Histoire brève du métropolitain à Opéra.

Opéra Garnier, Opéra Bastille… Quand on parle d’opéras, on pense aux bâtiments, aux œuvres musicales et parfois même aux gâteaux mais rarement à la station de métro. Et pourtant, celle-ci a aussi ses secrets bien que cachés six pieds sous terre.

Marquant le croisement des lignes 3, 7 et 8 du métro parisien, la station Opéra est ouverte en octobre 1904. A l’époque, elle n’accueillait que le premier tronçon de la ligne 3. Ce n’est qu’en novembre 1910 que la ligne 7 y a fait son entrée avant que la ligne 8 ne la rejoigne en 1913. A cheval entre le 2e et le 9e arrondissement, la station fait partie des plus fréquentées de la capitale avec environ 10,5 millions de voyageurs en 2019.

Sa particularité réside évidemment dans la présence de ces trois lignes de métros. Celles-ci sont superposées les unes sur les autres sur une vingtaine de mètres de profondeur. Réalisé en moins d’un an par l’entrepreneur Léon Chagnaud, l’ouvrage de superposition est imaginé dès l’ouverture de la station, de haut en bas : la 3, la 7 puis la 8. Pourquoi dont tout faire en même temps si les stations ne sont pas toutes ouvertes en 1904 ? Eh bien pour limiter le dérangement auprès des habitants du quartier de l’Opéra Garnier, très largement fréquenté.

Mais les péripéties du chantier de la station ne s’arrêtent pas là ! En effet, le célèbre architecte Hector Guimard propose un projet pour l’entrée de la station mais celui-ci est refusé par la Compagnie du métropolitain de Paris (CMP) qui souligne un manque d’harmonie entre le projet et l’Opéra de Garnier. En même temps, Guimard travaille plus dans un style art nouveau qui tranche avec celui très éclectique de l’Opéra. Ce qui nous vaut une très belle réponse de Guimard dans la presse : « Est-ce qu’on devra dorénavant harmoniser la gare du Père Lachaise avec le cimetière et la construire sous forme de tombeau ? ».

Finalement, il n’avait pas si tort que cela car le projet retenu par la CMP et que l’on emprunte toujours aujourd’hui est un projet de l’architecte Marie-Joseph Cassien-Bernard, projet très simple composé d’une balustrade basse. Celui-ci finalement réalisé initie un mouvement pour d’autres entrées de métro qui sont alors ornées en rapport avec le monument qu’elles jouxtent. Le Figaro s’en réjouit d’ailleurs en 1907 : « On a renoncé à déshonorer la place de l’Opéra avec ces rampes contorsionnées, ces lampadaires bossus qui signalent par d’énormes yeux de Grenouilles les autres stations du Métropolitain. Celle-ci est entourée d’une simple balustrade en pierre polie (…) en parfaite harmonie avec l’Académie de musique. C’est simple, très artistique et du meilleur goût. Maintenant que le premier pas est fait, nous espérons que l’on va faire disparaître les ornements « Art nouveau » qui décorent la station de la place du palais-Royale et des Tuileries (…) ». Vous aurez compris, l’Art nouveau ça ne plaisait plus trop à ce moment-là.

Bref, maintenant quand vous irez à l’Opéra Garnier en mangeant votre opéra et en écoutant notre magnifique playlist opéra, vous penserez peut-être à cette station dont l’histoire ne vous est plus si méconnue que ça.

Tyfenn Le Roux

 

Tyfenn Leroux

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