L’aparté scientifique : la pomme

Pour cette reprise de la rubrique de l’aparté scientifique, quoi de mieux que de suivre le thème sucré, en l’associant à un peu de biologie grâce aux pommes. Fruit suprême de mon alimentation, j’en consomme à toutes les sauces ayant été matrixée par le proverbe “an apple a day keeps the doctor away”. 

Mais ce dicton fut démenti par l’étude faite sur un échantillon de 8728 individus et publiée en 2015 dans la revue médicale JAMA, qui stipule (et je cite en traduisant directement) ”qu’il n’y a pas de preuves démontrant que la consommation d’une pomme par jour a un lien direct avec le fait de ne pas consulter un médecin, mais que les adultes états-uniens mangeant une pomme par jour ont tendance à moins utiliser de substances médicamenteuses ». Mais heureusement, je suis là pour redorer l’image de ce fruit (j’espère le faire rougir au passage), car bien qu’il ne nous empêche pas d’aller chez un médecin, il conserve des bienfaits indéniables, dont… la réduction des crises cardiaques ! En vérité il s’agit de l’ensemble des fruits et légumes à chair blanche, mais la pomme est incluse dedans donc je me permets des raccourcis, et en profite pour en faire un article.

D’abord, un peu d’histoire. C’est une espèce qui existe depuis plus de cinquante millions d’années, dans la région du Kazakhstan, mais elle se diffuse peu à peu, jusqu’à arriver en Europe où elle finit par être cultivée au Néolithique. Plusieurs écrivains de l’Antiquité en parlent, dont Caton et Pline l’Ancien.

Disons le clairement, la pomme part plutôt mal dans la vie : pomme de la discorde pour les Grecs, associée au fruit de la connaissance du bien et du mal chez les chrétiens, elle finit même par porter sa réputation dans le nom scientifique de l’espèce, Malus. Mais loin de se laisser abattre, elle fait fi de sa forme en sphère et peut être vue comme une référence érotique. Les poètes antiques en tirent grandement parti… Et oui, comment Dionysos aurait-il pécho Aphrodite sans pomme ? 

Maintenant, ça se complique: la pomme n’est pas un vrai fruit. Non non, c’est un “faux-fruit”, c’est-à-dire qu’il est constitué d’autres organes que l’ovaire. C’est une différence qui se développe au moment où l’ovaire est fécondée et qu’elle se transforme peu à peu en graine : un faux-fruit intègre d’autres parties de la fleur que l’ovaire, comme le pédoncule, alors que le vrai fruit ne se forme qu’à partir de l’ovaire.

Venons-en aux bienfaits des pommes : en plus d’être succulente, la pomme est riche en vitamine C, ce qui fait qu’elle joue sur le métabolisme du fer (adieu l’anémie), mais c’est aussi une vitamine utilisée pour la synthèse de collagène (adieu les rides), et qui contribue au bon fonctionnement du système immunitaire (on ne dit pas adieu au rhume, il est juste moins chiant). En plus de cela, associée à de la pectine et d’autres agents anti-oxydants que la pomme contient, la vitamine C réduit la croissance des cellules cancéreuses du foie et du côlon, selon une étude de l’université Cornell. 

Alors certes, ça n’est pas un médicament et certaines études restent à confirmer, mais ça vaut le coup de rajouter une pomme à son petit déjeuner! (mais évitez quand même de faire un smoothie de pépins de pomme, c’est du cyanure).

Sources

  • Davis MA, Bynum JPW, Sirovich BE. Association Between Apple Consumption and Physician Visits: Appealing the Conventional Wisdom That an Apple a Day Keeps the Doctor Away. JAMA Intern Med. 2015;175(5):777–783. doi:10.1001/jamainternmed.2014.5466
  • Linda M. Oude Griep, W. M. Monique Verschuren, Daan Kromhout, Marga C. Ocké, Johanna M. Geleijnse. Colors of Fruit and Vegetables and 10-Year Incidence of Stroke. Stroke, 2011; DOI: 10.1161/STROKEAHA.110.611152
  • Fruit and it’s types (biologydiscussion.com)
  • La page Wikipedia sur la pomme, j’assume.

Jo

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