DON’T GO BREAKING MY EARTH !

Nous l’avons tous vue, que ce soit par les partages sur les réseaux sociaux ou par le mail de Claire Barbillon, cette tribune du 13 mars 2019 dans Libération « Climat : après nous, pas de déluge », par le Réseau étudiant pour un patrimoine bleu – Margot Rousset, Gabrielle Carron et Romane Gorce, qui incitait tous les élèves en histoire de l’art et archéologie à aller manifester pour le climat lors de la marche des étudiants qui s’est déroulée vendredi 15 mars.

Pourtant, ce que nous voyons sur les grands médias, tels que FranceInfo et Le Monde par exemple, ce sont des articles et des images des incendies et des violences qui se sont déroulés en marge des cortèges, particulièrement lors de la marche du samedi 16 mars, où l’action des Gilets Jaunes rejoignait celle de la lutte pour le climat. Lorsque les marches pour le climat sont évoquées, c’est pour nous faire part de la panoplie des pancartes toutes aussi percutantes et humoristiques les unes que les autres, dans un diaporama bon enfant, ou quelques chiffres en titre d’un article.

Loin de vouloir casser du sucre sur le dos de tout le monde, ce que je voudrais, dans cet article, c’est vous raconter un peu comment cela s’est passé. Tout d’abord, il y a eu la manifestation de vendredi, une marche spéciale pour les étudiants. Une grève générale internationale et, d’abord, scolaire initiée par Greta Thunberg, une jeune suédoise de 16 ans. On a beau critiquer les 2000, cette femme qui avait commencé à faire la grève scolaire aux mois d’août et septembre 2018 devant le parlement suédois pour remuer les élections législatives, est devenue, comme nous le savons, l’icône des jeunes engagés pour la sauvegarde de la planète souhaitant que les dirigeants prennent des actions concrètes et immédiates pour empêcher le réchauffement climatique. Parce que nous, étudiants, jeunesse mondiale, nous avons besoin que ceux qui sont en charge de notre avenir voient plus loin que le bout de leur nez, qu’ils prévoient au-delà de leur quinquennat et qu’on prenne, une bonne fois pour toutes, la vie au sérieux.

De cette façon, à Paris, les étudiants se sont rejoints à 13h au Panthéon, afin de marcher ensemble pour réveiller les consciences endormies par leur désir de profit. Afin de faire entendre que la planète n’est pas un emballage que l’on jette après usage et que, surtout, il n’y en n’a pas d’autre (non, vraiment, même si des milliers d’exoplanètes ont été trouvées, nous n’avons pas les moyens de les atteindre avec notre technologie actuelle et il est très peu probable qu’on y arrive un jour, tout simplement aussi parce qu’il faudrait plus d’une vie pour les rejoindre : donc pour nous c’est déjà cuit et non, on n’a pas encore réussi à réveiller quelqu’un d’une cryogénie), le cortège s’est déplacé de Panthéon à Montparnasse, pour enfin rejoindre les Invalides ; en prenant soin d’éviter le Palais du Luxembourg, siège du Sénat français.

En exclusivité, le ressenti de Déborah Philippe, membre du Louvr’Boîte qui a participé à la marche des étudiants le vendredi 15 :

L.T. : “Qu’est-ce que ça fait de participer à une marche d’étudiants ?”

D.P. : “On a l’impression d’appartenir à un groupe uni pour une cause importante… Même si ce n’est pas quelque chose dont on a l’habitude, je conseille fortement d’y participer au moins une fois. Ce sont les petites choses qui forment les grandes !”

L.T. : “Comment l’après-midi s’est-elle déroulée ?”

D.P. : “Tout a commencé au Panthéon avec des « Et 1, et 2, et 3 degrés, c’est un crime contre l’humanité ! » pendant trois quarts d’heure (oui, les étudiants de l’école étaient trèèès en retard), slogan qui va rythmer toute la marche avec une joyeuse fanfare de cuivres, en passant par Montparnasse avant de se terminer aux Invalides”.

L.T. : “As-tu eu l’impression que les élèves d’histoire de l’art et d’archéologie avaient leur place au sein de cette marche / ont-ils été particulièrement visibles ?”

D.P. : “Évidemment qu’ils ont leur place dans cette marche ! Tout le monde est concerné. Malheureusement il n’y avait qu’une poignée d’étudiants de l’EDL, environ une vingtaine… Très vite dispersée.”

L.T. : “Y a-t-il eu des discours à la fin de la manifestation ?”

D.P. : “Malheureusement, non.”

L.T. : “Quelle sera la prochaine action des étudiants pour le climat ?”

D.P. : “Chaque vendredi, on attend du monde !”

L.T. : “Quelle a été la pancarte/la punchline qui t’a le plus marquée ?”

D.P. : “Une pancarte assez triste sur Ariel, la petite sirène, étouffée par le plastique (âmes sensibles s’abstenir). Quant à la punchline, rien de mieux que le fameux « J’ai pas la thune pour aller vivre sur la lune ».

Concernant la marche de samedi : la tension planait au-dessus de nos têtes. Bien que la marche soit, somme toute, agréable et joyeuse, comme plusieurs de vos camarades du Louvr’Boîte l’ont ressenti, je ne cessais, personnellement, de me faire harceler de notifications FranceInfo sur les incendies des restaurants et boutiques de luxe. Toutefois, il était souvent écrit au dos des Gilets Jaunes « manifestation non violente » et nombreux étaient ceux qui brandissaient leurs écriteaux : « fin du monde, fin du mois, même combat ». Des intervenants des GJ comme on les surnomme, se sont présentés sur la scène, vers 17h sur la Place de la République, afin de rappeler que cette journée, encore une fois, était dédiée à la vie, qu’il s’agisse de la nôtre, de ceux dans le besoin, ou de ceux dont l’État pense encore trop souvent que leur vie ne compte pas, comme l’a rappelé avec émotion la sœur d’Adama Traoré (victime de violences policières en 2016, jugé comme un non-lieu).

Le cortège de ce samedi pour la Marche du Siècle s’est rassemblé entre 14h et 15h Place de l’Opéra et a tracé son chemin jusqu’à la Place de la République. Bien que de nombreuses branches se soient éparpillées dans les rues voisines, c’est à cet endroit que tous se sont rejoints, chantant, dansant, brandissant les punchlines plus ou moins raffinées. « Moi j’y suis arrivée vers 14h. D’abord je suis sortie du métro à Opéra, la rame de métro entière est sortie à cette station. Ensuite, la place était tellement bondée qu’on avait du mal à monter les marches de la bouche de métro », nous rapporte Salomé Moulain, membre du triumvirat du Louvr’Boîte. Malheureusement, ni elle ni moi n’avons pu retrouver les membres de l’EDL partis en crew depuis l’école ; une équipée rassemblée par le club de Mens Sana avait également organisé un atelier de création de pancartes. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne fallait pas être agoraphobe : à République, la foule se rassemblait autour des stands de nourriture, mis en place par les bénévoles des diverses associations organisant la marche et devant la scène où, vers 17h les prises de paroles se sont succédées ; laissant place à des GJ, à des représentants d’associations engagées pour le climat (Les Amis de la Terre), quatre jeunes engagés pour cette marche qui avaient préparé un beau texte sur leurs revendications et les solutions à mettre en place, dont la rhétorique était bien rodée. Enfin, bien sûr, les membres des quatre associations (Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France) qui avaient décidé d’attaquer l’État français en justice face à son inaction pour le climat avec la campagne et la pétition « L’Affaire du siècle », qui ont déposé un « recours en plein contentieux » devant le Tribunal Administratif de Paris en ce mois de mars 2019. Nous avons essayé tant bien que mal de faire un « clap » pour le climat sans s’assommer les uns les autres et de sauter sur place, requinqués par les concerts offerts à la communauté.

          On nous a rappelé que les actions continueraient les prochains vendredis pour la marche des étudiants et qu’une autre grève générale, une « action de désobéissance civile non violente » était prévue pour le 19 avril, sans que l’on sache vraiment ce que cela signifie : il faut remplir un formulaire pour bénéficier de futures informations.

          Camarades de classe, professeurs, professionnels, on espère que ces actions vous font prendre conscience de l’ampleur de la crise pour le climat, que nous, étudiants en histoire de l’art et archéologie, nous essayons de connaître et de comprendre les cultures afin, non pas de nous cultiver nous-mêmes, mais de les partager, non seulement avec nos contemporains, mais aussi de les transmettre à nos successeurs sur cette planète : car disons-le « Un et deux et trois degrés / C’est un crime / Contre l’humanité ».

Lise THIÉRION

Louvr’Boîte Hors Série Révisions / Gala / Eté 2018

J-2 : la tant attendue surprise !

Plus que deux jours avant le Gala de l’Ecole du Louvre 2018 sur le thème des Routes de la Soie. Votre dévoué Louvr’Boîte vous a préparé un extraordinaire numéro Hors-Série Révisions / Gala / Eté 2018 pour l’occasion !

En effet, suite à des problèmes d’impression dont nous nous excusons sincèrement, le numéro n’a pas pu être imprimé en temps et en heure et ne pourra même pas être imprimé du tout…

Pour nous faire pardonner, nous vous offrons la version numérique de ce numéro exceptionnel ! Retrouvez aussi en exclusivité sur le même site L’INTÉGRALITÉ de nos numéros depuis la fondation du journal en 2009. 45 numéros, 7 hors-série, de quoi remplir votre été en vous perdant dans les archives de votre magazine adoré 

 

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Passion Lumière : la Route de la Soie en films

Bon. Vous voulez vous préparer pour le Gala, mais à part essayer une énième fois votre costume de lumière et procrastiner pour ne pas réviser vos oraux de spé vous ne savez pas quoi faire ? Vous avez envie de voyager mais votre budget ne vous permet même pas d’aller au delà de Melun ? Courrez chez votre loueur de cassettes VHS et mettez-vous dans l’ambiance avec ces quelques chefs-d’oeuvres (ou pas, voire absolument pas) du cinéma et des séries ; les pays de la Route de la Soie s’offrent à vous à travers toutes les époques.

  • Départ en Occident : Netflix (ou Pirate Bay, selon votre porte-monnaie et votre audace contre Hadopi) vous propose la série Marco-Polo (2014), vingt épisodes de cinquante minutes pour assouvir votre désir d’aventures dans un univers où dominent cupidité, trahison, intrigues sexuelles et rivalités. Je tiens à préciser que dans la série, Marco Polo apprend le Kung Fu après d’un maître chinois.
  • Venise : Puisqu’il fallait à cette liste sa dose de comédie romantique fondante, Dangerous Beauty (La Courtisane en VF, 1998) devrait satisfaire vos envies de vie de cour, de conflits et d’amour dégoulinant de drame, le tout dans la Venise du XVIe siècle.
  • Terre Sainte : Kingdom of Heaven (2005), Orlando Bloom en forgeron bâtard d’un grand seigneur qui part pour la Terre Sainte défendre Jérusalem contre Saladin, c’est un grand oui.
  • Perse : Prince Of Persia : les Sables du Temps (2010). Une énorme daube – pire que les autres qui se sont glissées dans cette liste. En fait vous feriez mieux de jouer au jeu vidéo dont est tiré le film, mais bon, je tiens une rubrique cinéma, je dois m’en tenir à vous conseiller des films.

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  • Iran : Persepolis (2007), film d’animation, récit autobiographique de Marjane Satrapi qui vous transportera dans le Téhéran des années 80.

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  • Inde : Devdas (2002), incroyable comédie romantique musicale bollywoodienne avec Shah Rukh Khan dans le rôle titre (cet acteur est un dieu vivant en Inde). L’histoire du film se passe au début du XXe siècle et raconte l’amour impossible entre deux personnes appartenant à deux milieux différents, un Roméo et Juliette raconté par Thierry Zéphir.
  • Chine : La Légende du Scorpion Noir (2008), se déroule au Xe siècle et raconte la vengeance de la femme et du fils de l’empereur de Chine, lâchement assassiné par son frère.
  • Corée : Si vous avez loupé Mademoiselle (2016) par Park Chan-Wook, rattrapez-vous tout de suite. Le film est incroyable, les images sont belles à en pleurer, et l’histoire vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière minute. Quel film mater avant le Gala (1)
  • Japon : Le Château de l’Araignée (1976) chef-d’œuvre d’Akira Kurosawa, ce film est une adaptation dans le Japon médiéval du MacBeth de Shakespeare.

Yvine BRIOLAY

La rédaction décline toute responsabilité en cas d’ennui devant un film de merde. 

 

Anne Millot a le nez dans le vent

audace de l amour face

Audace de l’Amour, inspiré de Cléopâtre
Faïence modelée et à la plaque, émaillée, bois 42 x 40 x 6 cm, 2016

Anne Millot est une artiste céramiste française dont la production artistique se concentre exclusivement sur la création de nez. Sujet insolite, dont l’intérêt fut longtemps négligé par les contributeurs de la culture visuelle, celui-ci est pourtant passionnant d’un point de vue historique et regorge de potentiel créatif. Isolés de leur visage, les nez de Pinocchio ou de Cyrano sont immédiatement reconnaissables et en disent long sur la personnalité de leur propriétaire respectif. De même, ce ne sont pas leurs yeux de biche ou leurs lèvres pulpeuses mais leur nez parfait qui ont permis à Néfertiti et à Cléopâtre de rentrer dans les canons de beauté de leur époque. En d’autres termes, le nez tient une place d’exception dans l’imaginaire collectif malgré le fait que nous ayons tendance à le déprécier… d’où la raison pour laquelle Anne Millot s’y intéresse tant !

À l’origine, cette passion des plus surprenantes provient des études d’anatomie de l’artiste. Le nez étant placé au beau milieu de la toile vierge qu’est notre visage, c’est lui que l’on devrait admirer en premier, mais que l’on ignore souvent au détriment des yeux ou de la bouche. Pourtant, chaque nez offre un paysage coloré à celui qui s’y intéresse, tel que le démontre le nez aquilin d’une actrice de cinéma ou le nez fracturé d’un joueur de rugby.

Sans vouloir révéler tous ses secrets de création, Anne admet prendre comme point de départ la photographie, à la fois de face et de profil. Ce n’est qu’après un travail méticuleux d’observation qu’une caractéristique principale se manifeste et devient le fil conducteur de l’œuvre. Vient ensuite le choix de la terre, c’est-à-dire le grès, la faïence, ou encore la porcelaine, ainsi que le travail de modelage. Il faut ensuite s’armer de patience pour la phase de séchage et de ponçage, étape nécessaire avant la cuisson.

Holistiquement votre millot nez face

Holistiquement vôtre, inspiré de Jung, Nietzsche, Freud
Grès sigillé, cuisson primitive, patine, bois 35 x 79 x 8 cm, 2017

Audacieuse, Anne ne cesse d’expérimenter avec sa pratique et d’incorporer de nouveaux éléments à ses sculptures. De fait, sa carrière se distingue par de nombreuses périodes : celle de la terre, du verre, ou encore de la sculpture sur bois. L’une de ses dernières créations, une sculpture de nez en verre rétroéclairé sur bois, permet l’harmonie des couleurs et des matières ainsi qu’une modernité déconcertante. Aujourd’hui, la carrière d’Anne s’apprête à prendre un nouveau tournant grâce à son intérêt grandissant pour l’art cinétique. En effet, en juin 2017, l’artiste produit « La Carmilla », sa toute première sculpture mobile. Inspirée du premier roman fantastique sur le thème des vampires de l’auteur irlandais Joseph Sheridan Le Fanu, la sculpture en question présente deux nez mécaniques qui, dans leur rotation, se transforment en canines… et réservent une petite surprise à ceux qui l’actionnent !

Quelques mois plus tard, c’est la consécration pour Anne dont la première sculpture mobile lui permet de recevoir le prix d’honneur lors du Concours International de Céramique produit par le Vallauris Institute of Art et organisé par le Musée Terra Rossa de Salernes. Aujourd’hui, ses sculptures ont beaucoup voyagé, ayant été exposées à Paris, Cannes, Lausanne, et même à Londres, dans le cadre d’expositions individuelles et collectives. En effet, celles-ci ne cessent d’attirer la curiosité de parfumeurs, de viticulteurs, de collectionneurs, et d’amateurs d’art qui sont de plus en plus nombreux à pointer le bout de leur nez aux expositions d’une artiste passionnée et passionnante…  au nez dans le vent !

 

la marianne face anne millot

La Marianne, inspiré de Brigitte Bardot
Faïence modelée et à la plaque, émaillée 19 x 17 x 3,5 cm, 2016

Découvrez les dernières créations d’Anne Millot sous la verrière du Grand Palais lors de la prochaine édition du festival Art Capital : le Salon des Artistes Indépendants, qui aura lieu du 13 au 19 février 2018 de 11h à 20h. Pour contacter l’artiste, rendez-vous sur www.anne-millot.com

Louis Denizet

Clip Mania #2 : Just an Illusion

just an illusion

1982, le post-disco bat son plein. Un des tubes interplanétaires de cette année-là est bien Just an Illusion, du groupe Imagination, mené par Leee John (oui avec trois « e »…), Ashley Ingram et Errol Kennedy. Tel Desireless, dont nous avions parlé dans notre dernier Clip mania, ce groupe a eu une carrière un peu éclair. Malgré plusieurs années d’activité (1981-1992) et quelques hit-singles, Imagination est surtout connu grâce à ce titre, qui est le seul – me semble-t-il – a être passé à la postérité.

La signature sonore du groupe, un rythme au synthé simple et efficace (comprendre « entêtant »), se fait entendre dès les premières secondes du morceau. Côté vidéo, l’ambiance est posée : Leee John regardant autour de lui, les yeux inquiets, ainsi que la brume épaisse nous indiquent une atmosphère un peu glauque, entre réalité et illusion. Heureusement, les trois beaux mâles qui ne savent pas faire semblant de courir, les effets spéciaux cheap et les costumes shiny-glossy-toomuch nous ancrent bien dans la réalité des années 80. Après une séquence d’introduction avec quatre fois le mot « illusion » et un plan un peu long sur le château (hanté, vous vous en doutez, et dont l’intérieur va servir de décor à la suite du clip), entrent enfin les basses et les nappes typiques de l’époque : on croirait presque à du Kool and the Gang des meilleures années.

La confusion s’arrête quand le chanteur entame le premier couplet, et la chorégraphie qui va avec, bien sûr. Vous apprécierez au passage le fard à paupières et le gloss subtils. À travers les images et les paroles, le cadre est d’autant plus planté : la maison hantée, les squelettes qui dansent, les toiles d’araignées, « another place, another time », pour résumer. On peut alors enfin faire du playback car le refrain arrive, annoncé par ces célèbres « ooh ooh ooh ooh ah ah » ! Et avec lui, des apparitions en fondu d’une famille semblant sortir d’un autre temps (ah, vous voyez que les paroles et le clip sont raccords !). Leee se balade donc gaiement dans cette maison, l’inquiétude ayant complètement disparu de son visage… Normal, il sait que c’est juste une illusion (et en profite pour nous le réasséner une bonne demi-douzaine de fois d’ailleurs). Profitons du refrain pour nous plonger dans les paroles et dissiper le doute une bonne fois pour toutes : les « coudoubedouda » sont, en réalité « Could it be that » et « Putting me back ». Ne vous en voulez pas, toute personne sensée est déstabilisée par ce passage absolument incompréhensible pour les oreilles mais aussi pour les yeux : le combo chorégraphie / nœud lavallière en satin, le tout rehaussé par un petit filtre flou gaussien, me laisse sans voix.

Et là, c’est le coup de grâce : on ne comprend plus rien, entre les enfants qui sont, au choix, traumatisés ou traumatisants, les jouets qui dansent… Le reste du clip n’est plus qu’un vaste pot-pourri de tous les filtres de Photoshop 1980 et se conclut sur une scène un peu déstabilisante dans la salle à manger. On croirait à une séquence « making-of » qu’ils ont oublié de couper au montage où l’on voit les figurants s’éponger le front, la maquilleuse s’occuper du chanteur et le chef plateau décider du prochain cadrage. Est-ce pour nous rassurer sur le fait que le château n’était pas vraiment hanté, pour nous montrer que tout cela n’était qu’une vaste illusion ?  Peut-être est-ce cela, ce petit côté what the fuck, qui rend les années 80 si savoureuses pour nous, plus de trente ans plus tard. On en viendrait même à espérer de ne jamais se lasser de ces mélodies et costumes si vintage.

 

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Horoscope des spécialités 2017

E.L. Trouvelot, The planet Mars. Observed September 3, 1877, at 11h. 55m. P.M.

Mettez fin à toutes vos illusions en découvrant votre horoscope de spécialité de cette année.


Archéologie de l’Europe Préhistorique

Vous arrivez à la troisième année de votre CO, enfin vous voyez le bout du tunnel. À voir si le prochain sera aussi sombre que le précédent, il risque de faire tout noir (ta gueule).


Archéologie de la Gaule

Avec un programme pas très excitant au premier abord, ne souriez pas trop en espérant votre prochain sujet, il ne vous fera pas non plus bander.


Archéologie égyptienne

Grâce à l’alignement de Saturne et Pluton, nous sommes en mesure de prévoir un sujet de dissertation portant sur l’importance du petit géranium dans l’architecture palatiale de la Troisième Période Intermédiaire à l’Epoque Ptolémaïque. Les étoiles ne disent pas néanmoins combien de personnes auront 14. Entre 0,5 et 1 à mon avis.


Archéologie orientale

La fin de l’année fut difficile, mais ne vous en faites pas, le soleil va ressurgir en février avec le retour d’Ebih-Il à la maison.


Histoire de l’art et archéologie du monde grec

Vous auriez pu être au fond du trou avec votre sujet de CO, mais heureusement, la vue de votre prof de CS vous permet de tenir bon cette année. Courage.


Histoire de l’art et archéologie du monde étrusque et italique

Après un CO passionnant sur les peintures de Tarquinia, vous voilà repartis dans un cycle sur les décors funéraires. Nous sommes donc en mesure de nous demander si les Étrusques ont fait un jour autre chose que des tombes, et si ce tombeau sera votre tombeau. Uranus prévoit ça d’ici mai.


Histoire de l’art et archéologie du monde romain

Il semble que votre programme de cette année soit très concentré sur Rome et le Latium. Ce repli identitaire risque d’être compliqué en période d’élection présidentielle, la Lune en Balance vous conseille de changer de stratégie politique.


Histoire de l’art et archéologie des mondes paléochrétien, copte et byzantin

Ce soudain changement de nom fait naître beaucoup d’espoir en vous : serez-vous enfin reconnu à votre juste valeur ? Malheureusement l’absence de Vénus dans votre ciel astral nous fait dire que non, encore une fois, vous serez la spécialité oubliée.


Patrimoine et archéologie militaires

La Lune en Balance active le secteur de la notoriété et le succès de votre spé. Savez-vous qui vous voulez être quand vous serez grand ? Je rigole, vous avez toujours été un soldat et êtes sorti de l’utérus fortifié de votre mère avec vos armes de chasse.


Histoire des arts de l’Extrême-Orient

Vous prenez votre vie en main et décidez d’acheter le manuel, cette année il va falloir se battre comme un homme. Et être plus puissant que le cours du torrent. Plus violent que les ouragans. Plus ardent que le feu des volcans. Secret comme les nuits de lune, plutôt en Balance, d’Extrême-Orient.


Art et archéologie de l’Inde et des pays indianisés de l’Asie

Malgré des prières et offrandes assidues à Ganesha, il semble qu’une fois encore, vous deviez aller aux rattrapages. Avec un peu de chance, les rats de l’école, montures de Ganesha, vous aideront dans vos révisions estivales.


Histoire des arts de l’Islam

Islamologues, soyez gentil avec vous-même cette année : faites-vous une tasse de thé et mettez votre portable en silencieux. Détendez-vous et reposez-vous. Des messages mameloukéens vous parviendront si vous faites le vide dans votre esprit.


Histoire des arts d’Afrique

Cette année, il semble que les planètes se soient penchées sur votre cas ; comme vous aimez l’histoire des collections et la muséologie, pourquoi ne pas en faire le thème de votre CO ?


Histoire des arts d’Océanie

L’alignement de Vénus et Pluton vous rend sociable aujourd’hui ! Mais des inquiétudes concernant les symboles et autres images papoues pourraient vous épuiser cette année. Peut être que vous devriez aller voir Vaiana, au lieu d’aller à vos soirées de spé.


Arts des Amériques

Malheureusement pour vous, il semble que votre professeur se soit quelque peu calmé, et que vous n’étudierez plus le foot-jeu de balle maya et la perforation du pénis.


Histoire de l’architecture occidentale

Après une fin d’année quelque peu primaire et classique, il semble que vos prochains mois soient quelque peu plus rayonnants et flamboyants sous les augures de Mercure.


Histoire de la sculpture du Moyen-Âge, de la Renaissance et des Temps modernes

Si vous vous sentez quelque peu désarçonné par votre sujet, lisez l’intitulé du CO des XXe  et vous sourirez de nouveau à la vie.


Architecture, décor et ameublement des grandes demeures

Il s’avère qu’au premier appel de votre cours de TP vos jeunes camarades ont noté l’absence d’une particule à votre nom de famille. Vous passerez le reste de l’année exclu et personne ne voudra se mettre avec vous en exposé. Dépité, vous choisissez une nouvelle spécialité en septembre.


Histoire des arts décoratifs

Jupiter rentre dans votre ciel astral cette année ! Vous êtes une personne peu modeste, Art Déco, mais aujourd’hui vous rêvez votre vie en joaillerie ! Entourez-vous de symboles de richesse (services de table, de toilette, éclairage, accessoires mobiliers et « nécessaires »), la cupidité c’est mal, mais la sécurité c’est bien.


Histoire de la mode et du costume

Un peu perdus par votre intitulé de CO, vous passerez l’année à méditer cette phrase « donc tu vas souffrir, mais tu seras heureux de souffrir » quant au retour du Roi des Braguettes, Denis Bruna. Mais de toute façon, vous restez les meilleurs. #prosélytisme


Histoire de la peinture (école française)

L’arrivée de Pluton – qui n’est plus une planète – perturbe votre horizon astral, et vous vous enfoncez profondément dans un enlisement primitif. Les retables dorés ne parviennent pas à rallumer l’espoir en vous tandis que vous regardez avec envie les peintures étrangères.


Histoire de la peinture (écoles étrangères)

Le fait que vous comptiez sur votre CO pour vous aider à écrire un CV, prenant exemple sur le plus grand d’entre tous, ne parvient pas à vous faire oublier les auditeurs qui remplissent les trois quarts de l’amphithéâtre, qui toussent, se plaignent de leur arthrose et des infirmières de la maison de retraite en plein cours.


Histoire du dessin

La vitalité que vous offre l’arrivée de Mars dans votre univers astrologique vous donnera de la force et vous tenterez de défendre votre spécialité auprès de vos amis, qui n’est pas seulement un art sous-jacent selon vous. Mais cette force s’éclipsera vite lorsque vous comprendrez qu’ils vous déconsidèrent tous, surtout votre ex.


Histoire de l’estampe

Méfiez-vous des spé dessin, il en y en a qui vont vous prendre vos places à la bibli. En plus vous avez trouvé une faute d’orthographe en page 69, Louvr’Boîte c’est vraiment des nazes.


Histoire de l’art au XIXe et au début du XXsiècle

Las d’avoir subi durant le début de l’année scolaire les remarques de vos amis sur le fait que vos cours se concentraient sur le début du XXplus que le XIXe, vous tentez le tout pour le tout et décidez de partir en peinture française après avoir lu le programme de l’an passé, qui portait sur le XIXe. Dommage pour vous.


Art du XXsiècle

Une veille connaissance va vous rendre visite aux alentours de mai : la gastro-entérite. C’est le sentiment qu’on a eu en lisant votre sujet de CO. Tendresse et Smecta.


Art contemporain

Vous vous sentez quelque peu en décalage avec les membres de votre spécialité, sans parvenir à comprendre pourquoi. Durant les premiers mois, vous vous achetez une paire de Stan Smith en soldes et êtes enfin invité au dîner de spécialité.


Histoire de la photographie

Cette année, prenez soin de vos pellicules. L’amour lunaire brille sur vos daguerréotypes. Faites tout de même attention aux malentendus provoqués par Mars. Soyez clair au sujet de vos limites photogéniques.


Histoire du cinéma

L’alignement de Neptune et Vénus vous laisse tout rêveur, et des doutes germent dans votre esprit : La toupie arrête-t-elle de tourner à un moment ? Allez-vous devoir travailler cette année ? Que contient la mallette de Vincent Vega et Jules Winnfield ? Allez-vous un jour recevoir la bibliographie promise depuis tant d’années ? Allez-vous enfin comprendre l’interro de la prof de TP ?


Anthropologie sociale et culturelle de l’Europe

Dans la mythologie de Levi-Strauss, les Indiens Nambikwara sont des gigantesques arbres sacrés reliant les neuf royaumes primordiaux. Un chargé de TP, perché sur sa plus haute branche, porte un faucon sur sa tête. Au pied de l’arbre, un Charles Perrault garde les racines. Un Pokémon parcourt continuellement le tronc pour transmettre les échanges d’insultes entre le chargé de TP et Charles Perrault, et semer la zizanie. Tes astres te prédestinent à un rôle de messager dans les semaines à venir, mais au lieu de colporter de vilains clabaudages, emploie-toi à répandre les usages contemporains du passé.
(cet horoscope est aussi long que votre prochain sujet de dissert, nous dit la Lune en Balance)


Patrimoine technique et industriel

Ivre, vous trouvez l’architecture de l’industrie esthétique. Sobre, vous découvrez avec passion les territoires de l’industrie.


Iconographie (Sponsorisé par Internet Explorer)

Bon vent. Bisous.

E.L. Trouvelot, Star clusters in Hurcules, From a study made in June, 1877.