences un truc, tu vois que c’est un peu plus rock, c’est la guitare qui est plus présente. Si tu veux un truc plus électro, là c’est le synthé, et un peu plus groove, c’est la basse. Le seul problème reste la batterie, parce que je n’ai pas de moyens d’enregistrer une vraie batterie, parce que ça vaut très cher, c’est ce qui est le plus mis de côté pour l’instant mais que je compte bien ramener vers le devant plus tard.

 

  • Musique électronique : quel est le processus de fabrication des morceaux ? En live ?
    Comment se passe le processus de création en général ?

Il n’y a pas de processus de création, pas de recette. Il y a des morceaux que tu peux créer en quelques heures seulement, ou bien en six mois. Il n’y a pas d’ordre dans la composition non plus, je ne commence pas forcément par la basse ou autre. Tout dépend de si je trouve une ligne de basse en premier et que je tourne autour ensuite, ou un rythme avec une boîte à rythme et que je commence à créer autour de ça.
Pour le live, c’est différent comme les morceaux sont déjà écrits. On essaye de les penser live, et de penser aussi la contrainte : on n’est que trois musiciens sur scène, il y a aussi les chanteuses dont une des deux qui fait de la clarinette. Mais donc je ne suis pas tout seul dans ma chambre à pouvoir enregistrer et réenregistrer autant de fois que je veux, faire plein de pistes différentes. Il faut vraiment rééquilibrer le truc, et c’est un côté auquel je ne pense pas forcément quand je compose, je ne pense pas forcément à la façon dont ça sonne en live.

D’autant plus que je privilégie quand même le côté studio au côté live pour l’instant. Après on s’en sort toujours, comme les mecs sont vraiment calés, ils proposent toujours de faire telle chose ou telle chose, et de simplifier pour que ça puisse passer. Et on a ce côté électronique en live, avec mon synthé, le clavier aussi, le batteur a maintenant un SPD (pad échantillonneur pour enregistrer et sampler les percussions, NDLR) donc on peut mixer batterie et pad.
On garde donc ce côté électro, mais aussi un peu jazz, un peu funk/disco avec la basse qui reste assez présente et le chant rend tout ça pop : c’est un gros mélange de tout ça en live, plus que dans ma musique en studio.

  • Donnez-vous régulièrement des concerts, si oui dans quels lieux en particulier ?

Je commence à vraiment tourner depuis la rentrée. Ma première grosse salle, je l’ai faite cet été, au Hasard Ludique, après j’ai fait L’Alimentation Générale début septembre, le Pop In en octobre, on a fait le P7 (dans le 13e) une semaine après, on a joué aux Étoiles en novembre et on joue à L’International le 12 décembre. Ensuite on jouera donc le 18 décembre au 1999. Et on clôturera l’année au Supersonic le 28 décembre. Et c’est ça qui est super cool, ce ne sont que des salles qui sont top, et il y a ne serait-ce qu’un an, je n’aurais jamais pensé pouvoir jouer là dès maintenant. L’évolution est allée super vite, on s’est mis d’un coup à jouer dans des grosses salles.

 

  • Préférez-vous vous consacrer à la scène ou à l’enregistrement ?

Le live est super bien parce qu’il y a le public, c’est super cool parce qu’on se fait applaudir etc., tu joues avec les gens, il y a une énergie particulière. Ça fait aussi beaucoup de bien à l’ego. Mais mon truc c’est vraiment de composer, j’aime beaucoup ça, galérer et chercher un son pendant super longtemps, bidouiller les boutons, trouver le bon accord qui va au bon endroit, c’est vraiment plus mon truc. Même si je reconnais que le live, c’est trop bien.
En fait, l’idéal c’est vraiment ce cheminement : passer des heures en studio, faire ton morceau, et puis le jouer en live. A la fin de ça, t’es trop content.

 

  • Et justement, quels sont vos projets à venir ? EP, LP, album ?

J’ai un clip qui devrait sortir mi-décembre. Et là j’ai presque fini mon deuxième EP… mais pas de date de sortie officielle pour l’instant, je ne peux rien vous dire. Mais on jouera deux des morceaux de l’EP au concert ! En avant-première, c’est la première fois qu’on les jouera.
L’EP, que j’ai juste fini cette semaine, est vraiment différent du premier. Les Filles et la Mer était vraiment un coup d’essai, et quand je prends du recul maintenant dessus, je me dis qu’il aurait pu être mieux quand même.
C’était il n’y a même pas un an, mais il n’y avait pas les mêmes savoirs dans la composition déjà, et pas les mêmes moyens mis en œuvre. Là j’ai pris beaucoup plus de temps à le faire, et même s’il ne s’agit que de quatre morceaux, il est plus riche. Les thèmes ont changé aussi, bon, ça parle de cul du début à la fin. Il y a bien sûr Gainsbourg dans l’idée, mais c’est plus électro dans le genre (il y a un morceau, on dirait une BO de film de cul des années 70, avec une grosse ligne de basse, le saxophone), enfin c’est à peu près l’idée de cet EP-là. Il arrivera vers début 2019.

 

Par cette interview, le Louvr’boîte souhaite vous faire découvrir les artistes présents lors de la soirée de Noël à laquelle le BDE de l’Ecole du Louvre vous convie.
Merci à Gautier pour sa disponibilité.
Parce qu’il est aussi important de promouvoir, avec cette nouvelle scène française, la culture vivante qui nous entoure. Alors, bonne écoute !

 

Jeanne SPRIET

Interview de Paul Perrin

Paul Perrin est actuellement conservateur des peintures au musée d’Orsay, et ce depuis juillet 2014. Il a été plusieurs fois stagiaire dans des musées, en France, mais aussi à l’étranger comme à New York ou Chicago. Il a également été guide-conférencier au château de Versailles, ainsi que chargé de TDO à l’École du Louvre dans le domaine du XIXe siècle.

Avant cela, il est passé par les deux premiers cycles de l’École du Louvre et par le concours de l’INP. Il apparaît comme un conservateur assez jeune (de 30 ans) et moderne dans les médias et sur les réseaux sociaux.


Son parcours :

Tristan Fourmy : Pour commencer, qu’avez-vous fait avant l’École du Louvre ? 

Paul Perrin : J’ai déménagé plusieurs fois quand j’étais jeune. J’ai été au lycée Le Corbusier à Poissy, et ai passé un bac Littéraire option art plastique.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de suivre vos études dans l’histoire de l’art ?

Depuis longtemps je voulais travailler dans le domaine des films d’animation, de la bande dessinée ou de l’illustration, je m’étais inscrit dans une classe prépa après le bac pour passer le concours de l’école des Gobelins. J’ai découvert l’histoire de l’art assez tard, grâce à  un excellent professeur d’art plastique, et ai décidé seulement en terminale de poursuivre dans ce domaine, non pas faire mais apprendre et comprendre. J’ai passé le test probatoire de l’école du Louvre et, comme je l’ai eu, j’ai renoncé à la classe préparatoire !

Pourquoi avez-vous fait une licence d’histoire ?

Quand je suis rentré à l’école, la direction des études insistait beaucoup pour que nous fassions des doubles cursus, en histoire, lettres, droit, etc. qui nous permettrait de compléter notre formation. J’ai choisi l’histoire et me suis inscrit en Licence à Nanterre, par correspondance. Je pense que cela m’a aidé ensuite à préparer le concours de l’INP puisque ça m’a permis d’étoffer ma culture générale et d’approfondir certains sujets. Les cours de méthodologie et d’historiographie m’ont particulièrement intéressés et permis de réfléchir à la discipline historique en tant que tel, vision que l’on n’avait pas alors en premier cycle à l’école.

Que vous ont apporté vos stages aux Etats-Unis ? 

J’avais déjà fait plusieurs stages l’été dans des musées français (et notamment au musée d’Orsay), mais je savais qu’une expérience à l’étranger, et notamment aux Etats-Unis ou le système muséal est très différent du notre, serait un vrai enseignement et un atout pour le concours. A la Frick Collection j’ai pu observer la vie d’un musée privée de plus petite échelle, et particulier puisque pluridisciplinaire et lié à la personnalité d’un grand collectionneur, Henri Clay Frick (1849-1919). J’ai participé là-bas à des recherches autour de Chardin et de la peinture française du XVIIIe siècle, qui n’est pas ma spécialité. A l’INP, pour le stage obligatoire à l’étranger, j’ai choisi l’Art Institute of Chicago, une des plus belles collections de peintures impressionnistes et post-impressionnistes au monde, mon domaine cette fois ! Ces expériences m’ont permis de mettre en perspective le système français, ses atouts et ses limites, d’améliorer mon anglais et de rencontrer des professionnels anglo-saxons.

Où vous voyez vous dans dix ans ?

En réalité, je ne pensais pas tout commencer ma carrière au musée d’Orsay, j’imaginais plutôt la terminer de cette façon ! La richesse des collections est telle, les projets que mène le musée si intéressant – et moi-même j’ai quelques idées – que je ne sais quand j’en aurai fait le tour. Dix ans peut-être ? Le temps est en tout cas révolu des conservateurs faisant toute leur carrière dans le même établissement. Il faut du renouveau dans les musées, il faut savoir passer la main quand on a dit ce que l’on avait à dire et chercher ailleurs l’inspiration. Il y a de magnifiques musées en région – institutions qui offrent aussi parfois des postes avec plus de responsabilités – et à l’étranger bien sûr.


Par rapport à l’école :

Pourquoi avoir fait l’École du Louvre et pas la Sorbonne ?

Eh bien… pour mes parents qui n’étaient pas tout à fait rassurés de me voir me lancer dans des études d’histoire de l’art, c’était l’École du Louvre ou rien. L’enseignement de l’école m’a ensuite réellement plu : un enseignement quasi-exhaustif de l’histoire de l’art mondiale (quel bonheur pour les esprits curieux !), l’incroyable quantité d’objets que l’on y voit (on s’y constitue une merveilleuse banque d’images perso), et évidemment pour l’observation directe des œuvres lors des cours de TD. La spécialisation dès la première année – dans mon cas en « Histoire de l’art du XIXe et début du XXe siècle » – est une chance et un vrai atout pour la suite.

Un souvenir marquant de l’école ?

Difficile à dire… Le site lui-même, absolument magique. Les TDO étaient les cours que je préférais, prendre son temps pour regarder les œuvres… Le plus agréable était sans doute de retrouver mes amis pour refaire tranquillement entre nous ces TD, discuter et regarder ensemble les œuvres.

Avez-vous-aimé être chargé de TDO ?

Oui vraiment. Ce fut un moyen pour moi non seulement de mieux connaître encore les collections des musées où j’enseignais (Orsay, Petit Palais, Rodin) – et en ce sens cela prépare au concours de l’INP – mais aussi de réfléchir à la transmission de ces connaissances. Enseigner me plaît, et particulièrement avec les œuvres sous la main ! Ce n’est pas si facile de comprendre un tableau, une sculpture, de l’analyser, de comprendre la manière dont il est fait, les intentions de son auteur, etc. tout cela s’apprend. Comme élève, j’ai eu des chargés de TDO qui passaient des heures à dicter sans vraiment montrer un seul objet, donc j’ai essayé de mettre l’accent sur l’analyse plastique des œuvres.

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Interview de Muséonaute

Si vous ne la connaissez pas encore, courez devant votre ordinateur, connectez-vous sur la Toile, et regardez les vidéos de la chaine Muséonaute. Chloé et Guillaume sont deux étudiants de l’Ecole du Louvre récemment lancés dans la grande aventure Youtube. Ils ont accepté de répondre à nos questions, sans jamais se départir de leur humour et de leur bonne humeur.

Bonjour Muséonaute !
Guillaume : Bonjour !
Chloé : Bonjour !

Avant de commencer avec des questions un peu difficiles qui risquent de vous mettre dans l’embarras, pourriez vous-vous présenter, me dire qui vous êtes ?
C : Vas y Guillaume, commence.
G : Non non non vas y toi.
C : Honneur à toi.
G : Moi je sais pas me présenter [chloé rit].
C : Ça commence déjà très très bien !
G : Moi c’est Guillaume.
C : Bonjour Guillaume, bienvenue aux alcooliques anonymes.
G : J’ai arrêté de boire depuis 3 ans… depuis trois heures plutôt… Donc je suis en troisième année à l’Ecole du Louvre. Je suis en spécialité XIXe et XXe siècle, donc j’ai deux spécialités. Quoi d’autre dans la vie ? Je fais des vidéos sur Youtube. J’ai fait une année d’anglais, fac tranquillou, pour me mettre bien. Voilà à toi Chloé.
C : ALORS bah moi c’est Chloé je suis aussi en spécialité XIXe…
G : Enfin t’as fini.
C : Oui j’ai fini. J’étais en spécialité XIXe mais je suis toujours en troisième année parce que j’ai eu la chance et le bonheur extrêmes de redoubler. Je suis arrivée à l’école directement en sortant du bac parce que la licence d’anglais… c’est pour les nuls !
G : Grave mais totalement, j’assume !
C : Voilà, et je fais des vidéos sur l’internet.
G : L’internet mon-dial-euh.
C : C’est ça.

Maintenant que tout le monde se connait bien, parlons de la manière dont se déroulent vos émissions, Muséonaute. Tout d’abord, comment se passent vos enregistrements et quel matériel utilisez-vous ?
G : Au niveau du tournage on écrit déjà, c’est de longueur variable, ensuite on se fixe une date pour tourner, et ça dure quoi..?
C : Trois, quatre heures.
G : Oui, trois heures de tournage un truc comme ça… pour dix minutes de vidéo.
C : Après, pour le matériel on a un vieil appareil photo Lumix à moi qui est vieux et pas efficace…
G : … Qui fait le taf.
C : … Oui, il fait à peu près le taf.
G : On a aussi investi dans un micro ZOOM H2N et qui fait très bien son taf aussi
C : En fait, quand on a commencé on a regardé les vidéos de notre ami TomSka, un youtuber anglais qui parle de l’importance du son par rapport à l’image. Il fait une vidéo où il donne des conseils à ceux qui veulent se lancer sur Youtube et il explique que, quitte à investir dans quelque chose, il vaut mieux avoir un bon son qu’une bonne image. Du coup on tourne avec un appareil photo nul mais on a investi d’office dans l’enregistreur portable parce qu’on ne voulait pas que ce soit désagréable et horrible.
G : Du coup on tourne et on fait des prises, on fait des plans, on fait des prises, on refait des prises. [rires] Puis on commence le montage et c’est la joie.

De quelle vidéo parliez-vous tout à l’heure ?
C : La vidéo c’est How to Youtube, une sorte de tuto géant où il parle de plein d’aspects différents, visuels, la technique, la comm’, c’est un peu une mine d’infos. On avait aussi regardé la vidéo d’Antoine Daniel  : 20 conseils pour youtubers, qui s’inspire en partie de la vidéo de TomSka, et c’est un peu un complément. On avait pris des notes et essayé de réfléchir à partir de ça.
G : Après chaque youtuber a aussi sa vision de quels bons côtés il faut avoir dans ses vidéos. Donc on a aussi fait le tri. On insiste beaucoup sur certains aspects et d’autres beaucoup moins. C’est dur de tout faire aussi.

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