Mais quelle odeur avait Paris au XVIIIe siècle ?

On se le demande bien ! L’idée générale a toujours été de dire que Paris n’a jamais été autant polluée qu’aujourd’hui. Mais passons ces idées reçues bien trop simples pour atteindre les intellectuels que nous sommes. Il est bien évident que le XVIIIe siècle n’était pas une époque où il faisait bon vivre à Paris. La lecture du très précieux Tableau de Paris par Louis-Sébastien Mercier, publié en 1781, ou du moins de son chapitre intitulé « L’air vicié », et celui sur « Les latrines publiques », nous apporte un grand nombre d’informations. En effet cet ouvrage, au caractère documentaire essentiel pour les historiens du XVIIIe siècle nous décrit avec maints détails la ville de Paris. On apprend ainsi que l’air de la ville de Paris était extrêmement pollué, étouffant et rempli de relents d’excréments. Même en sortant de la ville, les odeurs de « gadoue et immondices » couvraient la campagne jusqu’à « une demie-lieue de la Capitale ». Les églises étaient également touchées, on peut donc lire que les fidèles évitaient ces bâtiments car « l’odeur cadavéreuse se fait sentir dans presque toutes les églises » et les arrêtés, décrets ou autres tentatives n’y faisaient rien, les morts étaient enterrés dans la ville et l’odeur y restait. Nombreux étaient donc les problèmes de notre chère cité. Mais l’un d’entre eux primait sur les autres, vous avez bien compris, on parle de celui des emmerdants quoique  nécessaires excréments. Les latrines publiques étaient très rares, on pourrait plutôt dire que la ville toute entière faisait office de latrines publiques. Les Tuileries par exemple (que l’on connaît plutôt bien), étaient un lieu particulièrement bien agencé, où (attention ancien français à venir) « Tous les chieurs se rangeoient sous une haie d’ifs, & là ils soulageoient leurs besoins. » et donc « les terrasses des Tuileries étoient inabordables par l’infection qui s’en exhaloit. ».

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Le Salon d’automne, 113 ans d’histoire et quatre points clés

Dans quelques jours s’ouvre l’édition 2016 du Salon d’automne, sur les Champs-Élysées. L’occasion de découvrir un des trois salons historiques toujours en activité, à l’esthétique contemporaine assumée. En voici quatre points clés :

• 1903, quand tout a commencé

En 1903, c’est un peu « l’avant-garde avant les avant-gardes » qui se réunit pour créer le Salon d’automne. Frantz Jourdain et Hector Guimard (architectes), George Desvallières, Édouard Vuillard et Félix Vallotton (peintres) et Eugène Carrière (sculpteur) donnent le ton : ce salon sera celui de la « fraternité des arts ». La suite de l’histoire, tout le monde se doit de la connaître… (spoiler : Matisse, Derain et leurs compères font scandale dans la salle 7 à cause de leurs peintures disposées autour de sculptures néo-florentines, menant à une « orgie de couleurs » dans « la cage aux fauves »)

Pour un résumé plus complet de l’histoire du Salon, nous vous invitons à lire un article publié par Valentine Chartrin dans notre numéro Criminalité(s) (septembre 2015).

• démocratiser l’accès à l’art le plus contemporain

La promotion de l’art contemporain, ou « l’art du maintenant, tout de suite » est évidemment LA raison d’être du Salon d’automne. Dès ses débuts en 1903, le choix de l’automne — c’est-à-dire une exposition courant novembre — est l’occasion pour les peintres de présenter les productions les plus  actuelles réalisées durant l’été. Depuis, près de 800 artistes sont présentés chaque année, dans des styles qui s’étendent dans des médiums aussi différents que la peinture (figurative ou abstraite), la photographie, la sculpture ou « l’art digital » qui exploite les possibilités offertes par les outils numériques. En plus, l’accès au salon est gratuit.

• un couloir sans discorde

Grand Palais, porte C. Ici se trouvent les bureaux du Salon d’automne… tout comme ceux du Salon des artistes français et du Salon des artistes indépendants. Pour quelqu’un venant de l’École du Louvre (ou ayant un intérêt prononcé pour les débauches et querelles des salons historiques en compétition à la fin du XIXsiècle), la situation prête à sourire. En fait, le calme règne lorsque vous traversez le couloir filant droit vers le bureau automnal. Mieux : venez-y faire un stage, et vous aurez le privilège de déjeuner en compagnie des différents employés des salons, tous très sympathiques…

Astuce « s’il n’en restait qu’une, je serai celle-là » : Le bureau du Salon d’automne possède un modeste (enfin, en occultant le fait que nous soyons inside zeu Grand Palais) mais magnifique balcon donnant sur le Jardin de la Nouvelle-France. Si c’est pas beau.

• un esprit familial

Depuis sa création, le Salon d’automne est géré par des artistes sociétaires qui en assurent le jury, la promotion et la publication d’un catalogue. Ce travail bénévole est complété par un bureau où deux employés s’occupent des inscriptions, du catalogue, du fonctionnement administratif du salon… (et c’est ainsi qu’il y a des possibilités de stage à la clé !)

Finalement, le Salon d’automne est une association où tout le monde se connaît si bien qu’il est impossible de ne pas s’y sentir un peu chez soi. Échanger avec des artistes venus déposer quelque dossier — devrait-on plutôt dire partager quelques mots — est une expérience de stagiaire si intéressante qu’on en oublierait presque pourquoi les conversations se dirigent, au gré des rencontres, entre danses traditionnelles du Cambodge et psychanalyse freudienne…


Salon d’automne 2016salon-automne-2016-affiche
du 13 au 16 octobre sur les Champs-Élysées

Musée urbain en vitrine

 

 

 

 

Je vais pas vous parler de musée… Enfin, presque. Disons que, étant à la fois étudiante en  histoire  de  l’art  et  usagère  de  la  ligne  75  des  bus  parisiens,  je  n’ai  pas  pu  éviter  de remarquer les nouvelles boutiques de prêt-à-porter masculin de luxe ouvertes rue des Archives. Ces  magasins  sont  comme  la plupart des  magasins de  luxe, dans un  style géométrique  et rutilant, avec force miroirs « pour faire dialoguer les espaces ». Dans la vitrine de la marque Fendi, mes yeux se sont arrêtés sur une paire de chaussures qui semblait flotter dans l’air. Au deuxième coup d’œil, je m’aperçois que les chaussures sont en fait maintenues à l’aide d’un « T » de métal fin. Et dans mon jargon quotidien, celui des musées, on appelle ça un socle. Pourquoi mettre une paire de chaussures sur un socle, et non pas simplement sur sa boîte à chaussures comme chez Éram ou bien dans des casiers le long d’un mur comme chez H&M ? C’est ce que je m’en vais vous expliquer.

 

Complicité 

         Premièrement n’oublions pas que c’est le marché de l’art qui alimente le musée en objets. L’institution repose donc aussi sur les flux d’œuvres disponibles à la vente et on ne peut nier le rôle prescripteur du marché dans les redécouvertes d’artistes qui seront les heureux élus mis en avant dans les expositions.

         Les liens entre musées et lieux de commerce ne sont pas si surprenants. Le musée est un lieu d’exhibition du pouvoir : la possession des objets et le luxe de ceux-ci, qu’il vienne de leurs  matières  précieuses  ou  de  leur  provenance  lointaine  montre  la  puissance  du collectionneur privé ou public. En visitant le musée du Louvre, le visiteur est submergé par le nombre des aires géographiques représentées dans les collections qui lui jette au visage la puissance militaire, économique et coloniale que la France a pu avoir ; et ce que la boutique de luxe vend, c’est aussi un objet qui pourra être un signe de pouvoir (d’achat, ici). On pourrait dire que  le  musée  et  la  boutique  sont  tous  deux  partie  prenante  d’une  même  recherche  : l’appropriation de l’objet. La boutique le met en vente, c’est une appropriation par la possession. Le musée, lui, propose quelque chose de plus symbolique, sur le mode du « voir, c’est avoir », le regard remplace le porte-monnaie : l’institution muséale permet l’appropriation par la mise en visibilité d’objets qui bien souvent seraient cachés sans lui.  Les  objets  archéologiques  en  sont  exemplaires,  puisqu’avant  d’être  dans  le  musée,  ils étaient enfouis dans le sol.

 

Ressemblance

         Mais  pourquoi  le  scénographe  de  la  boutique  Fendi  utilise-t-il  des  dispositifs  de présentation récurrents dans les musées ?

musée urbain vitrine fendi

Il me semble que l’effet recherché est celui de la métaphore. Mettre une paire de chaussures sur un socle, c’est convoquer dans la mémoire du potentiel acheteur (si tant est qu’il ait déjà mis les pieds dans un musée) tous les objets qu’il a pu voir sur des socles, et il est fort possible que ces objets aient été de précieux artefacts qui aient suscité en lui de l’admiration. Si un objet sur un socle est un objet qui mérite la légitime valeur que le musée lui confère, le produit exposé de la même façon dans la boutique doit la mériter aussi.

L’effet de la mise sur socle sur l’objet est le même dans les deux contextes : la visibilité de l’objet est augmentée et avec elle la surface de désir ; mais aussi l’objet est décontextualisé, c’est-à-dire qu’il est déplacé de son lieu de naissance et d’usage, montré pour lui-même sans qu’aucun indice de son utilisation ne puisse être perçu. Et c’est là que diffèrent les intentions du musée  et  de  la  boutique.  Dans  le  cadre  du  commerce  du  luxe,  la  décontextualisation  est recherchée car elle rend hors du commun l’objet, lui donne son statut de luxe (en tant que chose non nécessaire) et par là justifie le prix qui lui est donné. La chaussure citée plus haut n’est pas juste une chaussure : sur son socle, c’est un objet admirable pour lui-même comme une œuvre d’art dans un musée d’art moderne et contemporain, celui dont le sol est un parquet de bois clair et les murs d’un blanc immaculé et où la présence de texte ne vient pas perturber la vision des chefs-d’œuvre. Les  musées  (de  sciences  et  anthropologie  surtout,  et  d’art  ancien  un  peu)  ont  au contraire un but pédagogique, c’est pourquoi ils se lancent dans une course impossible : ils recherchent désespérément à recréer, à faire sentir au visiteur le contexte de l’objet, son usage, pourtant perdu aux portes de la vénérable institution. Il y a donc une tension au sein de ces musées concernant la présentation des objets, entre visibilité et contextualisation.

         Les modes de présentation des objets sont donc signifiants, celui qui regarde perçoit consciemment ou non le « message » envoyé par de tels dispositifs. Ces techniques, bien que développées en grande partie dans le cadre des musées ont une utilisation en dehors des murs de ces derniers parfois à des fins qui diffèrent de celles pour lesquelles elles ont été créées. Il n’est donc pas nécessaire d’être dans un musée (et de payer cher le droit d’entrée !) pour être confronté aux méthodes de ce dernier. Peut-être est-ce une déformation de la réalité due à mon habitus, mais croyez-moi et tremblez : l’ombre du musée plane partout sur la ville !

Quel film pour quelle matière ?

Puisqu’en septembre, il n’y a pas (encore) beaucoup de cours, voici une liste non-exhaustive de quelques films très sérieux pour préparer votre année ; préparez vos mirettes, vous allez en prendre plein les yeux.

1ère année

films spécialités ecole du louvre bloc 1

Bloc 1

• Archéologie égyptienne : Mission Cléôpatre
« pas de palais, pas de palais »
• Art de l’Inde : Mohenjo Daro
Les films historico-romantiques aux costumes merveilleux : on ADOREUH.
• Archéologie nationale de la préhistoire à l’époque mérovingienne : RRRrrr !!!
« Il va faire tout noir »
• Archéologie orientale : Prince of Persia
Les jeux vidéos sont mieux, mais bon c’est une liste de films alors…


films spécialités ecole du louvre bloc 2

Bloc 2

• Archéologie grecque : L’attaque de la Moussaka Géante
Parce que la moussaka ressemble un peu aux cheveux de L. Laugier.
• Archéologie romaine : Gladiateur
Parce que ça va te manquer les mecs qui se battent à poil dans la poussière. Malheureusement l’équipe de rugby de l’EDL joue habillée…
• Archéologie étrusque : Crime au Cimetière Etrusque
Parce que de toute façon toutes les tombes étrusques sont un peu un crime.
• Archéologie chrétienne : Le Prince d’Egypte
OK ça se passe en Egypte, et OK se sont des hébreux, mais il n’y avait rien d’autre, et puis c’est une scène vétérotestamentaire…
• Arts de la Chine (et du Japon) : Mulan
Pour Mushu, et les Zenmu Shou.

2ème année

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Bloc 1

• Art du Moyen Âge : Merlin l’enchanteur
Parce que c’est un peu le Dumbledore de l’époque…
• Art de la Renaissance : Les Borgia
Sexe, alcool et religion, les trois crédo de l’EDL… Non j’déconne, on n’a pas le temps.


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Bloc 2

• Arts de l’Inde : Indiana Jones et le Temple Maudit
On regrette tous l’absence de spé Indiana Jones…
• Arts de l’Islam : Aladdin
« Je vais t’offrir un monde aux 1001 merveilles » … Pléiades.com


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Bloc 3

• Arts précolombiens : Kuzco
Malheureusement on n’apprend pas la recette des gougères aux épinards en cours…
• Arts de la Chine et du Japon : Princesse Mononoké
Parce qu’un chargé de TD un peu trop canon nous l’a conseillé.
• Art de Byzance : Théodora, Impératrice de Byzance
« Si elle avait eu plus de trous elle aurait su comment les combler… »

3ème année

films spécialités ecole du louvre 17 18

Bloc 1

• Art des Temps modernes (XVIIe) : Cyrano de Bergerac
L’une des rédactrice nie toute ressemblance entre son nez et celui du protagoniste principal.
• Art des Temps modernes (XVIIIe) : Marie-Antoinette
Sofia Coppola Fever.


films spécialités ecole du louvre 19 20

Bloc 2

• Art du XIXsiècle : Abraham Lincoln, Chasseur de Vampire
Parce qu’en plus d’interdire la vente d’esclave, il a failli nous éviter Twilight.
• Art du XXsiècle : Le Chien Andalou
C’est Dalì, ça se passe de commentaires.


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Bloc 3

• Art populaire français : Germinal
Le seul moment où on étudie les pauvres à l’EDL.
• Arts d’Afrique : Kirikou
Il n’est pas grand, mais il est vaillant.
• Arts d’Océanie : Lilo et Stitch
C’est en Amérique, mais bon quitte à être paumé dans l’océan avec des fleurs…

Autres

films spécialités ecole du louvre

• Iconographie : Hercule
Parce que des petites figures noires qui chantent, c’est quand même plus marrant que le vrai cours…
• Travaux Dirigés devant les Oeuvres : La Nuit au Musée
Pour toutes les nocturnes que tu vas passer au Louvre.
• Histoire des Collections : Belphégor
Toujours moins chiant que le vrai cours…
• Techniques de création :
Les rédactrices se refusent à traiter le sujet.

Yvine Briolay & Elise Poirey, sur une idée originale d’Alexia le Bris.

#cahierdevacances : top 5 des lieux culturels incontournables à Lisbonne

Une semaine à Lisbonne n’est pas de trop (loin s’en faut !) pour apprécier l’importante offre culturelle proposée par la ville : entre lieux inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, musées nationaux ou fondations de collectionneurs avisés, le choix en ferait tourner en bourrique n’importe quel muséophile averti.

N. B. : Ce top des musées de Lisbonne aurait tout aussi bien pu s’intituler « comment trouver la force de vivre par 40°C à l’ombre ». Je dois aussi vous confier que la carte de l’École du Louvre ne nous donne droit à aucune gratuité dans les musées payants, ce qui est bien triste.

5. Le Museo nacional de arte antiga

3€ (tarif étudiant), gratuité ICOM et premier dimanche du mois • museudearteantiga.pt

Le musée national portugais pour ce qui est des peintures et sculptures européennes allant du Moyen Âge au XIXsiècle, aux côtés de collections d’arts asiatiques et de céramiques portugaises. La collection de peintures reste modeste mais est magnifiée dans ce musée somme toute charmant : les salles en enfilade se succèdent dans un parcours ni trop court (ce qui est hélas bien trop souvent le cas, cf. n°4), ni trop long. On passera volontiers les imposants services de céramique de la Renaissance portugaise et les lustres métalliques islamiques pour s’attarder sur les paravents japonais et les objets précieux rapportés par les missionnaires jésuites.

Pourquoi c’est mieux à Lisbonne : le jardin-cafétéria avec vue sur le Tage et le pont du 25-avril est à considérer absolument comme une étape de la visite.

museo nacional arte antiga lisbonne jardin

4. Le Convento do carmo ou Museu arqueológico do carmo

2,50€ (tarif étudiant) • museuarqueologicodocarmo.pt

Au sein des ruines du couvent des carmes de Lisbonne se trouve un petit musée archéologique. Clairement, il ne faut y aller que pour le lieu : le musée ne prend place que dans les quatre petites chapelles de l’ancienne église avec des collections tout juste acceptables pour définir le musée comme « archéologique ». Dans cette nef à ciel ouvert (l’édifice ayant été détruit suite au grand tremblement de terre de 1755 qui a secoué la ville pendant neuf minutes), l’expérience est totale. Les quelques croisées d’ogives remontées ou subsistantes fendent le ciel et font prendre réellement conscience de la maîtrise de cette architecture gothique.

Pourquoi c’est mieux à Lisbonne : pour être honnête, il s’agit de quelque chose à faire comme de prendre un des plus beaux détours de France. Pour le reste, il y a Jumièges.

couvent carmes lisbonne reuines musee archeologique

3. Le Palácio e Quinta da Regaleira

4€ (tarif étudiant) • regaleira.pt

Le site le plus touristique de ce top. Situé à Sintra, il vous faudra prendre un train depuis la gare de Rossio : le périple ne réside pas dans le trajet mais bien dans la foule de touristes – que nous sommes – qui se masse à la gare pour acheter des tickets. Une fois arrivés à Sintra, le choix est on ne peut plus conséquent : palais national classé Unesco, forteresse Maure… Ce qui nous intéresse dans le palais-jardin de la Regaleira, c’est sa folie. Le domaine est aménagé et construit au début du XXe siècle par l’architecte Luigi Manini pour un millionaire, dans un style éclectique qui mélange style gothique, renaissant ou manuélin. Un « palais » principal (la résidence du millionnaire) se visite entièrement, entouré d’un immense jardin-attraction, où les points de vue imitant ziggourat ou temple antiques sont reliés à des souterrains qui s’entrecoupent les uns les autres.

Pourquoi c’est mieux dans la région de Lisbonne : Par une chaude journée d’été, l’omniprésence de chutes d’eau et de fontaines à l’ombre des différentes essences d’arbres plus ou moins exotiques est très agréable. Par contre, le grand espace ne vous fera pas oublier la foule, qui donne immanquablement l’impression de se trouver dans une sorte de Disneyland meringué.

palais quinta da regaleira sintra belvedere

2. Le Centro cultural de Belém

GRATUIT !!!!! • ccb.pt

Pour les deux dernières adresses, il faudra encore sortir du centre de Lisbonne pour se rendre à Belém depuis la gare de Cais do Sodré, et faire face à la même affluence. Contrairement aux monuments Unesco de la ville (il paraîtrait que le couvent des hiéronymites me soit resté en travers de la gorge), le centre culturel de Belém est gratuit pour tous. Le musée d’art moderne en son sein propose une très bonne collection retraçant l’art moderne (1900-1960) et l’art contemporain (1960-2016) sur deux niveaux. L’on pourrait penser qu’il s’agit du Centre Georges Pompidou à la sauce portugaise ; dans ce cas, la version portugaise est définitivement meilleure : gratuité, grand espace d’exposition, histoire de l’art contemporain retracée par mouvements et grands noms. Les rageuxxx diront certainement que la vision parisienne nous dévoile des figures plus méconnues, et ils auraient peut-être raison. Qu’à cela ne tienne, il s’agit de quelque chose à faire a-bso-lu-ment.

Pourquoi c’est mieux à Lisbonne : Parce que le bâtiment de Vittorio Gregotti et Manuel Salgado prend beaucoup trop bien la lumière du mois d’août.

centro cultural de belem lisbonne

1. Le maat ou Museu de Arte, Arquitetura e Tecnologia

2,50€ (tarif étudiant) • maat.pt

La star of the stars. Défini de manière bof bof dans le guide du Routard comme « le musée de l’électricité », son nom égyptisant ferait rêver n’importe quel élève de l’École du Louvre. Dans une ancienne centrale électrique en brique du début du XXe siècle, la fondation EDP (comme dans électricité du Portugal, on s’en doutera) propose des expositions temporaires de qualité. J’y ai retrouvé Lightopia, propos sur le design électrique qui était déjà passée par la fondation EDF (Que la lumière soit !) en 2014 ; découvert un festival de vidéo au sein de la salle des machines de la centrale, 100% bien huilée. La centrale apporte bien entendu une somme non négligeable de plaisir à la visite, complétée par de petites expériences jouables rondement menées qui semblent surgies, au choix, du Palais de la Découverte ou d’un épisode de C’est pas sorcier !. En plus, c’est peu fréquenté.

Pourquoi c’est mieux à Lisbonne : Parce que le bâtiment, la vue sur le Tage et le pont du 25-avril.

maat belem lisbonne

Inclassable : La Fundação Calouste Gulbenkian

5€ (tarif étudiant) • gulbenkian.pt

Tellement mieux que la Fondation Louis Vuitton. Excentrée mais vraiment chouette, aux collections de grande qualité. Mes éloges sont nombreuses concernant le bâtiment, intérieur-extérieur, et autant pour le jardin habité par des canards et autres tortues. Bref, c’est un sans fautes. Par contre, la collection moderne-contemporaine peine à envoyer autant d’étoiles dans les yeux.

Pourquoi c’est mieux à Lisbonne : Parce que c’est à Lisbonne.

fondation calouste gulbenkian lisbonne jardin

Le burkini, ou comment les gens n’ont plus la liberté de s’habiller comme ils le souhaitent

Au cœur de plusieurs polémiques cet été, le burkini rencontre de nombreux détracteurs. D’abord par l’annulation de la « journée burkini » au Speedwater Park, à proximité de Marseille, puis par des arrêtés municipaux successifs à Cannes et Sisco (Corse) interdisant le port de vêtements religieux sur la plage. Ceux-ci ont toujours les mêmes arguments que pour le niqab, le voile, la burka : la liberté de la femme, la laïcité. Pourtant, on peut remarquer de nouveaux arguments pointer le bout de leur nez : l’hygiène et le trouble de l’ordre public.

Inventé en 2004 par Aheda Zanetti, une Australienne, cette tenue a pour but premier d’être confortable et pratique pour les femmes sportives et pudiques, tout comme le hijood (contraction de hijad et hood), dont elle a aussi déposé le brevet. Elle invente le mot burkini pour décrire sa tenue « Je me suis dit : notre tenue de bain est plus légère qu’une burqa et elle a deux pièces comme un bikini, alors je l’ai appelée burkini. C’est juste un mot que j’ai inventé pour nommer mon produit ». Très vite le burkini connait un grand succès. Selon Aheda Zanetti, « plus de 500 000 tenues » ont été écoulées en une douzaine d’années. En effet, la mode islamique connait un grand succès, si bien que des marques, qui ne sont pas spécialisées dans cela à la base, ont commencé à commercialiser des tenues, comme Marks & Spencer qui a sorti un burkini.

Théoriquement le burkini n’est en aucun cas contraire à la loi. En effet, il laisse le visage découvert, et ne s’oppose donc pas à la loi de 2010 qui prohibe la dissimulation du visage dans l’espace public. Il est donc, techniquement, interdit de l’interdire. Pourtant, le tribunal administratif de Nice a donné raison au maire de Cannes et a rejeté le recours du Collectif contre l’islamophobie en France et de trois particuliers. Finalement, cette polémique est révélatrice du climat de peur qui pèse sur la France après les attentats.

Non, interdire le burkini n’est pas une garantie de laïcité. Celle-ci étant l’acceptation et la libre pratique de toutes les religions, mais surtout « l’impartialité ou la neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses ». Ne pas respecter les principes d’une religion en ne permettant pas à ses fidèles de la pratiquer correctement est donc l’opposé même de la laïcité.

Non, interdire le burkini n’est pas une garantie d’hygiène : est-ce vraiment la peine d’expliquer pourquoi ?

Non, interdire le burkini n’est pas une garantie de non-troubles à l’ordre public. C’est juste révélateur d’amalgames : les musulmans ne sont pas Daech. Et Daech n’est pas la religion musulmane. De plus, le burkini ne respecte même pas les principes de Daech car il ne couvre pas le visage. Alors quand le maire de Cannes explique qu’il s’agit de « tenues ostentatoires qui font référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre », il se met le doigt dans l’œil.

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« Bon alors, les points… » ou la phrase que vous n’entendrez plus chaque lundi

Aujourd’hui, lundi 11 juillet, est un bien triste jour. Notre black monday à nous. C’est le premier lundi sans Tutotal depuis l’annonce, il y a une semaine tout pile, de l’arrêt du programme. Le 4 juillet dernier, la Rédaction était en deuil, notre programme préféré – que dis-je, notre inspiration constante ! – a rendu son dernier souffle. Pour lui rendre hommage, nous repartageons avec vous l’article que nous avions écrit dans notre Numéro 31
C’est la larme à l’oeil que nous disons ciao aux deux bobos Géraldine de Margerie et Maxime Donzel… et un grand Merci. – 1000 car un lundi sans Tutotal, j’peux pas… j’peux juste pas.

Tutotal "Bon alors, les points..."

Illustration : Herminie Astay

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Quand Anne Millot montre le bout de son nez…

Découverte tout récemment par notre lecteur Louis Denizet lors d’un festival d’art, la sculptrice Anne Millot et sa production de charmants nez en céramique se dévoilent dans cet article-coup de cœur bien curieux.

Si vous ne la connaissez pas encore, il est temps de découvrir Anne Millot, céramiste française dont la production artistique se concentre sur la création de nez. En effet, tout comme l’artiste américaine Margaret Keane et son obsession pour les yeux surdimensionnés, Anne ne produit que des nez, réalistes ou surréalistes, parfaits ou imparfaits, chacun doté d’une personnalité bien particulière.

Curieux sujet, me direz-vous, pourtant le nez représente une partie intégrale de l’aspect physique et de la personnalité de chaque être humain. Au travers des siècles, il fait couler beaucoup d’encre dans le milieu littéraire et théâtral, mais reste un sujet largement inexploré dans le domaine artistique. Le nez le plus envié est certainement celui de Cléopâtre, qui aurait changé toute la face de la terre s’il eût été plus court selon Blaise Pascal, tandis que le nez le plus audacieux est certainement celui de Cyrano de Bergerac, sujet de toute une tirade rédigée par Edmond Rostand. Anne, quant à elle, s’intéresse aux nez de parfumeurs, aux nez légendaires, aux nez mythiques, ou encore aux nez de personnages imaginaires…

Pierre BERNARD BRM (1)

Anne Millot, Pierre Bernard

Felix LE BOURHIS BRM

Anne Millot, Félix Le Bourhis

D’où vient cette passion des plus étonnantes ? D’après Anne, c’est en sculptant des visages et des nez qu’elle s’est rendue compte que la forme qu’elle leur donnait était capable de déterminer la personnalité de ses sculptures. En d’autres termes, le nez s’est imposé à elle comme un organe d’une importance non négligeable, mais bien souvent mal aimé et peu valorisé.

Le nez étant placé au beau milieu du visage, c’est lui que l’on voit en premier, mais pas que l’on regarde avec attention. En effet, pour entrer en communication avec autrui, les yeux et la bouche sont privilégiés. Pourtant, le nez est une marque déterminante de la personne avec qui l’on s’entretient. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui Anne ne sculpte que des nez, isolés de leur habitat naturel, le visage.

Pour créer ses sculptures, Anne part toujours de photographies de visages de face et de profil. Elle regarde attentivement le nez de ses modèles et cherche une caractéristique majeure. Lorsque celle-ci se manifeste, l’artiste se met au travail et choisit la terre : de la faïence pour les petits formats, de la terre chamottée ou du grès pour les grands formats, et parfois de la porcelaine. Ensuite commence le travail de modelage. Après quelques jours de séchage et une séance de ponçage, la sculpture est enfournée.

L’émaillage est l’étape qui permet aux sculptures d’être dotées d’une vraie personnalité. L’artiste aime faire correspondre les tons des émaux aux personnages dont elle s’est inspirée. Cette étape requiert beaucoup de concentration, de patience, mais également d’audace. En effet, le résultat n’est perceptible qu’au bout d’un deuxième cycle de cuisson.

Enfin arrive l’étape de la mise-en-scène, par la conception et la fabrication d’encadrements en bois ou en métal, ainsi que les finitions ultimes. La création de chaque nez prend toujours trois semaines au minimum !

En plus de présenter ses œuvres dans le cadre de nombreuses expositions, de galeries, et de festivals, les créations contemporaines d’Anne ont été exposées dans des domaines viticoles et chez des parfumeurs. Celles-ci ne cessent d’intéresser et de surprendre de plus en plus d’artistes, d’artisans, d’amateurs, et de collectionneurs. Vous pourrez les retrouver lors de la neuvième édition du Festival Céramique du Village Mouffetard, rue des Bazeilles et rue Censier, dans le 5ème arrondissement de Paris, le 4 et 5 Juin prochain… alors n’hésitez pas à y pointer le bout de votre nez !

Anne Millot Spanish Hunk inspire de Javier Bardem M 72 dpi (1)

Anne Millot, Spanish Hunk (inspiré de Javier Bardem)


Plus d’informations :

Anne Millot

Festival Céramique des 4 et 5 juin 2016

JOSY ou rewatch de l’ange gardien

S04EP01 – Une famille pour Noël – 1999

Mise en bouche

Quoi de plus normal que de prendre le train Tours-Austerlitz pour Noël ? Notre Joséphine est sur le point d’entamer une nouvelle mission. Les premières scènes donnent le ton : cet épisode « vieux de la vieille » (notez : il est bien de 1999 et mérite par conséquent son statut d’authentique) démarre sur les chapeaux de roue et surtout par la filature d’une famille précédemment rencontrée sur un quai de la gare. Ce premier émerveillement est à mettre en parallèle avec une passion personnelle pour Sophie Calle : Josy y frôle l’underground et se pare de mystère. Qui est le véritable client de l’ange ? Voici le pitch fourni par notre cher Wikipédia : « Joséphine vient en aide à Sandrine, une adolescente qui vient passer noël avec son petit frère Julien chez son père Martin. Seulement, Martin vit avec un homme. » Seulement, voilà, le taxi driver se révèle être homophobe et manque de renverser Thierry, le compagnon de Martin, au moment de l’arrivée de Joséphine. À elle de remarquer que « si je lui ai sauvé la vie à lui c’est qu’il doit être important dans l’histoire », ce qui fait absolument passer cet épisode du statut d’authentique certain à celui d’authentique méta.

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Les questions récurrentes qu’entendent les tatoués

Yvine - questions aux tatoués - tatouage

  • Est-ce que ça fait mal ?
    Essaye de te faire un millier de trous d’aiguille dans le bras, et après on verra « si ça fait mal ». Plus sérieusement, ça dépend de l’endroit, de la sensibilité de chacun, de stress, du tatoueur, etc. Par exemple, l’une des rédactrices de cet article à insulté la maman du tatoueur.
  • Mais t’as eu peur ?
    Si ça fait peur, mais c’est du stress positif. Un rush d’adrénaline. Sauf que t’as pas peur de mourir, contrairement au Space Moutain.
  • Comment tu vas faire quand tu voudras te trouver un travail ?
    Tant pis pour mon employeur, je mettrai des cols roulés !
  • Et quand tu seras vieux et fripé ?
    Je serais la plus badass des grands-mères, motherfucker.
  • T’as pas peur de les regretter ?
    Et ta mère elle te regrette ? Non, vraiment, pourquoi regretter quelque chose qui fait partie de moi ? On ne regrette pas sa personnalité, je ne regrette pas mes tatouages !
  • Et s’ils vieillissent mal ?
    Tout est une question d’entretien, tu peux aussi les faire retoucher. Mais après, un tatouage fait partie de toi, ils vieillissent avec ton corps, c’est l’évolution naturelle des choses. Se faire retoucher un tatouage pour qu’il reste éternellement jeune, au fond c’est un peu comme la chirurgie esthétique.
  • Qu’est ce que ça signifie pour toi ?
    Cette question est personnelle, mais aussi très intéressante. Un tatouage cache souvent une signification, et ça peut être le choix du porteur de ne pas en parler. Mais il faut aussi concevoir qu’un tatouage puisse être uniquement esthétique, comme un tableau ou une sculpture.

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