Top 8 des mèmes du Présent

Haaaaa nous revoilà pour un nouveau numéro, attaquons-nous à un gros gros morceau aujourd’hui. À savoir le présent. Bon… il y a beaucoup à faire franchement, je sais pas vous mais j’adore regarder des mèmes pour rigoler un peu. Ne perdons pas plus de temps, il nous faut décompresser. 

 

1- J’ai honte mais j’ai bien rigolé. Jamais nous n’aurions imaginé une telle chose : 

 

2- Il en faut parfois peu pour se sentir frais : 

 

3- Ha ! Ma patrie répond toujours présent : 

4- J’aime beaucoup ce genre de petite blague de la RATP : 

 

5- Éternels ennemis… que dire de plus hein ? : 

 

6- Alors celui-là c’est la preuve ultime que l’humour des edliens est… spécial. Un clin d’oeil à Ariane Thomas nommée récemment à la tête du Département des Antiquités Orientales du Louvre : 

 

7- Une triste vérité… 

 

8- Celui la il est présent à chaque top. On l’aime trop et puis l’hiver continue : 

Le Billet Neuchâtelois – Napoléon, sauveur de la Suisse ?

          Alors qu’en janvier vous découvriez sans doute les fabuleux destins de Neuchâtel, peut-être avez-vous été surpris de découvrir la figure du prince-maréchal Alexandre Berthier. Alors que nous fêtons cette année en France le bicentenaire de la mort de Napoléon, traversons la frontière suisse pour retracer les pas de notre grand général (heureusement, l’Histoire ne demande pas un test PCR négatif pour remonter le temps !) En effet, Bonaparte est loin d’avoir marqué seulement la France par son pouvoir et le reste de l’Europe par ses guerres. Venu plusieurs fois dans cette nation, il semble avoir une relation particulière et complexe avec les Suisses. Charles Borgeaud, historien, souligne dans son Histoire de l’Université de Genève ce « je t’aime, moi non plus » en ces termes : «Le soldat de la République, le général en chef de l’armée d’Italie, rend hommage à la patrie de Rousseau, le premier consul lui témoigne son estime et veut connaître ses savants, le consul à vie l’honore tout en y discernant un foyer «d’idéologie», l’empereur couronné par le pape la tolère, l’empereur malheureux la déteste.» Alors, histoire passionnée ou tumultueuse entre la France et la Suisse ? Ce qui est certain : les actions de Napoléon ont durablement marqué l’Histoire de l’Helvétie. Il suffit de se rendre au Musée national suisse, à Zurich, pour le découvrir.

Entrée du parcours XVIIIème siècle au Musée national suisse de Zurich – Photographie personnelle

Dans le parcours historique de la Suisse présenté au rez-de-chaussée du musée, la scénographie montre l’année 1789 comme une faille rougeoyante, à la fois brutale et fascinante. Rupture proleptique d’une aube ou d’un crépuscule ? La révolution française a en effet un écho retentissant qui dépasse nos propres frontières. Certains Suisses rêvent d’une République aussi idéale que celle qu’ils imaginent de l’autre côté des Alpes. Hors souci – et sans doute l’aurez-vous compris, chers lecteurs français lors des précédents billets neuchâtelois – la Suisse n’est pas une et indivisible. Elle a toujours été constituée d’une multitude de régions au caractère fort et souverain, que mêmes les successives occupations étrangères n’ont jamais réellement réussi à masquer. En 1789, chacun, dans son village est divisé. Certains souhaitent une fin de l’aristocratie et des baillages quand les autres demeurent fidèles à cette tradition. UNE Suisse ? Pourquoi ne pas garder ses différences régionales ? Et puis, les révolutionnaires n’avaient-ils pas massacré des Suisses de bonne famille aux Tuileries le 10 Août 1792 ? L’affaire n’est pas simple mais certains cantons comme le pays de Vaud, le Jura bernois et le Bas-Valais commencent quand même à croire au rêve républicain. De premières tensions apparaissent jusqu’à irrémédiablement s’intensifier.

 

Blason du canton de Vaud

Le Vaudois Frédéric-César de la Harpe et le Bâlois Pierre Ochs, fervents admirateurs des événements français essaient alors de convaincre le Directoire et le jeune général de les aider à concrétiser le projet. En 1798, le pays de Vaud se révolte pacifiquement contre la domination de Berne. Bonaparte saisit l’opportunité au vol : en aidant les Vaudois, il pourrait s’assurer un meilleur passage vers l’Italie. Il nomme alors le général Brune à la tête de l’Armée d’Helvétie. Fribourg est conquise mais non pillée. Vient le tour de Berne dont la prise des richesses permet de financer la future Campagne d’Égypte. La stabilité politique de la Suisse étant en péril, au nom de la « liberté », il est décidé de soumettre toute la Confédération des XIII cantons pour y rétablir l’ordre et la paix. C’est cette même liberté que les Vaudois choisissent d’ailleurs comme devise apposée sur leur nouveau blason.

 

François BOUCHOT, La bataille de Zurich le 25 septembre 1799, 1837, huile sur toile, 4m65 X 5m43 cm, Versaille, Musée national du Château de Versailles

Le 28 mars 1798, une assemblée nationale est convoquée. Une constitution, sur le modèle français, est rédigée : le Helvetisches Büchlein. Le 12 mars, Pierre Ochs monte au balcon de l’hôtel de ville d’Aarau et proclame la République helvétique, dont le statut est celui de « république sœur de la République française ». Les fondements de la Suisse moderne sont posés. Ses couleurs vert, rouge et or ornent désormais les cocardes des citoyens. Tous les cantons sont reconnus d’importance égale et en 1799, une monnaie valable pour la première fois sur tout le territoire est frappée : le franc. La République helvétique noue alors de liens forts avec la France. Quelques réfractaires s’allient pourtant avec les ennemis de la France, ne supportant pas l’autorité officieuse et masquée du Directoire. Conscient que la situation s’envenime alors que la Suisse est une position stratégique et une nation à fort potentiel, le premier consul n’hésite alors pas à la défendre. Cela donne notamment lieu à deux grandes batailles à Zurich, une première défaite face aux Autrichiens mais une grande victoire la seconde fois contre les Russes.

 

Monnaie unique, 4 francs, 1799, argent frappé, Zurich, Musée national Suisse - Photo personnelle

Monnaie unique, 4 francs, 1799, argent  frappé, Zurich, Musée national Suisse – Photo personnelle

          Plus divisés que jamais, la fracture entre Suisses pro-français (principalement Suisse romande et italienne) et Suisses anti-français (principalement Suisse alémanique) est véritablement entamée. Napoléon, guère dupe, comprend que le fédéralisme helvète est la seule solution pour apaiser la situation. Si la liberté est importante, elle n’est qu’illusoire et seule une égalité assurée entre des cantons souverains dans une même nation amie de la France permettrait à Bonaparte de garder les Suisses comme alliés. Alors que la totale guerre civile est presque entamée, Napoléon se propose en médiateur… neutre ! En rédigeant habilement l’Acte de Médiation, Bonaparte reconnaît la nécessité d’une intervention française mais uniquement pour réconcilier les Suisses qui devraient garder leur indépendance pour ne plus retomber dans des luttes intestines. Le 30 septembre 1802, il écrit ainsi depuis Saint-Cloud :

Caricature montrant Napoléon Bonaparte équilibrant sur une balance un aristocrate fédéraliste et un républicain unitaire, en arrière-plan Milan est à portée de vue du premier consul qui souhaite garder le Valais comme porte d’entrée vers l’Italie, 1803 – domaine public

 

« Habitants de l’Helvétie, vous offrez depuis deux ans un spectacle affligeant. Des factions opposées se sont successivement emparées du pouvoir ; elles ont signalé leur empire passager par un système de partialité qui accusait leur faiblesse et leur inhabileté.Dans le courant de l’an X, votre gouvernement a désiré que l’on retirât le petit nombre de troupes françaises qui étaient en Helvétie. Le gouvernement français a saisi volontiers cette occasion d’honorer votre indépendance. Mais, bientôt après, vos différents partis se sont agités avec une nouvelle fureur ; le sang suisse a coulé par des mains suisses.

 

Vous vous êtes disputés, trois ans, sans vous entendre. Si l’on vous abandonne plus longtemps à vous-mêmes, vous vous tuerez, trois ans, sans vous entendre davantage. Votre histoire prouve d’ailleurs que vos guerres intestines n’ont jamais pu se terminer que par l’intervention efficace de la France.

 

Il est vrai que j’avais pris le parti de ne me mêler en rien de vos affaires. J’avais vu constamment vos différents gouvernements me demander des conseils et ne pas les suivre, et quelquefois abuser de mon nom, selon leurs intérêts et leurs passions.

 

Mais je ne puis ni ne dois rester insensible au malheur auquel vous êtes en proie ; je reviens sur ma résolution ; je serai le médiateur de vos différents ; mais ma médiation sera efficace, telle qu’il convient aux grands peuples au nom desquels je parle.

 

Tous les citoyens qui, depuis trois ans, ont été landammans, sénateurs, et ont successivement occupés des places dans l’autorité centrale, pourront se rendre à Paris, pour faire connaître les moyens de ramener l’union et la tranquillité et de concilier tous les partis.

 

Habitants de l’Helvétie, revivez l’espérance ! ! !

 

Votre patrie est sur le bord du précipice ; elle en sera immédiatement tirée ; tous les hommes de bien seconderont ce généreux projet.

 

Mais si, ce que je ne puis penser, il était parmi vous un grand nombres d’individus qui eussent assez peu de vertu pour ne pas sacrifier leurs passions et leurs préjugés à l’amour de la patrie, peuples de l’Helvétie, vous seriez bien dégénérés de vos pères ! ! !

 

Il n’est aucun homme sensé qui ne voie que la médiation dont je me charge est pour l’Helvétie un bienfait de cette Providence qui, au milieu de tant de bouleversements et de chocs, a toujours veillé à l’existence et à l’indépendance de votre nation, et que cette médiation est le seul moyen qui vous reste pour sauver l’une et l’autre.

 

Car il est temps enfin que vous songiez que, si le patriotisme et l’union de vos ancêtres fondèrent la République, le mauvais esprit de vos factions, s’il continue, la perdra infailliblement ; et il serait pénible de penser qu’à une époque où plusieurs nouvelles républiques se sont élevées, le destin eût marqué la fin d’une des plus anciennes. »

 

        Le 10 décembre 1802, il convoque à Paris des représentants de tous les cantons pour expliquer son projet. Sa connaissance des institutions suisses et son adresse diplomatique, modérée et ferme, rassurent les délégués qui commentent son comportement, comme le citoyen député Rüttiman :

« La réception du premier consul a été pleine de bienveillance, la profondeur et l’abondance avec laquelle il nous a parlé des intérêts de l’Helvétie nous a montré combien il les avait étudiés. »

        Une Diète fédérale est décidée avec une assemblée se réunissant un mois chaque année pour diriger le gouvernement commun dans un élan démocratique où la voix d’un canton est égale à un autre. La paix revient enfin, la nation peut savourer sa tranquillité retrouvée. De cette période, le musée national suisse garde un autre magnifique témoignage. Pour le sacre de Napoléon comme empereur en 1804, le grand magistrat d’Appenzell, Jakob Zellweger part à Paris avec la délégation helvétique. À son retour dans sa ville de Trogen, il ramène dans ses bagages un magnifique sabre de parade de manufacture parisienne. La réconciliation semble pleine et entière !

Sabre de parade avec fourreau destiné aux officiers de haut rang, vers 1803, manufacture parisienne, laiton doré et lame de Klingenthal, Zurich, Musée national suisse – Photo personnelle

 

        Aujourd’hui encore le passage de Napoléon est enseigné aux jeunes Suisses comme un événement important. Pour preuve, voici la petite série animée Helveticus diffusée sur la chaîne de télévision RTS. Consacrée à la vulgarisation de l’Histoire Suisse pour les petits, un épisode est dédié à cette période.

 

          Autrement, Napoléon se rend également en personne en Suisse lors de visites diplomatiques ou en étapes lors de campagnes militaires. Il s’attarde particulièrement à Genève où il s’intéresse beaucoup à la population. L’arrêté Chaptal de 1801 permet même l’envoi de vrais chefs d’œuvre dans cette ville qui est sélectionnée parmi les quinze heureuses élues de province. C’est ainsi que La Mise au Tombeau de Véronèse y est envoyé en 1805 et est encore visible aujourd’hui au Musée d’Art et d’Histoire de la ville. Si vous souhaitez aller plus loin et voir comment les Genevois eux-mêmes ont perçu ces rencontres, je vous conseille vivement de lire cet article très intéressant.

          Simulacre d’affection ? Génie diplomatique ? Réel vent de solidarité patriotique ? Si aujourd’hui de part et d’autre de la frontière des Alpes chacun a son point de vue sur l’affaire, la réponse reste dans l’Histoire un fondement indiscutable de la Suisse moderne. En espérant que ce nouvel article aura attisé votre envie d’en savoir plus sur les épisodes méconnus de Bonaparte, je vous souhaite une bonne célébration du bicentennaire et vous dis à très bientôt pour un nouveau Billet Neuchâtelois* ! Grüetzi ! Tchô ! **

 

Laureen Gressé-Denois

 

* Même à l’étranger, on a tous quelque chose en nous de Monsieur Patrimoine !

** « Salut ! » respectivement en suisse allemand et en suisse romand

Les reprises et covers : le présent en chanson

La musique comme la mode n’est qu’un éternel recommencement. Une des meilleures manières pour le voir ce sont les reprises ou les covers, bref quand on reprend une chanson plus ancienne pour en faire quelque chose de plus actuel. « Comment actualiser une chanson ? » vous me direz! En réalité c’est tout simple : déjà il faut s’y connaître un peu en musique (ça aide), avoir un peu d’imagination et surtout essayer de faire de la chanson originelle sa propre chanson. Oui, tous ces conseils viennent d’une personne qui ne sait ni chanter, ni jouer d’un instrument donc si vous avez des réclamations adressez-vous à la direction, c’est-à-dire encore moi.

Pour commencer, on part en Bretagne ! Pourquoi ? Déjà parce que c’est la plus belle région de France (je ne discuterai pas sur ce point) mais aussi parce qu’elle possède une culture musicale très forte, tout comme sa culture culinaire il faut le dire. La musique bretonne de la fin du XXe siècle se sert beaucoup de chansons traditionnelles reprises qui deviennent alors des chansons populaires connues de tous. L’un des exemples les plus caractéristiques est « Son Ar Chistr » d’Alan Stivell :

Alors non, le titre ne veut pas dire « Fils de Dieu » mais bien « Chanson du cidre » en breton (on est très terre à terre). Cette chanson a été écrite par deux étudiants morbihannais dans les années 1920 mais elle n’est vraiment devenue populaire qu’après la reprise d’Alan Stivell (un peu notre Jean-Jacques Goldman local). Même si l’artiste reste plus proche d’une version traditionnelle, la chanson sortie en 1970 a réussi à s’imposer comme un classique en Bretagne où elle était déjà très connue. Comme beaucoup de chansons traditionnelles, elle a été reprise par de nombreux artistes avec des styles bien différents. Si vous êtes plus rock, je vous conseille la version de Gwennyn avec Tri Yann et Gilles Servat.

En parlant de styles bien différents, il est temps de parler de Manau. Catégorisés comme « rap celtique » par Wikipédia, ils ont eux-mêmes eu recours à la reprise. Vous l’apprendrez peut-être aujourd’hui, mieux vaut tard que jamais, mais « La Tribu de Dana » reprend directement un air de harpe très connue issu de « Tri Martolod » une chanson d’Alan Stivell (oui, encore lui, il est partout), elle-même étant une reprise d’une chanson traditionnelle bretonne (ça fait du beau monde). 

 

Manau a demandé à Alan Stivell l’utilisation de son air de harpe, propre à sa version de la chanson, mais ce cher Alan a refusé en voyant l’utilisation faite de son air (coup dur). Au final, un accord à l’amiable a été trouvé pour éviter le procès mais cette reprise a tout de même le mérite d’élargir le public de ce type de musique puisque « La Tribu de Dana » est restée à la première place des ventes en France pendant douze semaines. La musique bretonne n’a alors jamais été aussi actuelle qu’en l’an 1998, année de gloire (oui c’est la bande-son de mon année de naissance, un hasard ? je ne pense pas).

On pourrait parler des reprises de musiques traditionnelles bretonnes pendant des heures, mais quittons la Bretagne pour parler du groupe Indochine. Celui-ci a sorti la chanson « 3e sexe » en 1985 dont il a fait une reprise en 2020 en duo avec Christine and the Queens. Les paroles restent presque identiques entre les deux chansons mais la composition est radicalement différente.

 

Si la première version à coup de synthés et de coupes de cheveux très volumineuses est très clairement issue des années 1980, la seconde version est rendue plus grave et plus lente lui donnant un côté sensuel absent de la première version. Les paroles semblent alors entièrement différentes et donnent l’impression d’être encore plus d’actualité comme avec ce couplet à la fin de la chanson :

Des robes longues pour tous les garçons
Habillés comme ma fiancée
Pour les filles sans contrefaçons
Maquillées comme ma fiancée
Le grand choc pour les plus vicieux
C’est bientôt la chasse aux sorcières
Ambiguë jusqu’au fond des yeux
Le retour de Jupiter

On notera quand même la modification de certains « ma » en « mon » dans la chanson puisque que dans la version originelle le texte est « Maquillées comme mon fiancé ». Chacun peut porter son avis sur la question de ces modifications de la nouvelle version, incarnée par une voix féminine en plus d’une voix masculine, mais cette reprise nommée « 3SEX » permet tout de même de voir que ces questions, si choquantes dans les années 1980 sont toujours au cœur de nos sociétés et au cœur de certains combats pour plus de tolérance. Bref, on a du chemin à faire.

La reprise permet aussi aux artistes d’imprimer leur propre style sur une chanson. C’est là aussi que l’on peut reconnaître le talent d’un artiste qui arrive alors à transformer la chanson pour en faire un titre qu’il aurait pu lui-même écrire. Un exemple intéressant est « Heart of glass » de Blondie ; chanson iconique de la fin des années 1970, elle a de nombreuses fois été reprise notamment très récemment par Miley Cyrus et Yseult.

 

 

 

Si Miley Cyrus lui donne un aspect encore plus rock, Yseult lui donne un tour plus pop et plus doux. Les deux artistes parviennent ainsi à imprimer leur style personnel sur une chanson déjà mythique. La version de Miley Cyrus est plus rock car celle-ci cherche justement à donner un tour plus rock à sa musique. Reprendre la chanson de Blondie lui permet donc de s’imprimer dans une tradition de musique rock qui était assez éloignée de son style de base. Yseult, quant à elle, est presque une spécialiste de la reprise puisqu’elle a participé en 2013 à la Nouvelle Star dont elle a été finaliste. Elle réalise cette reprise en 2017 alors encore à la recherche de son style propre. Depuis elle a su trouver sa voix et rencontre un vif succès notamment avec son titre « Bad Boy » sorti en 2019 et accompagné d’un clip très poétique et puissant qu’elle a réalisé et qu’elle décrit comme ceci dans les commentaires sur Youtube : « j’voulais qu’ça transpire d’audace, de vulnérabilité, de passion, de sincérité et d’érotisme. J’voulais aller au-delà d’un clip, j’voulais qu’on filme des sensations, des sentiments vrais, du brut. J’voulais créer des références inédites ». La reprise est donc aussi un moyen pour l’artiste de se trouver dans un style nouveau pour lui ou dans un nouveau style qui permet de créer des précédents. P.S. : alors on a pas pu mettre le lien du clip de Bad Boy d’Yseult parce qu’apparemment vous êtes trop jeunes (voyez ça avec YouTube) mais je vous le recommande vivement !

Malheureusement, cet article doit trouver une fin mais si comme moi les reprises vous intéressent fortement, je vous conseille vivement l’émission « Live Lounge » de la BBC radio 1. Le principe de l’émission : inviter des artistes qui doivent chanter une de leurs chansons puis faire une reprise. Evidemment, plus la reprise est recherchée et différente de la version originale, plus ça devient passionnant. Je vous quitte avec  un petit florilège de mes reprises favorites du Live Lounge puisqu’elles sont toutes disponibles sur Youtube.

Tyfenn Le Roux

« Je vois la vie en rosé » ou des micronations comme états modernes

« Je vois la vie en rosé », telle est la devise de la Principauté d’Aigues-Mortes. Vous ne connaissez pas cette nation ? C’est tout à fait normal. Elle n’est reconnue par aucun état officiel, ni même par l’ONU : il s’agit d’une micronation.
 
Mais qu’est-ce qu’une micronation ? La définition est difficile à établir étant donné la diversité des expériences que ce terme englobe (en 2004, le Figaro considérait qu’il existait près de 400 micronations autour du monde). Robert Ben Madison, potentiel créateur du terme de « micronation » et fondateur du Royaume de Talossa dans sa chambre d’adolescent en 1979, les définit comme de « petites entités organisées comme États-nations non reconnus ». Cela passe en général par la création d’une « simulation plausible et cohérente d’un mécanisme gouvernemental » (république, monarchie, … d’après les termes de Lars Erik Bryld), une volonté sécessionniste ou de reconnaissance officielle, la revendication ou non de territoires, la création de symboles identitaires ou de monnaies, passeports…
 

Armoiries de la Principauté d’Aigues-Mortes

J’ai découvert la Principauté d’Aigues-Mortes par son héraldique (« Coupé d’azur et d’argent, au 2 à une croix de Camargue de sable » au passage), on ne se refait pas. Cette petite goutte d’armoiries me mena cependant à une ivresse de curiosité pour les micronations. Néanmoins, je ne pourrai venir à bout de ce vaste univers dans un petit article sans prétention écrit en vitesse entre deux TDO pour combler le manque d’article sur le site de notre cher Louvr’Boîte. Je vais donc ouvrir de nombreuses portes d’un intérêt fou, sans pour autant pouvoir m’aventurer bien loin dans le manoir de la cryptarchie (un synonyme de « micronation ») par manque de temps, de recherches ou de connaissances en économie, politique, sociologie, et caetera … À vous ensuite de suivre votre propre chemin, ou de nous demander plus d’articles sur le sujet si vous le souhaitez !
 
Revenons à nos micronations. La Principauté d’Aigues-Mortes a été fondée en 2011 par Jean-Pierre Pichon, devenu par le fait le prince Jean-Pierre IV d’Aigues-Mortes. C’est une association loi 1901, comme la plupart des micronations françaises. Son but est de promouvoir la cité d’Aigues-Mortes et les initiatives locales dans une ambiance humoristique. Cela passe par l’organisation de nombreux évènements comme le bal princier du godet d’or ou le concours de Miss Principauté, la fondation d’une radio-télévision et d’une presse nationale, la collecte de fonds pour la préservation du patrimoine aigues-mortais… En 2015, elle crée une monnaie complémentaire locale, le Flamant, dans le but de dynamiser le commerce et l’artisanat local ainsi que l’entraide entre citoyens. Indexée sur l’Euro et soumise à l’article 16 de la loi Economie sociale et solidaire de 2014, elle rejoint à ce titre la grosse soixantaine de monnaies complémentaires locales de France actuellement en circulation, et se base sur l’expérience de Wörgl menée en Autriche dans les années 30 (allez voir ça de vous même, le concept est génial). Dans les faits, les citoyens de la Principauté peuvent échanger cette devise dans les commerces de la ville acceptant cette monnaie contre des biens et des services. Le tout est chapeauté par la Bourse princière d’Aigues-Mortes, créée par la même occasion.
 
En 2016, la Principauté organise le premier sommet de l’Organisation de la Micro-Franconie et devient un de ses membres fondateurs avec l’Empire d’Angyalistan (France), le Grand-duché de Flandrensis (Belgique), la Principauté d’Hélianthis (France), la République de Saint-Castin (Québec) … En 2018, l’Organisation compte une douzaine de membres à travers le monde. Les micronations tendent en effet à se rencontrer et à se réunir dans des organisations internationales, comme la MicroCon, se réunissant tous les deux ans à partir de 2015 et fondée par la république de Molossia (Californie). Elle compte en 2019 une quarantaine de membres et permet aux représentants des micronations de se réunir et de réfléchir ensemble à des évènements internationaux, à leurs principes fondateurs …

Oriflamme de la République de Montmartre

En France, nous comptons une petite dizaine de micronations, et bien plus proches qu’on ne le pense de nous, étudiants parisiens ! La République de Montmartre par exemple qui organise de nombreuses actions philanthropiques en faveur de l’enfance déshéritée, mais qui a aussi fondé le square (disparu) de la Liberté (à l’angle de la rue des Saules et de la rue Saint-Vincent) où sont plantées des vignes … en 1933. Car oui, cette micronation est assez ancienne et a une histoire tout à fait intéressante pour nous, étudiants en histoire de l’art. En 1920, le dessinateur Joë Bridge imagine cette République avec d’autres artistes de ses amis comme Adolphe Willette, Jean-Louis Forain, Francisque Poulbot, Maurice Neumont, Louis Morin, Maurice Millière, Raoul Guérin ou Jules Depaquit. Ils posent finalement ses statuts en 1921, en parallèle de l’association de la Commune libre de Montmartre fondée par Depaquit, qui collabore à de nombreux projets. Son but : lutter contre le modernisme et l’urbanisation de la butte de Montmartre, restée très longtemps comme un petit village au sein de Paris. Ces actions politiques et philanthropiques se fondent néanmoins dans l’humour et la joie du vivre-ensemble, comme le montre la devise de la République : « Faire le bien dans la joie ». Une micronation créée par des artistes donc, contre une politique architecturale et les changements profonds de la société au cours du XXe siècle. Notons que cette République est encore très active sous le mandat de son président actuel, Alain Coquard, et que vous pouvez la rejoindre au titre de Député, Sénateur, Consul ou Ambassadeur pour entre 165 et 280 € (selon le titre souhaité) en étant parrainé par deux membres de la République (le Président et un Ministre vous serviront de parrain si vous n’y connaissez personne). Une intronisation officielle durant laquelle vous devrez prêter serment est alors organisée, vous permettant de recevoir les attributs de la République, dont la tenue officielle dessinée par Aristide Bruant et Henri de Toulouse-Lautrec : cape et chapeau noirs assortis d’une écharpe rouge (Attention : oeuvre à connaître pour les clichés de XXe siècle en Troisième Année) !

 
Voilà donc ma petite plongée sans bouteille dans le monde merveilleux des micronations. Mais une idée me vient … Pourquoi ne pas fonder la Commune du Louvr’Boîte tous ensemble, chers lecteurs ? C’est une idée folle en ce temps de confinement, mais les micronations virtuelles existent; Donc ma foi, si certains souhaitent me suivre, qu’ils se fassent connaître !
 
Raphaël Vaubourdolle

Histoi’Art – Secrets de bijoux dans les portraits royaux

Ils fascinent, rayonnent, attrapent des fragments d’émerveillement, les renvoient à nos âmes en mille faisceaux ostentatoires qui captivent… Ils ont toujours été là, mêlés à nos souverains, à la fois discrets sur leurs portraits et en même temps rutilants de beauté extatique… Et si nous nous plongions un instant dans ce fantasmagorique univers pour découvrir les petites anecdotes, les rocambolesques aventures, de ces pierres qui, sorties de leur écrin de terre, ont accompagné ceux qui ont fait la grandeur de notre France ? C’est ce que le Louvr’Boîte vous propose dan ce Secret d’Histoi’Art inédit…

François Ier et les joyaux de la couronne

CLOUET, François Ier, 1530, huile sur toile, 96 X 74 cm, Paris, musée du Louvre

Qui incarne le mieux la Renaissance française que notre incomparable roi François Ier ? Obsédé par cette Italie rêvée, ce duché de Milan qu’il veut faire sien, il traverse les Alpes avec son armée. Si finalement il reviendra d’une campagne assez mitigée qui l’enfermera même en Espagne quelques temps, François ne s’avoue pas pleinement vaincu et repart avec dans ses bagages de précieux personnages, d’illustres artistes et artisans italiens, qui n’hésitent pas très longtemps avant d’accompagner ce nouveau Prince des Arts. De Vinci, Del Sarto, Primatice, Rosso Fiorentino… Des noms qui ont fait vibrer la cour française et ses différents châteaux au XVIème siècle. Moins connus du grand public, del Nassaro et Cellini méritent pourtant tout autant les honneurs. Orfèvres « geoliers », ils donnent à la France un nouveau souffle dans ses arts du beau éclatant, du métal flamboyant, du bijou étincelant. Installés dans l’hôtel de Nesle, ils apportent leur savoir-faire italien à leur atelier français, introduisant de nouveaux sujets mythologiques. La religion reste toutefois encore représentée sur quelques bijoux comme sur le médaillon que le roi arbore dans son portrait peint par Jean Clouet visible au Louvre. Il s’agit d’un rappel de l’ordre de Saint-Michel fondé par Louis XI, son royal prédécesseur, en 1469. L’absence de la salamandre mais la présence de cette iconographie sont sans doute une volonté de François Ier de se légitimer dans la succession monarchique qui est passée de la dynastie des Capétiens à celle des Valois. Toutefois, le roi fait une entorse aux statuts de l’ordre qui

demandaient que le collier ne soit pas rehaussé de pierreries et devait se composer de vingt-trois coquilles en or. La présence du médaillon avec saint Michel terrassant le dragon est toutefois bien respectée. Le portrait le montre tout en apparat, soulignant un message implicite clair : « Je m’inscris dans le passé de mes prédécesseurs mais incarne le renouveau frais et noble, dans un raffinement moderne. ». François Ier va même plus loin et institue en 1530 les « Joyaux de la Couronne ».  Huit pierres, toutes alors appelées « diamants », enchâssées sur des bagues, avaient été apportées quelques années plus tôt à la couronne par la reine Claude, son épouse, la fille d’Anne de Bretagne. Quelques semaines avant son second mariage (Claude mourant en 1524), le roi demande à la Chambre des Comptes d’inscrire l’inaliénabilité de ces trésors. Toute souveraine française a le droit d’en jouir durant le règne de son époux mais une fois devenue veuve, elle doit obligatoirement les rendre au Trésor Royal.

Le Diamant bleu et Louis XV

VAN LOO, Portrait de Louis XV, après 1750, huile sur toile , 244X 186 cm, Dijon, Musée des Beaux-Arts

À ces beautés originelles s’en sont ajoutées d’autres au cours des règnes suivants. C’est notamment le cas du Diamant bleu, acheté par Louis XIV, venant tout droit des Indes. D’un bleu intense de 69 carats, il est l’heureux cadeau que s’offre le roi Soleil, fan de gemmologie, pour l’équivalent monétaire de 179 kilos d’or pur. Son successeur, Louis XV, boude un peu cette merveille jusqu’à ce qu’il soit adoubé chevalier… de l’ordre de la Toison d’Or en 1749 ! Il demande alors à Jacquemin, pour son insigne, de rappeler la royauté française

FARGES, Gouache représentant la Toison d_Or de Louis XV, 2008

(l’ordre de la Toison d’Or étant décerné par la famille des Habsbourg). Quoi de mieux qu’une sublime pierre de couleur bleu roi ? Même si aujourd’hui cet insigne final de Louis XV est perdu, le moule en plomb ayant accueilli le Diamant Bleu existe toujours. Sur l’ensemble commandé pour le roi, la pierre est censée protéger la Toison d’Or des flammes crachées par un dragon. Ce dernier est par ailleurs taillé dans une spinelle, mais pas n’importe laquelle : il s’agit de la « Côte de Bretagne », aujourd’hui seule rescapée des huit premières pierres originelles des Joyaux de la Couronne ! Une catastrophe arrive cependant: l’insigne de Louis XV finit par être volé en 1792 dans l’hôtel du Garde-Meuble (aujourd’hui l’Hôtel de la Marine). Beaucoup d’autres joyaux de la Couronne sont dérobés au même moment. Si certains finissent par être retrouvés, d’autres sont pour le moment encore perdus. Vingt ans après, en 1812, le Diamant Bleu réapparaît en Angleterre ! Ouf ! Retaillé, il est désormais connu sous le nom de « Hope » et est conservé au Smithsonian Institute.

Le Régent et Napoléon Bonaparte

Lui-aussi venu des Indes, le Régent est un diamant blanc, sûrement le plus connu et le plus précieux au monde. Encore aujourd’hui, il est visible au musée du Louvre. Son histoire avec Napoléon Bonaparte a pourtant commencé bien mal… Afin de financer la campagne d’Italie du général, le gouvernement le met en gage en 1797. Heureusement, le coût du triomphe de ces années militaires n’est pas oublié par le Corse qui, une fois Consul, s’empresse de le racheter cinq ans plus tard.

BOUTET, ODIOT, NITOT, Épée du sacre de Napoléon Ier, damasquinure, or, écaille, jaspe, pierres précieuses, 96 cm, Château de Fontainebleau

Il s’attache tant à cette pierre qu’il la fait monter sur la garde de son épée (une commande de 11 000 francs, quand même réestimée à 14 200 000 francs en 1802). Il se fait alors portraiturer avec par Ingres. La pierre le suit dans son ascension, fidèle bonne étoile de ses succès. Le Régent avait veillé sur ses exploits en Italie, il l’accompagne désormais bien visible sur son arme durant le Consulat… jusqu’à son sacre d’Empereur. Sur son portrait officiel en pied par Gérard conservé à Versailles, le Régent étincelle toujours, extrêmement mis en valeur, sur le flanc gauche du souverain. Un porte-bonheur ? Sans doute… Puisqu’en 1812, l’Empereur le fait transférer sur une autre arme impériale, en forme de glaive antique. Ne cherchez toutefois pas le fameux Régent sur le tableau du Sacre de David au Louvre : il semblerait que l’arme représentée sur le côté de Napoléon Ier, avec une garde formée d’un aigle en or, ne soit qu’une invention de l’artiste. Si aujourd’hui le Régent a effectivement été retiré de l’épée, une reconstitution de l’ensemble est encore visible à Fontainebleau.

Le Trèfle et Eugénie de Montijo

Terminons ce tour d’horizon à carats et facettes avec cette fois… une souveraine ! Ceux qui se passionnent pour la belle Eugénie de Montijo le savent peut-être, elle raffolait du vert. En arpentant encore ses appartements impériaux dans certains palais, les tentures Second Empire sont souvent, en plus du cramoisi, de cette couleur. Nous allons donc parler d’un magnifique bijou de la même nuance. Glissez-vous confortablement dans un fauteuil crapaud à franges pour lire cette histoire presque digne d’un conte de fées… Rencontrée lors d’un dîner chez la cousine du prince-présient, la princesse Mathilde, la jeune demoiselle espagnole subjugue le Louis-Napoléon Bonaparte qui débute alors une cour assidue auprès de la belle. Pendant l’automne 1852, Eugénie est invitée à séjourner à Compiègne, rejoignant ainsi sa mère… et son prétendant !

FOSSIN, Trèfle en or, argent, émail et diamants, ©Collection privée

En se promenant un matin avec lui dans les jardins, la jeune femme remarque, subjuguée, un trèfle où de fines gouttelettes de la rosée s’étaient déposées, faisant ainsi étinceler la plante d’une poésie magique, suspendue dans l’incroyable et éphémère moment de la contemplation. Le cœur du futur Empereur cède complètement : Eugénie est la femme qu’il lui faut. Le lendemain, il lui offre une broche en forme de trèfle en émeraude, entouré d’un liseré de petits diamants, signé Fossin de la dynastie de joaillier Chaumet. Le bijou, faisant office de cadeau de fiançailles, sacre leur amour. Eugénie le porte alors comme un talisman de cette promesse éternelle et se fait régulièrement représenter avec, sur ses portraits.

 

 

 Laureen Gressé-Denois

Le Billet Neuchâtelois – Guillaume Tell : l’identité implicite suisse

SANDREUTER, L’arrestation de Guillaume Tell et de son fils, 1901, mosaïque murale extérieur sur l’aile sud du Landesmuseum, Zurich

Tout le monde retient son souffle. L’attente est intenable, les badauds serrent leurs enfants dans leurs bras, le regard fiévreux, parfois détourné. Va-t-il le blesser ? Va-t-il toucher uniquement la pomme ? Le carreau part, siffle dans l’air, semble transpercer la lumière en mille fragments éthérés, jusqu’à éclater la pomme qui craque, se déchire, explose sous la fureur de l’impact. Guillaume est soulagé, tout en tenant fermement, le poing serré, le deuxième carreau à moitié dissimulé dans ses vêtements, après avoir abaissé son arbalète. La population du village d’Altdorf soupire face au drame évité et exulte devant l’exploit. Toutefois, ce n’est pas le défi réussi qui intéresse le bailli Gessler, l’œil soupçonneux, contenant son mécontentement. Il faut dire qu’il n’a rien pour être satisfait : ce gringalet des montagnes, cet arbalétrier de pacotille, non seulement il avait refusé de lui rendre hommage en saluant son chapeau hissé sur la place publique, mais en plus il avait osé réussir ce challenge de tir. Il fulmine… Toutefois, ces sombres pensées ne l’ont pas empêché de remarquer la poigne serrée de Tell sur ce deuxième carreau caché… Il l’interroge immédiatement. Pourquoi avoir pris le soin de garder une seconde flèche ? C’était simple pourtant : avec un tir, Tell touchait la pomme ou Walter, son fils. Alors pourquoi ? Tell se retourne, lance un regard noir au bailli qui, sous la coupe autrichienne, n’avait de cesse de soumettre les pauvres villageois du canton à la pire vie possible. Ce deuxième carreau, Tell le réservait pour Gessler, au cas où son Walter aurait été blessé ou tué. L’affront ultime ! Le bailli, devant l’audace de la réponse, demande l’arrestation de l’arbalétrier et de son garçon. Est décidé de les envoyer par bateau dans la prison forteresse de Küssnacht (littéralement, le « baiser de la nuit », qui a dit que l’allemand n’était pas une langue sublime ?). Les prisonniers et le bailli embarquent quand une terrible tempête s’abat aussitôt sur les flots. L’aide de Tell est demandée pour sauver tout le monde en amenant la barque à bon port. En récompense, Gessler lui fait miroiter la possibilité de le libérer. Le bateau arrive près du rivage, Tell saute alors de bord, embarquant son arbalète et son fils sous le bras. Une fois à terre, sa rapidité et sa précision légendaires lui confèrent le temps de repousser la barque loin de la berge d’un coup de pied tout en arrivant à viser le bailli de son arbalète. Le tir part et tue l’homme qui leur a fait tant de tort, ainsi qu’aux autres habitants du canton. D’autres versions amènent le trépas de Gessler plus tard, dans une embuscade en forêt ou montagne… Quoi qu’il en soit, le méchant meurt et Tell est alors célébré en héros, ayant su se montrer capable d’autant de force que de courage dans sa quête d’indépendance et de liberté.

 

FÜSSLI, Les trois Confédérés faisant le serment sur le Grütli, 1780, huile sur toile, 267X178 cm, Zurich, Kunsthaus

Ce qui est intéressant avec Guillaume Tell, c’est qu’au-delà de l’histoire-même, les politiciens s’en sont servi en Suisse pour construire une identité nationale. En 1848, l’Helvétie connaît aussi son Printemps des Peuples. La toute nouvelle Confédération a alors un défi de taille : trouver sa place dans une multitude de cantons au caractère et au fonctionnement plus trempé les uns que les autres. Encore aujourd’hui, cette mentalité fédérale est très forte en Suisse. Elle se ressent en permanence dans les médias que je lis ici, dans les explications de cours que nous donnent les professeurs de l’Université ou même quand j’en discutais avec les autres camarades locaux (avant le début d’un semi-confinement ici aussi). Comment créer une cohésion suisse, un esprit helvète ? La chose n’est pas simple, les cantons ayant toujours oscillé entre autonomie et occupation étrangère. Deux exemples qui m’ont beaucoup frappée : sous le Premier Empire, le canton du Jura et de Bâle appartenaient… au département du Haut-Rhin ! Quant à l’actuel canton de Neuchâtel où je me trouve, Napoléon Ier avait réussi à le négocier au roi de Prusse et avait nommé le maréchal Alexandre Berthier prince de Neuchâtel en 1806. Amie française mais souveraine quand même !

Comme bien souvent, le premier cheval de bataille a été dans le ressenti de l’identité et pour cela, rien de mieux que de trouver un symbolisme… fédérateur ! On cherche alors de premières images fortes. On se penche sur la question du drapeau. En 1899, le conseil fédéral commence à réfléchir à ce sujet pour qu’une ordonnance en 1913 institue le carré rouge à croix blanche comme drapeau officiel. Le symbole est repris des anciens mercenaires suisses qui, sur leur propre étendard, inscrivaient les mots « honneur » et « fidélité ». En plus du drapeau, il faut également chercher un mythe fondateur de l’unité suisse. L’épisode du Serment de Grütli est retenu : trois braves hommes, subissant chacun dans leur canton les sévices de baillis abusifs, décident une nuit de 1291 de se retrouver en secret dans la prairie de Grütli. Ils promettent alors de défendre leurs cantons, même s’ils doivent en mourir. Cette légende de conjuration est souvent associée à la vraie histoire du Pacte fédéral de 1307 (choisi par la Confédération pour placer la date de la fête nationale au 1er août de chaque année). Ce dernier est en effet un document historique officiel d’alliance défensive et judiciaire, signé par les trois mêmes cantons représentés lors du Serment de Grütli.

 

KISSLING, Guillaume Tell et son fils, statue réalisée en 1895, sur la place principale d’Altdorf

Pourtant, c’est l’histoire de Guillaume Tell qui est la plus connue, du moins à l’étranger quand on parle de la Suisse. De nombreuses villes en France ont une rue portant son nom (même à Paris, dans le XVIIème arrondissement !). Toutefois, même en Suisse, la légende fut longtemps tenace. Il faut savoir que l’histoire de Tell était encore enseignée aux écoliers suisses jusqu’en 1901 ! L’importance du mythe s’introduit même jusque dans le patois local : en Helvétie, traiter quelqu’un de Gessler revient à le qualifier de tyran vaniteux (vivent les baillis)! L’iconographie de Guillaume Tell se met alors en place. Les politiques vont même jusqu’à fournir un programme représentatif de l’arbalétrier très détaillé à Richard Kissling. Le sculpteur est alors chargé d’édifier une statue de Tell et son fils sur la place principale du village d’Altdorf en 1895 avec un « homme décidé, hardi et libre, arborant le costume traditionnel paysan. ». L’œuvre achevée, respectant à la lettre la commande, plaît tellement qu’elle se décline sur beaucoup d’autres supports. Elle est copiée… jusque sur les timbres, les affiches publicitaires… et la dentelle !

Guillaume Tell et son fils, dentelle, après 1845, Zurich, collection Marion Wohlleben

Il est à rappeler que l’histoire de Tell est une légende. Il est un héros sorti des chansons de gestes, des contes racontés de génération en génération. Sa première mention comme Guillaume Tell se trouve dans le « livre blanc de Sarnen » narrant les alliances et victoires des Waldstätten. Une première chanson de Tell (« Tellenlied ») circule en 1477, avec plusieurs variantes pour de légers détails. Sauf que les mythes sont souvent brisés : les historiens ont fini par trouver trace d’un autre Guillaume Tell, beaucoup plus vieux. Un écrit de l’érudit danois Saxo Grammaticus au XIIème siècle raconte la même histoire… qui se serait passée au Danemark au Xème siècle ! Guillaume devient Toko. Le bailli Gessler devient le jarl Harald-la-Dent-Bleue. À noter : la cible est toujours une pomme ! Comment expliquer cette origine viking ? Un mouvement de population celte descendant le bassin rhénan, aurait amené cette histoire qui, racontée de famille en famille, à travers le temps, a fini par devenir celle de Guillaume Tell et de son fils Walter.

 

Comme quoi, même les plus grands mythes fondateurs ont aussi leurs petits secrets ! La suite au prochain épisode… !

Je vous dis à très bientôt pour un nouveau Billet Neuchâtelois * ! Grüetzi ! Tchô ! **

 

Laureen Gressé-Denois

 

* Même à l’étranger, on a tous quelque chose en nous de Monsieur Patrimoine !

** « Salut ! » respectivement en suisse allemand et en suisse romand

Top 10 des mèmes les plus explicites !

Ô malheur ! Nous sommes de nouveau confinés (enfin allez taffer tout de même) chez nous, que cela soit chez nos parents ou dans nos petits studios parisiens. Si certains d’entre nous ont eu la chance et l’audace de se confiner avec leur partenaire, nombreux sont ceux qui demeureront seuls avec leur libido. Mais votre merveilleux journal (oui aucune objectivité) qu’est le Louvr’Boîte, vous offre une petite sélection de 10 mèmes… explicites ! 

 

1- Débutons avec le rêve de tout les étudiants de l’EDL et de la France entière, satané corona :

 

2- Un mood de lundi matin : 

 

3- Notre cher et bon François nous cacherait bien des choses :

 

4- Nos journalistes maîtres mèmiers ont du talent, la chose est indéniable :

 

5- Bon pour le coup cela me semble être une entreprise compliquée au vu des mesures de notre président préféré :

 

6- Ce fourbe, je ne l’ai jamais aimé ce gosse ailé de toute manière :

 

7- Attention ça pourrait être dangereux :

 

8- AH ! 

 

9- Les nudes, seule réconforts que nous puissions avoir en ces tristes jours :

 

10- Tout est une question de mots et de termes employés :

 

 

 

Le Louvr’Boîte tient à remercier ses fidèles sources de rire qu’on reconnaît même derrière leurs masques grand public :

  • Neurchi de Shrek
  • @Yugnat999 – Boys don_t meme, but men do

🎵Top 9 des meilleures musiques de Francky Vincent🎵

 

Francky. Ah, cher Francky. Dieu de la musique, qui anime nos soirées sous les cocotiers avec sa voix si suave et agréable…

Enfin, ça, c’était avant. Avant, lorsqu’on pouvait encore improviser une petite fiesta avec les ami.e.s. Avant que l’hiver arrive (oui, nous sommes en automne, mais chute brutale des températures = retour du plaid et de la raclette = hiver, ok ?). Avant, quand on pouvait encore s’improviser des petits concerts privés de Francky Vincent…

Oh, mais qu’est-ce que nous racontons, c’est encore possible ça ! Enfin, ce n’est pas interdit, sauf si vous avez signé une charte de bon voisinage un peu douteuse, ou que vous avez mal réglé votre âge de votre compte Youtube, parce qu’avec Francky, on ne rigole pas avec la limite d’âge !

Bref, laissons notre ami des Caraïbes réchauffer l’atmosphère (dans tous les sens du terme) avec ses douces paroles (idem)…

 

9- À la folie :

 

 

Comme il le dit si bien « Allons-y, On y va »! À l’heure où le body positivism est de plus en plus accepté et répandu, Francky apparaît comme une figure avant-gardiste. Vous ne me croyez pas? Écoutez attentivement la chanson car au-delà de faire son éloge personnel (Francky Vincent je t’aime à la folie, tmtc), Francky nous dit que le sexe nous fait oublier tous nos complexes! Alors on dit merci qui? 

 

8- Tu pues du cul :

 

 

Ma maman m’a toujours dit que péter un coup, ça fait du bien. Mais parfois, ça tourne mal (déso maman). Passer cette musique constitue un moyen très explicite pour dire à votre voisin dans le métro que ses flatulences ne siéent guère à vos narines, ou bien faire passer un merveilleux message d’amour à votre moitié, à savoir : “Prout, ça pue”.

 

7- Sacré cochon :

 

Une autobiographie en tout modestie, mais n’est-ce pas le cas de toutes les œuvres del fabuloso Francky ? (Mon niveau d’espagnol ne lui arrive pas à la cheville). Maintenant, quand ma grand-mère me traitera de petit cochon à table à Noël, quand je mangerai de la dinde (fourrée 😉 ) aux marrons, je penserai à toi…

 

6- Alice, ça glisse :

 

La rédaction s’excuse d’avance du traumatisme causé auprès de toutes les Alice, Francky avait besoin d’une rime. Mais, il a su mettre en valeur ce prénom à coup de références littéraires (oui, on parle bien du pays des merveilles), tout en mettant en valeur le patrimoine régional #Nosrégionsontdutalent. Avec son savon de Marseille, Francky faisait du Made in France avant l’heure (avant-gardiste on a dit).

 

5- Le Restaurant :

 

Tout grand homme cache en lui une part d’ombre, et c’est le cas de Francky. En l’an de Grâce 2003, notre cher ami a ouvert un restaurant à Thiais, dans le Val-de-Marne. Et bah, le moins qu’on puisse dire, c’est que l’ambiance était loin d’être la même que sous les tropiques. Francky est donc parti sans laisser de trace (avec la caisse bien sûr), jusqu’au jour où il a décidé de faire éclater la vérité. Mais pourquoi en venir aux mains quand on peut tout balancer en musique ? C’est bien Francky, tu as raison, il faut toujours dire les choses explicitement, et t’es le king pour ça. Cyprien vs Cortex tremble encore face à ton clash prodigieux….

 

4- Vas-y Francky, c’est bon (Nouvelle génération) : 

 

Qui a dit que Francky, c’était pour les darons ? Ne sous-estimez jamais le maître : il se renouvelle continuellement ! Ecoutez donc ce grand classique remixé avec les outils de notre génération Z ! Vas-y Francky, envoie la sauce !

 

3- T’es chiant(e) :

 

Bien qu’elle soit en elle-même un chef-d’oeuvre musical, cette chanson n’est que trop bien mise en valeur par ce clip minutieusement ficelé. Des moyens hollywoodiens, un jeu d’acteur à couper le souffle et surtout une chorégraphie sans égale ont fait de ce duo un incontournable de la discographie de Francky et même de la chanson française.

 

2-  Les fruits de la passion : 

 

Francky, c’est un homme qui n’a pas peur de choquer. C’est pourquoi il ose même à la fin de cette chanson entonner un air de yodle (oui oui, Francky est un homme qui regorge de talent). Dans ce classique, Francky évoque avant même le très célèbre WAP de Cardi B le plaisir féminin tout en métaphores. 

 

1- Tu veux mon Zizi : 

 

Que dire, que dire…
Cet emploi de toutes les capacités, pour nous faire voyager de la bicoque à la casbah…
Ces fruits et ces étoiles de mer à lunettes qui sautillent dans tous les sens…
Ces petits crabes qui agitent leurs pinces prêts à te… pincer…
Cette gentillesse de nous prévenir tout en te trémoussant “Viens ce soir dans mon duplexe, il y aura sans doute du sexe” (Quel gentleman, le consentement, c’est vital !)
Non, j’ai pas les mots pour décrire un tel chef d’oeuvre. Francky, t’as carrément transcendé l’art de la musique avec ton flow venant tout droit de sous les cocotiers. Même Julien Lepers t’égale pas avec ses douches de “oui oui oui oui’”.
Clairement : c’eeeeeeest çaaaaaaaa !

Test – Quelle citation de Jean-Claude Van Damme es-tu?

 

Beaucoup de philosophes et penseurs ont essayé de trouver le sens de la vie mais un seul homme est parvenu à parfaitement expliciter la pensée humaine et c’est le seul, l’unique, Jean-Claude Van Damme aka JCVD. Alors pour atteindre toi aussi la vérité sur la pensée humaine, découvre quel JCVD tu es et la citation qui lui correspond!

Hérald’Hic! – Dodge : un blason très explicite … ou pas !

Armes des Dodge – A Complete Guide to Heraldry, Arthur C. Fox-Davies, 1909

          En voyant ces armes, les lecteurs attentifs ne pourront que se rappeler celles du condottiere Bartolomeo Colleoni, présentées dans notre numéro Royal de novembre dernier, et s’ornant de trois magnifiques génitoires. Bon d’accord : trois « magnifiques » paires de couilles. Certes, il est vrai que nous n’en sommes pas loin avec ce blason « Fascé d’or et de sable, à un pal de gueules chargé d’un sein de femme distillant des gouttes de lait d’argent ». Cette rubrique était déjà si explicite à l’époque … Enfin contrairement à ce que voudraient peut-être les plus lubriques, nous n’analyserons pas en long en large et en travers le sein représenté, mais nous demanderons plutôt pourquoi il se trouve ici. Nous sommes une rubrique (presque) sérieuse quand même !

          La famille Dodge, très ancrée aux États-Unis, où elle fonda la marque de voitures de luxe du même nom (dont le symbole est une tête de bélier … dommage), est en vérité originaire du comté de Chester, au Nord-Ouest du royaume d’Angleterre. Un dénommé Peter Dodge y est recensé à Stopworth (actuelle Stockport) sous le règne d’Édouard Ier, roi d’Angleterre de 1272 à 1307.
Mais intéressons-nous à cette première apparition du nom Dodge, qui est aussi la première mention de leurs armes étranges. Une copie du document en question, datant de la « 34e année du règne d’Édouard Ier » (soit 1306) en vieux normand, se trouve à l’England’s heraldic library. Il y est indiqué que le dénommé Peter Dodge reçoit les armes précédemment décrites en récompense de ses services pour le roi lors de son invasion de l’Écosse contre son royal vassal John Balliol en 1296, notamment lors des sièges de Berwick et Dunbar.
          À partir de ce document (dont je n’ai pu voir aucune photo), les Dodge suivants ont proposé de nombreuses interprétations pour ce meuble étrange, et à ma connaissance unique en héraldique. Il aurait pu s’agir, car ce sein est considéré par eux comme « le symbole par excellence du secours »(1), d’un homme ayant donné du bétail laitier à l’armée du roi, ou ayant aidé à la logistique de la campagne en Écosse. Une autre hypothèse, moins symbolique quoique moins vraisemblable, fait d’une femme Dodge la nourrice des enfants d’Edouard Ier.

 

          Mais il faut toujours se méfier de ce type d’interprétations en héraldique. La signification d’un meuble ou d’une composition est toujours malaisée à découvrir. Et lorsqu’une hypothèse est proposée par des non-initiés au langage secret des armoiries (initiation grandement composée de libations au vin, chants latins sous la pleine lune et imitation du poulet en caleçon dans ma cuisine), elle est souvent peu probable voire carrément loufoque. Enfin ! C’est ainsi que se créent les légendes familiales. Il s’agit néanmoins d’un premier problème avec cette interprétation.
          Le second ? Ce document est sans aucun doute un faux. En tout cas il s’agit de la conclusion d’un débat entre spécialistes sur le forum de l’Heraldry Society of Scotland (fermé depuis). Il serait donc un faux créé pour la Visitation (une sorte d’inspection par les hérauts d’armes britanniques et irlandais dans le but d’enregistrer et de réguler les armoiries sur ces territoires) de 1613, sans doute pour donner une base ancienne à ce blason et accroître la renommée des Dodge. En bref, et comme le présente très bien Richard A. Dodge : « Quelle que soit la signification du symbole inhabituel sur le blason de notre famille, il est perdu dans les brumes du temps. »(2)

 

          Alors ? Si peu explicite le blason des Dodge ? Pourtant il reste une autre piste interprétative, celle des armes parlantes (« canting arms » en bon normand d’outre-mer). C’était le cas des armoiries des Colleoni, donc pourquoi pas des Dodge ? Penchons-nous sur le blasonnement en anglais dans le rapport de la fameuse Visitation de Chester de 1613 : « Barry of six Or and Sable, on a pale Gules a woman’s dugg or breast distilling drops of milk Argent« . « Dugg » donc … prononcé sans doute « deugue » ou « deudje ». Cela n’est pas sans rappeler le nom du porteur de ces armes : Dodge !
          Il faut en effet se souvenir que les principaux moteurs de choix de meubles sont les assonances et les jeux de mots, parfois incompréhensibles aujourd’hui (le mot « dugg » n’est plus très usité actuellement, pour ne pas dire éteint) ! Il s’agirait donc d’armes parlantes à l’assonnance grivoise, au même titre que le blason des Colleoni et au grand plaisir des amateurs de blasons étranges ! 

Armes des Dodge d’après le Burke’s General Armory de 1884 – Création personnelle

          Autre point commun avec les Colleoni : ce choix de meubles a provoqué la désapprobation d’une partie des détenteurs du blason, qui a modifié le sein gouttant en un oeil pleurant des larmes d’or (« an eye Argent weeping and dropping Or« ) correspondant mieux à la morale victorienne, comme on peut le voir dans le Burke’s General Armory de 1884. Ce blason n’est explicite que pour ceux qui le veulent.

 

Raphaël Vaubourdolle

 

(1) « the quintessential symbol of succor« , d’après un article du site dodgefamily.org

(2) « Whatever the significance of the unusual symbol on our family crest, it is lost in the mists of time« , d’après le même article.