Quand Anne Millot montre le bout de son nez…

Découverte tout récemment par notre lecteur Louis Denizet lors d’un festival d’art, la sculptrice Anne Millot et sa production de charmants nez en céramique se dévoilent dans cet article-coup de cœur bien curieux.

Si vous ne la connaissez pas encore, il est temps de découvrir Anne Millot, céramiste française dont la production artistique se concentre sur la création de nez. En effet, tout comme l’artiste américaine Margaret Keane et son obsession pour les yeux surdimensionnés, Anne ne produit que des nez, réalistes ou surréalistes, parfaits ou imparfaits, chacun doté d’une personnalité bien particulière.

Curieux sujet, me direz-vous, pourtant le nez représente une partie intégrale de l’aspect physique et de la personnalité de chaque être humain. Au travers des siècles, il fait couler beaucoup d’encre dans le milieu littéraire et théâtral, mais reste un sujet largement inexploré dans le domaine artistique. Le nez le plus envié est certainement celui de Cléopâtre, qui aurait changé toute la face de la terre s’il eût été plus court selon Blaise Pascal, tandis que le nez le plus audacieux est certainement celui de Cyrano de Bergerac, sujet de toute une tirade rédigée par Edmond Rostand. Anne, quant à elle, s’intéresse aux nez de parfumeurs, aux nez légendaires, aux nez mythiques, ou encore aux nez de personnages imaginaires…

Pierre BERNARD BRM (1)

Anne Millot, Pierre Bernard

Felix LE BOURHIS BRM

Anne Millot, Félix Le Bourhis

D’où vient cette passion des plus étonnantes ? D’après Anne, c’est en sculptant des visages et des nez qu’elle s’est rendue compte que la forme qu’elle leur donnait était capable de déterminer la personnalité de ses sculptures. En d’autres termes, le nez s’est imposé à elle comme un organe d’une importance non négligeable, mais bien souvent mal aimé et peu valorisé.

Le nez étant placé au beau milieu du visage, c’est lui que l’on voit en premier, mais pas que l’on regarde avec attention. En effet, pour entrer en communication avec autrui, les yeux et la bouche sont privilégiés. Pourtant, le nez est une marque déterminante de la personne avec qui l’on s’entretient. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui Anne ne sculpte que des nez, isolés de leur habitat naturel, le visage.

Pour créer ses sculptures, Anne part toujours de photographies de visages de face et de profil. Elle regarde attentivement le nez de ses modèles et cherche une caractéristique majeure. Lorsque celle-ci se manifeste, l’artiste se met au travail et choisit la terre : de la faïence pour les petits formats, de la terre chamottée ou du grès pour les grands formats, et parfois de la porcelaine. Ensuite commence le travail de modelage. Après quelques jours de séchage et une séance de ponçage, la sculpture est enfournée.

L’émaillage est l’étape qui permet aux sculptures d’être dotées d’une vraie personnalité. L’artiste aime faire correspondre les tons des émaux aux personnages dont elle s’est inspirée. Cette étape requiert beaucoup de concentration, de patience, mais également d’audace. En effet, le résultat n’est perceptible qu’au bout d’un deuxième cycle de cuisson.

Enfin arrive l’étape de la mise-en-scène, par la conception et la fabrication d’encadrements en bois ou en métal, ainsi que les finitions ultimes. La création de chaque nez prend toujours trois semaines au minimum !

En plus de présenter ses œuvres dans le cadre de nombreuses expositions, de galeries, et de festivals, les créations contemporaines d’Anne ont été exposées dans des domaines viticoles et chez des parfumeurs. Celles-ci ne cessent d’intéresser et de surprendre de plus en plus d’artistes, d’artisans, d’amateurs, et de collectionneurs. Vous pourrez les retrouver lors de la neuvième édition du Festival Céramique du Village Mouffetard, rue des Bazeilles et rue Censier, dans le 5ème arrondissement de Paris, le 4 et 5 Juin prochain… alors n’hésitez pas à y pointer le bout de votre nez !

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Anne Millot, Spanish Hunk (inspiré de Javier Bardem)


Plus d’informations :

Anne Millot

Festival Céramique des 4 et 5 juin 2016

JOSY ou rewatch de l’ange gardien

S04EP01 – Une famille pour Noël – 1999

Mise en bouche

Quoi de plus normal que de prendre le train Tours-Austerlitz pour Noël ? Notre Joséphine est sur le point d’entamer une nouvelle mission. Les premières scènes donnent le ton : cet épisode « vieux de la vieille » (notez : il est bien de 1999 et mérite par conséquent son statut d’authentique) démarre sur les chapeaux de roue et surtout par la filature d’une famille précédemment rencontrée sur un quai de la gare. Ce premier émerveillement est à mettre en parallèle avec une passion personnelle pour Sophie Calle : Josy y frôle l’underground et se pare de mystère. Qui est le véritable client de l’ange ? Voici le pitch fourni par notre cher Wikipédia : « Joséphine vient en aide à Sandrine, une adolescente qui vient passer noël avec son petit frère Julien chez son père Martin. Seulement, Martin vit avec un homme. » Seulement, voilà, le taxi driver se révèle être homophobe et manque de renverser Thierry, le compagnon de Martin, au moment de l’arrivée de Joséphine. À elle de remarquer que « si je lui ai sauvé la vie à lui c’est qu’il doit être important dans l’histoire », ce qui fait absolument passer cet épisode du statut d’authentique certain à celui d’authentique méta.

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Tarte Saley de l’étey

B.F.M. is. Back ! Comment vous laisser tomber alors que pour une fois il fait beau en été ?! Ce serait un sacrilège.
Mais bon, comme vous devez tous avoir beaucoup plus accès aux ustensiles permettant de chauffer la nourriture (comme, au hasard, un micro onde…), je change un peu la recette (c’est le cas de le dire) pour vous proposer des plats faits maison qui changent de la tomate-mozza-basilic (même s’il n’y a que ça de vrai).
Et comme je n’ai aucune limite d’impression, je vais enfin pouvoir m’adonner à une non-passion : le foodporn.
Cher tout le monde : la recette.

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twist it like a diamond

Cette bien étrange histoire du loom

Oubliez ce que vous êtes en train de faire. Exit plage, sable, marrons, replongez un an plus tôt. En un petit twist mental, nous voilà de retour en 2014. Rien n’a changé, ou presque : le monde a eu le temps de vieillir un peu, et l’air de rien, de se débarrasser d’une épidémie caoutchouteuse.

On se le donne en mille, il se fait oublier mais tout le monde l’a reconnu : le Rainbow Loom® était alors le seul maître de la mode, ayatollah des accessoires de cuisine homemade et Anna Wintour de la bijouterie cheap. Venu (comme d’habitude) d’outre-atlantique, ou plutôt d’outre-toutcourt, puisque ces choses là viennent toujours d’ailleurs. Seulement (comme d’habitude), le vieux continent est à la traîne, mais, attendez, voilà l’histoire.

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Un été au musée Guimet

Pour supporter une peine d’un mois (d’ennui) ferme, il faut trouver des parades. Au cœur du musée Guimet, le calme le disputant à l’ambiance méditative, ces journées interminables sont propices à la concentration. Vous trouverez dans cette rubrique le croquis d’une œuvre ou d’une section de votre grenier à porcelaines préféré.

musée Guimet dessin


Buddha Mahakasyapa musée Guimet

Quand un Picasso semble s’être égaré au musée Guimet.

Tête du grand disciple du  Buddha Mahākāśyapa. Fragment de relief mural. Chine septentrionale. Grottes de Longmen. Grotte de la Fleur de lotus (Lianhuadong). Dynastie des Wei du Nord (368-534). Pierre. AA 268. Premier étage.


lokapala dynastie Tang musée Guimet dessin

Ces guerriers. Ces pantins.

Roi céleste (lokapāla).

Chine. Dunhuang. Grotte Mogao. Bois polychrome et traces de dorure. Dynastie Tang (618-907). VIIème-VIIIème siècle. MG 15143. Premier étage.

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