Musées, distributeurs de vérité ?

Capture d'écran Youtube, clip _Apeshit_, The Carters

 

 

               2020 restera probablement dans les annales comme une année riche en catastrophes, mais aussi comme celle qui a essayé de changer le monde pour le mieux et notamment dans le combat contre le racisme. Mais cette (r)évolution ne peut se faire sans l’aide de la culture, et notamment des musées, qui peuvent contribuer aux luttes sociales.

 

               Le 11 juin 2020, une lettre ouverte aux musées a été publiée par Louise Thurin, présentée dans la lettre comme étudiante métisse à l’école du Louvre, avec Zélie Caillol, présentée comme étudiante à l’ICART Paris, intitulée : « « Cher musée… » La réaction des institutions muséales au mouvement BlackLivesMatter ».

Quelle réaction les institutions ont-elles eu ? Quasiment aucune. Et c’est là tout le problème.

               Cette lettre, éloquente, incroyablement pertinente et émouvante expose, voire dénonce, l’absence d’implication des musées face à ce mouvement, qui brillent par leur silence, par leur « timidité institutionnelle », comme le formule si bien la lettre. Si la lutte a explosé aux Etats-Unis avec la mort de George Floyd, un homme afro-américain décédé sous le coup de violences policières à Minneapolis le 25 mai 2020, le combat anti-raciste ne date pas d’hier et il reste toutefois peu soutenu par les institutions culturelles.

 

               La lettre s’adresse au « musée », au singulier. Étrange ? Pas tant que ça. Le principe du musée comme institution trouve ses débuts à l’heure du « Liberté. Égalité. Fraternité » scandé par la Révolution Française et depuis ce jour, le musée se dit social, porteur d’enseignement et j’en passe. Mais depuis ce jour, le musée a-t-il eu une résonnance anti-raciste plus forte que celle de prêter ses galeries en décor du clip Apeshit de Beyoncé et Jay-Z ?

Je n’en sais rien, car on ne me l’a pas enseigné.

               Ce ne sont pourtant pas les espaces d’interaction et de diffusion, ni les contenus qui manquent. Le site du ministère de la Culture indique à ce jour 1 218 « Musées de France ». En 2016, France Culture publiait une carte dynamique à l’occasion des journées européennes du patrimoine, indiquant 6.1 musées pour 100 000 habitants en France, ce qui est l’un des plus hauts taux en Europe. Derrière cela, des milliers d’étudiants et des milliers de professionnels de la culture croient en l’utilité de ces institutions et de la justesse d’information qui y est véhiculée. D’autres millions d’individus s’y retrouvent pour chercher leur héritage.

 

« Les musées ne sont pas neutres. Ils sont en France un bastion de la République – une conquête du peuple ».

 

Non seulement la lettre ouverte encourage les institutions muséales à réagir, à s’adresser à ses citoyens et à ceux du monde entier pour nous aider à agir, ensemble, contre « le racisme, la désinformation, la haine, le complotisme, les pseudos-sciences », mais elle propose également des moyens d’actions.

 

« Nous n’attendons pas de témoignage de solidarité, mais de contenus […] ».

 

               De nombreux points sont en effet abordés dans la lettre, car le manque de déconstruction peut être dangereux pour notre futur. Il ne s’agit pas d’afficher un tableau noir tagué BLM comme un post Instagram : la lettre insiste sur la nécessité de repenser les discours, la visibilité de certaines œuvres et la diffusion des informations.

 

               Chers élèves, professeurs, professionnels de musées. Notre milieu n’est pas épargné par le racisme systémique. Vous ne pouvez pas fermer les yeux, mieux, vous pouvez faire quelque chose.

               Élève en Master 2 d’égyptologie, je constate tous les jours de nouvelles horreurs à propos de ma discipline. Combien de fois ai-je lu que les anciens Égyptiens n’avaient pas pu construire eux-mêmes leurs pyramides car ils étaient trop « primitifs » pour une telle ingénierie ; combien de fois ai-je lu et entendu que l’Égypte moderne n’était pas capable de gérer son patrimoine et que l’Europe s’en chargeait mieux ; combien de fois a-t-on essayé de me camoufler que ma discipline avait pu voir le jour « grâce » à l’oppression des empires coloniaux européens sur l’Égypte ? Ce sont des informations erronées dont je découvre l’ampleur au fur et à mesure, parce que personne n’ose me l’enseigner vraiment ; or, j’en souffre, mon discours scientifique en souffre.

               Et quel discours scientifique, d’ailleurs, un élève de l’unique école d’Histoire de l’art en France peut-il construire lorsqu’il n’a que quatre cours pour traiter l’Histoire d’un continent entier, de la préhistoire à l’époque contemporaine, alors qu’il en dispose du double pour couvrir un siècle d’art européen ? Pourquoi l’Afrique et l’Océanie ne bénéficientils que de ces quatre cours chacun ? Ce type de différence de traitement doit nous interpeller. Je sais que j’ai beaucoup à apprendre et pourtant je peine trop à trouver les informations qu’il me manque.

 

« Musées, distribuez à la jeunesse des torches de savoir – nous brûlons pour la justice, la vérité et la paix. »

 

               Ainsi, je rejoins l’appel de la lettre ouverte « Cher musée… » : « Eduquez-moi sur le racisme ». Mais, surtout, éduquons-nous sur le racisme. Voici ce que propose la lettre ouverte :

               « Chers musées, dans un premier temps et un premier réflexe sur les réseaux sociaux […] vous pouvez également proposer à votre audience de contribuer eux-mêmes au dialogue à l’intérieur de vos collections. Postez « Chers abonnés, ensemble contre le racisme. Avez-vous des contenus antiracistes en rapport avec nos collections / nos expositions à partager ? Taguez-nous, nous serons ravis de les relayer sur notre compte et d’enrichir ce dialogue. » ».

 

               L’initiative est porteuse de sens et d’espoir, ainsi je vous invite à solliciter vous-mêmes les musées, à les encourager à vous apprendre et à diffuser leur contenu anti-raciste.

               Amoureux du patrimoine, spécialistes des traces historiques, marchons ensemble pour une histoire de l’humanité plus équilibrée et plus complète, en dehors des réappropriations politiques et économiques.

 

Lise Thiérion

 

Pour aller plus loin, ne pas hésitez à :

 

Sources :

Horoscope : quel déguisement méritez-vous vraiment ?

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Bélier : Archéologue en herbe, spé Identification linguale, votre fascination pour les tessons de poterie ne connaît pas de limite, surtout s’ils présentent un trait de peinture (chaleur). La saison des fouilles approchant, sortez votre plus belle chemise à petites manches, votre Bob et votre crème solaire (pensez à prendre une pioche pour éviter la confusion avec un touriste).

En groupe : Des tessons complémentaires pour faire une reconstitution de vase version Transformers.

 

 

 

grotte-de-lascaux-taureaux-01 Taureau : Trop fauché.e pour investir dans un costume ? Ça tombe bien, la saison de la pêche est en avance cette année : laissez s’épanouir votre thon naturel (mention spéciale pour les albacores). Petit tip : pour luire sous les projecteurs pensez à l’huile de tournesol.

En groupe : Préparez une bouillabaisse des familles.

 

 

 

GémeauxGémeaux : En manque de reconnaissance et de respect ? Déguisez-vous en patriarche/philosophe/Christ enseignant/Dumbledore, vous aurez l’illusion d’être écouté.e le temps d’une soirée.

En groupe : Trouvez un rapport bidon entre les saisons et les âges de la vie et ramenez toute votre smalah au gala (mémé comprise ofc) !

 

 

 

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Cancer
: Fan de Bambi depuis votre plus tendre enfance, votre moment préféré est celui avec le chasseur, quand la maman dudit faon meurt. En treillis-polaire-gilet fluo, la saison de la chasse au mauvais goût est ouverte.

En groupe : Trouvez des acolytes avinés et des (faux) fusils, vous ferez mouche.

 

 

 

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Lion
: Bordélique mais organisé (oui c’est possible), vous redoutez la période honnie du grand nettoyage de printemps. Concept selon vous peu pertinent, et les astres vous donnent raison, il vous a cependant permis de retrouver votre costume de soubrette. Merci qui ?

En groupe : Déguisez vous en grain de poussière, pour une interprétation philosophique ou un combat épique au plumeau.

 

 

 

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Vierge : Né.e en septembre, vous pensez que vous déguiser en allégorie de l’automne est une bonne idée. Pourquoi pas, mais pour vraiment vous démarquer soyez visionnaires : septembre = rentrée = petits camarades = poux. Déguisez-vous en poux. CQFD

En groupe : Déplacez-vous en colonie.

 

 

 

 

Pesée de l'âmeBalance : Pour vous la seule vraie saison c’est celle des amours. Entre documentaires Arte et dates foireux, n’oubliez pas de prévoir votre costume. Alors oui un paon, une mouche scorpion ou une épinoche pourquoi pas. Mais un chérubin façon Michelin en slip de bain, ça ça a de l’allure !

En groupe : Une parade inter-espèces en rut.

 

 

 

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Scorpion : Depuis votre arrivée à Paris la seule saison que vous semblez avoir vécu est celle des pluies. Exploitez l’humidité ambiante pour votre meilleur look sortie de douche : serviette, peignoir, choucroute qui glisse, claquettes, charlottes … les possibilités sont infinies.

En groupe : Pour une ambiance fashion week assortissez vos tenues d’un poncho imperméable.

 

 

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Sagittaire
: Toujours à côté de la plaque, vous peinez à suivre les conversations, quelque soit le sujet abordé. Peut-être est-ce dû à votre taux d’alcool jamais vraiment à 0. Vous vous déguiserez en bobine…

En groupe : Tant qu’à être largué.e.s, autant y aller franchement : incarnez tout le nécessaire à couture.

 

 

 

MAX
Capricorne
: Ambassadeur de la gastronomie à la française au bar du coin (vodka-cranberry tmtc), votre saison préférée est celles des vendanges. Exploitez votre alcoolisme en incarnant une bonne bouteille, une grappe de raisin ou un ivrogne (attention : risque que l’on vous demande si vous vous êtes déguisé.e en vous-même).

En groupe : Tout le monde sait qu’avec le vin viennent les planches : entourez-vous de vous charcuteries et fromages préférés.

 

 

 

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Verseau : Vous avez la main verte, grand bien vous fasse (non on ne rage pas). Mettez ce talent inégalement réparti parmi la population à profit pour imposer votre style. Une déesse des fleurs certes, une serre portative pourquoi pas, un pissenlit éventuellement, mais surtout : Cetelem !

En groupe : Réunissez une team pour tondre votre pelouse (point bonus pour la version Magic Mike).

 

 

 

 

 

 

 

 

hiroshige-fishPoisson : Fan inconditionnel de Netflix, pour vous les seules saisons qui importent sont celles de Friends. Jamais plus heureux.se qu’en pyjama devant votre ordi à manger des céréales, partagez votre mode de vie : ramenez votre couette, votre oreiller et votre pilou-pilou et posez vous dans le hall. Netflix & Chill ?

En groupe : Les Télétubbies : 4 saisons, 365 épisodes, l’adéquation est parfaite.

 

 

*Selon l’alignement des planètes, les horaires des marées, le nombre de vagues à l’Estaque et le marc de mes trois cafés du dimanche matin (un plus large échantillonnage pour une plus grande précision, ce qu’on ne ferait pas pour la science !).

 

 

Inès Amrani

 

Pour chaque bonne étoile, de l’art :

  • CARAVAGE, Jeune Saint Jean-Baptiste au bélier, 1602, 129 cm, Rome, Musei Capitolini, Pinacoteca
  • Fresque de taureau, salle dite des Taureaux, Grotte de Lascaux, France
  • Castor et Pollux, groupe romain de -10 av. J.-C., marbre de Carrare, 1m61, Madrid, Musée du Prado
  • CLAESZ, Nature morte aux crabes, 1644, 63,5 cm, Beaux-Arts de Strasbourg
  • COLANTONIO, Saint Jérôme dans son étude, 1444-45, 151 cm, Musée national de Capodimonte
  • Vierge à l’Enfant de la Sainte-Chapelle, 1250-1260, ivoire, 41 cm, Musée du Louvre
  • Pesée de l’âme, chpitre 30B du papyrus d’Ani
  • Sceau cylindrique et impression avec scorpion et plantes, Uruk, 3500-2900 B.C., The Morgan Library
  • Vitrail aevc sagittaire, 1215, Notre-Dame de Chartres
  • ERNST, Capricorne, 1948, bronze, musée Max Ernst de Brühl
  • MUCHA, Tempérance, carte de Tarot
  • HIROSHIGE, Carpe nageant, 1830-1840, Californie

 

Hérald’ Hic! Le cannabis en héraldique ou un bon moyen de se détendre en déconfinement

Il y a bientôt deux ans de cela, en juin 2018, le district de Kanepi en Estonie, nouvellement créé par la fusion de trois autres districts, a adopté un blason … stupéfiant : « De sinople à une feuille de cannabis d’argent ». Confiné, dans l’attente des examens et cherchant désespérément à se détendre par toutes les substances psychotropes possibles (principalement la tisane de mémé, l’huile essentielle de lavande et le visionnage d’une foultitude de blasons), votre humble (et définitivement loufoque) serviteur est parti à la recherche du cannabis en héraldique.

 

Commençons par le blason précité : comment se fait-il qu’un district, qu’une entité administrative, ait pu prendre comme symbole un stupéfiant illégal en Estonie ? Tout simplement car le cannabis est un symbole héraldique tout à fait valable ici : en effet le nom de Kanepi vient du lituanien kanep signifiant … « cannabis ». C’est que cette plante ne se cultive pas seulement dans les placards des petits Jean-Kevin souhaitant se rouler deux ou trois joints pour s’amuser avec ses amis, et a en effet une longue histoire.

En effet, il s’agit d’une des premières plantes domestiquées par l’homme en Eurasie, il y a plus de 10 000 ans, autant comme psychotrope que pour réaliser des fibres textiles, du papier, des cordes, etc. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec l’essor des échanges maritimes, la culture du chanvre (autre nom du cannabis, désignant souvent des variétés contenant moins de tétrahydrocannabinol (THC) à l’origine de l’effet psychotrope du cannabis)  devient industriel. Le professeur Serge Allegret, dans Le Chanvre industriel – production et utilisation, coordonné par Pierre Boulloc en 2006, précise qu’à l’époque « Un navire de taille moyenne utilise 60 à 80 tonnes de chanvre sous forme de cordages et 6 à 8 tonnes sous forme de voile, par an. ». Si la France produit elle-même son chanvre, les Hollandais et les Britanniques sont équipés par les manufactures des Pays-Bas alimentées par du chanvre venant de Livonie (les actuels pays baltes, dont l’Estonie).

Kanepi (Estonie)

Blason de Kanepi

Et la petite ville de Kanepi participait à cette production en cultivant le cannabis, d’où son nom, connu dès 1582. Nous sommes donc ici face à des armes parlantes tout à fait valides et, bien que de nombreuses personnes en faveur de ce symbole l’aient sans doute choisi pour rire, parfaitement signifiantes.

D’ailleurs, les Estoniens ne sont pas les seuls à arborer l’insolente cannabacée (famille à laquelle appartient aussi le houblon1) sur leurs blasons de villes. Ainsi, bien que le symbole paraisse plutôt récent dans l’héraldique française, il est loin d’y être anodin ! En raison de la grande production de chanvre français, notamment encouragée par Colbert, nombres de communes portent un nom en lien avec le cannabis … et les armes parlantes assorties.

 

Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne)

Blason de Chennevières-sur-Marne

C’est notamment le cas de Chennevières-sur-Marne, dans le Val de Marne, sur le RER A. Cette ville, appelée Canaveriae dès 1163, porte un nom provenant du latin cannabria désignant une zone de culture du cannabis. Le blason de la commune, « De gueules au plant de chanvre d’argent fruité d’or mouvant de la pointe, au chef d’azur soutenu d’une divise ondée d’argent et chargé de deux clefs d’argent passées en sautoir accostées de deux fleurs de lis d’or », a ainsi été adopté en 1940.

 

 

 

Chennevières-lès-Louvres (Val-d'Oise)

Blason de Chennevières-lès-Louvres

Plus récemment et pour les mêmes raisons, la commune de Chennevières-lès-Louvres, dans le Val d’Oise, a adopté en 2007 un blason « D’or à la branche de chanvre feuillée de sinople, au chef tiercé en pal aux 1 et 3 d’azur à la fleur de lis d’or et au 2 de gueules au lion d’argent ».

De même, Echenevex dans l’Ain porte depuis 1992 des armes « De sinople à trois chènevis d’or, au chef cousu de gueules chargé d’une montagne d’or surmontée d’une lame de scie du même posée en fasce ». Le chènevis étant la graine du plant de cannabis.

 

 

Virlet (Puy-de-Dôme)

Blason de Virlet

Enfin, de nombreuses communes portent sur leurs armes (mais sans traces dans leur nom) ce passé agricole particulier. C’est le cas par exemple de Virlet, dans le Puy de Dôme, dont les armoiries sont « D’azur à la croix d’argent chargée en coeur de deux branches de chanvre de sinople posées en chevron renversé, cantonnée au 1 d’un lion d’or, au 2 d’une roue d’argent, au 3 de deux fasces ondées d’argent et au 4 d’une crosse d’or passée en sautoir avec une bêche d’argent emmanchée d’or le fer en bas et surmontées d’une couronne du même ».

 

 

Pour conclure, nous pourrions nous interroger sur la vision que nous portons à certains meubles héraldiques. La prise comme armoiries par Kanepi d’une feuille de cannabis a provoqué l’indignation de certains de ses habitants du fait de notre vision contemporaine de cette plante, due aux dégâts importants qu’elle cause en tant que psychotrope. Pour autant il s’agit d’un choix tout à fait pertinent d’un point de vue héraldique du fait de l’histoire de cette commune. Aussi, comme le dit si bien la devise de Chennevières-sur-Marne, cette ville est « Fidelis solu ut praeterito » (« fidèle à son sol et à son passé »).

Raphaël Vaubourdolle

1 D’où les nombreuses bières au cannabis brassées partout dans le monde dans les dernières années.

Des Coeurs et des Ailes : l’interview exclusive de CRUSH.EDL

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Avez-vous entendu parler de «Crush.edl» ? De près ou de loin, c’est certain. Et en ces temps confinés, impossible d’y échapper.

Crushs ? Poèmes ? Gossips ? Voilà qui nous intéresse ! La rédaction a bien évidemment elle aussi succombé au phénomène, et a voulu en savoir plus sur ce compte Instagram si spécial. En espérant vous le faire découvrir au mieux…

 

Louvr’Boîte : Tout d’abord, comment définiriez-vous ce compte, en quelques mots ?

Crush.edl : Un espace à la fois drôle et rassurant ou l’on peut se lâcher et recevoir des conseils et une oreille attentive.

LB : Combien êtes-vous ? 

Crush :  À votre avis, combien y-a-t- il d’anges au paradis ?

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LB : Qu’est-ce qui vous a poussé.e.(s) à créer ce compte ? Le confinement a-t-il été l’ultime déclencheur ?

Crush : Alors on s’est rendu compte que cette école géniale, qu’on adore, était pleine de sagesse mais vide d’amour. Les flèches étaient dans nos carquois … et nous voilà lancés ! C’était bien avant le confinement, mais quand il a commencé on s’est dit qu’on aimait tellement partager de la joie et de l’amour qu’il fallait qu’on propose de nouvelles choses.

LB : Ça fait quoi d’être le/la/les gossip girl/cupidon(s) de l’EDL ?

Crush : Au début on voulait pas être gossips, mais  inévitablement on voit des bribes d’histoires, et ça fait qu’on vous aime de plus en plus et qu’on a de plus en plus envie de vous aider !  On vous cache pas que des fois on s’amuse beaucoup mais on se moque jamais promis, bienveillance et amour sont les mots d’ordre.

LB : Est-ce que vous vous attendiez à avoir autant de réactions/déclarations de la part des élèves ? Parce que jusqu’alors, trouver l’amour à l’EDL semblait être une mission impossible…

Crush : ABSOLUMENT PAS !! Au début on a été débordés et puis maintenant on s’en occupe beaucoup et on adore, on écoute les gens et on essaye de les conseiller comme on peut. On pensait que seules quelques personnes joueraient le jeu et c’est une super surprise, parce-qu’au final on reçoit une vingtaine de messages par jour, que ce soient des conseils ou simplement des messages à poster. Et ce qui est super cool, c’est de pouvoir collaborer avec tous les clubs pour proposer du nouveau contenu divertissant (gros bisous au club chorale qu’on adore, mais aussi au club jeu, le ciné club, et aussi vous le journal !) 

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LB : Combien recevez-vous de déclarations par jour/semaine ?

Crush : Par jour entre 5 et 10 déclarations, mais on reçoit aussi des DM avec des questions, des suggestions (comme le concours de poésie), c’est super sympa on adore !!

 

LB : Qu’est-ce qui fait le succès de votre compte ?

Crush : Aucune idée ! Peut-être parce qu’on est adorables et merveilleux ? 

LB : Avez-vous eu des retours des personnes qui vous ont envoyé des poèmes ? (en gros : est-ce que des gens ont réussi à se pécho virtuellement ? ON VEUT SAVOIR)

Crush : Ça fait déjà trois fois que quelqu’un nous dit qu’il est en contact avec son admirateur/son crush ! Et là, on est sur une affaire… à suivre par nos cupidés !!

LB : Est-ce que votre rôle consiste seulement à publier les déclarations reçues, en espérant qu’elles soient lues par les personne concernées de passage sur votre compte, ou bien vous arrive-t-il de tenter de contacter directement ces personnes ?

Crush : Alors pour les contacts on veut toujours garder totalement anonyme l’envoyeur jusqu’à ce qu’il décide lui même de se dévoiler. Cependant, il nous arrive de discuter avec le destinataire quand on a des infos à faire circuler ! N’hésitez pas à faire passer des messages ou à nous dire si vous voulez qu’on donne des indices sur vous !! 

LB : Autrement dit : plutôt spotted ou entremetteur.euse(s) ?

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Crush : Donc oui on est plutôt des entremetteurs, en tout cas on essaye au max.

LB : Quelles sont vos chansons d’amour préférées ?

Crush : Soon We’ll be Found de Sia, Close the Door de Teddy Pendergrass, et bien sûr Bella de Maître Gims.

LB : Pour une déclaration enflammée : plutôt prose ou poésie ?

Crush : On aime la puissance que peut apporter la prose, et l’élégance de la poésie.  Mais ce qui compte vraiment c’est de parler avec son coeur. Le fond compte, la forme moins ! 

LB : Le premier date idéal selon vous?

Crush : À votre avis ? Au Louvre évidemment !

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LB : Quel.le est votre dieu ou déesse de l’amour préféré.e : Aphrodite, Vénus, Inanna, Rama, Freya, vous-même, … ?

Crush : On aime la féminité assumée d’Aphrodite, mais notre plus grande déesse (comme beaucoup à l’école) c’est Ariane Thomas.

LB : Y a-t-il déjà eu des déclarations refusées (trop crues, trop compromettantes, etc.) ? (ON VEUT DU BUZZ)

Crush : On est parti du principe de n’en refuser aucune mais s’il en arrivait qui sont insultantes pour qui que ce soit on en parlerait avec l’envoyeur. Ça n’est jamais arrivé ! On ne met aucune censure au niveau des sentiments des gens, comme on vous l’a dit, on adore l’authenticité…

LB : Avez-vous déjà reçu une déclaration vous étant adressée via ce spotted ?

Crush : Si vous vous demandez si l’un de nous a déjà été visé, c’est un secret ❤ Par contre, on reçoit tout le temps des messages d’amour à destination du compte en lui-même et ça nous fait des petits frissons d’amour dans les orteils.

Un petit mot pour la fin : n’ayez pas peur de vos sentiments et n’ayez pas honte de vous dévoiler, personne ne vous juge, se déclarer c’est juste la plus belle chose qui existe (d’après nous, bien sûr) !

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Encore un grand merci à crush.edl, qui s’est merveilleusement prêté au jeu ! 

On ne peut que vous encourager à aller découvrir leur compte Instagram @crush.edl, pour satisfaire toutes vos envies les plus folles, prendre une bonne dose de love, et pourquoi pas trouver l’âme soeur, qui sait ? 

Toute la rédac’ en profite pour vous embrasser, virtuellement mais passionnément.

Longue vie à l’amour.

Top 30 des chroniques mèmesques de l’EDL en confinement

Plus que deux semaines ! On tient, on tient ! En attendant ce jour glorieux, Le Louvr’Boîte continue de penser à vous et vous concocte encore des articles spéciaux pour son Hors-Série en ligne Confinement ! Rire de la situation passée et future est la meilleure des stratégies pour éviter de céder à la panique ! C’est parti pour le Top 30 des mèmes de l’EDL confinée !

1. Tous en boîtes ! Et pas de jaloux s’il vous plaît, il va falloir tenir le siège !

Neurchi de Shrek

2. Nos proches aussi c’est un peu la galère mais bon… Compassion à distance !

Memes décentralisés_

3. Certains se lancent alors dans un voyage inattendu dans des contrées qu’ils n’avaient revu depuis Noël… Le calme, le vert, quel luxe. Mais ne ragez pas, il y a aussi des inconvénients.

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4. On commence alors une nouvelle vie, loin des examens… wait what ? Nan c’était une blague…

Kaamelott Memes

5. D’autres sont prêts à tout pour ne pas trop couper court à leur routine… Avouez il n’y a que les chapeaux ronds pour être aussi tordus !

Memes au beurre salé

6. On prie déjà un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… Pas du tout ! (Mamie a encore frappé…)

Faut pas pousser mes memes dans les orties

7. Certains sont en famille… Le télétravail commence, et on regrette que certains métiers existent pour nous frustrer encore plus de ne pas pouvoir mettre le nez dehors. En plus, on nous pique nos exploits de vie étudiante ! Avouez c’est injuste.

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8. Outre cet insolent beau temps, des choses extraordinaires se produisent aussi !!! 🙃😱

Neurchi de memes mythologiques

9. Revenus de nos émotions, quitte à rester chez soi, autant se reposer. En fait non. Merci m’man.

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10. Mais bon, faut dire qu’il y a vraiment du laissez-aller aussi et tout est permis… Normal que les parents n’en puissent plus.

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11. On ne peut pas fainéanter, ni même s’étaler… Ce n’est pas juste. La paix de Nimègue n’est pas prête d’être signée dans tous les foyers sous tension. 😒

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12. On trouve également d’autres occupations. Surtout si la nature vous manque dans votre 15 m2.

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13. Et pendant qu’on se la coule douce, certains se battent, d’autrent partent en explo. Les reverrons-nous un jour, sains et saufs ? La question demeure…

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14. Heureusement, le jour de Pâques est arrivé ! Et nous on part démarrer une autre quête… On va pouvoir sortir et enfin faire la chasse aux oe… Ah bah non. Ça non plus.😓 Alerte enlèvement de joie d’enfance enclenchée !

Faut pas pousser mes memes dans les orties 3

 

15. 13 avril 2020 – Macron a parlé, la France a écouté. Un espoir au 11 mai se dessine enfin ! Et le rêve continue encore !

Neurchi de films d_animation

16. Sauf que bon, on en a encore pour quatre semaines si tout va bien.

Création LB - Delatour

17. 14 avril 2020 – Notre BDE chéri nous annonce la claque du siècle… L’annulation du traditionnel Gala. Le LB propose une idée. Nouveau thème : « Au fil des masques » !

Création LB - PICARD

18. 15 avril 2020 – Bon… Heureusement le rêve est encore accessible en confinement ! (C’était l’instant mème ému de ce Top !). Coeur en chocolat inifuge sur toi N.-D. 💗 On pense à toi même à l’autre bout de la France, en zone blanche, entre les chèvres et les moutons.

BONUS - Faut pas pousser mes memes dans les orties

19. Et on attend des nouvelles ! Encore et toujours ! On essaie de rafraîchir nos boîtes mails tous les lundi soirs mille fois mais ça ne sert parfois à rien. Armez-vous de patience (et d’un bon wifi) !

Memes décentralisés

20. Ciel ! Un mail ! Ah oui d’accord. Est-ce que l’aurige de Delphes dans la rotonde a aussi eu droit à une bûchette de sucre ? l’EDL se pose la question !

Création LB - Bayeux style 2

21. On veut des réponses… Tous les cris, les S.O.S ! Partent dans le vide, ne laissent pas de traces…

Création LB - Géricault

22. 🎉Ah ça y est ! Examens dématérialisés !🎉 Mais oui, vous nous avez bien entendu ! Dématérialisés ! Allez on s’y remet ! Oui, TOI, on s’y remet ! Lâche ton bol !

Création LB - Chacmool

23. RIP le Bloc 4…. mais ne se serait-on point trompé d’ennemi par hasard ?

création LB - Doctor Who

24. On se reprend en main pour de bon et c’est parti pour les révisions simplifiées ! 💪

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25. Enfin si tant est que tu peux toujours décemment réviser…

Création LB - Louis XIV

26. Et si tant est que tu peux te débarrasser de tes pires cauchemars !

Création LB - Munch

27. STOP ! Keep calm ! *instant pub*, rappelle-toi que quel que soit ton enfer : parler de tes soucis, souligner tes problèmes, réclamer un câlin, soigner tes bobos : prie et écris à SAINT LUDO !

Création LB - Bayeux style 1

28. Bon on avoue quand même que certains problèmes sont encore insolvables… Les Master on pense à vous !

Création LB - El Dorado

29. Et n’oubliez pas de faire des pauses dans les révisions, lire les articles du LB, rire un bon coup, sortir pour s’aérer l’esprit ! Enfin faites gaffe quand même hein…

Création LB - Rembrandt

30. Et s’il vous plaît, juste, décrochez aussi de vos cours… Parfois ça ne vous réussit carrément pas ! #artdu20ème #mindblow #Bellmer=nightmare

Création LB - Bellmer

 

BONUS : Le LB vous repartage le SUPER BINGO BARBILLON en attendant votre traditionnel mail du lundi ! À jouer sans modération en rafraîchissant sa boîte mail et en relisant les anciens !

Bingo Mail EDL

Le Louvr’Boîte tient à remercier ses fidèles sources de rire qu’on reconnaît même derrière leurs masques grand public :

  • Raphaël V.
  • Neavi
  • Clémence P.
  • L. G.
  • Mèmes Décentralisés
  • Faut pas pousser mes memes dans les orties
  • Kaamelott memes
  • Memes au beurre salé
  • Neurchi de films d’animation
  • Neurchi de mèmes mythologiques
  • Neurchi de Hdf 2.0

Confinement et virtuel : comment rester connecté avec ses proches ?

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             Elisabeth II s’est dernièrement exprimée à la nation anglaise en déclarant « we will be with our friends again, we will be with our families again, we will meet again » mais savait-elle que pour les plus jeunes d’entre nous le lien n’a jamais véritablement été rompu ?

             Si les réseaux sociaux semblaient faire partie de notre quotidien avant le confinement, ils n’en sont que plus importants aujourd’hui. Ils sont devenus notre lien vers l’extérieur (j’ai l’impression d’être une star de téléréalité en écrivant ça). Pas si loin que ça du confessionnal, les applications comme Twitter, Facebook ou Instagram nous permettent de prendre des nouvelles. Longtemps décrits comme les lieux de l’expression du narcissisme par excellence, ils sont aujourd’hui le moyen d’assurer un lien physique rompu. On peut exprimer notre ressenti tout en écoutant celui des autres, c’est aussi un très bon moyen pour partager vos meilleures blagues (enfin surtout les miennes). Puis, les appels vidéo ont peu à peu remplacé les messages écrits, on ne veut plus seulement lire l’autre mais aussi le voir et l’entendre. Même si les connexions sont parfois aussi chaotiques que 2020, on peut participer à des réunions pour les plus travailleurs ou des apéros pour les plus trentenaires.

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             Certains parviennent même à rebondir grâce à une utilisation inventive des réseaux sociaux. La série Wtfock, adaptation belge de la série norvégienne Skam, s’appuie beaucoup sur les réseaux en temps normal pour donner l’impression au spectateur que les faits de la série se passent dans le même espace temps que la réalité. Le tournage de la saison 4 a dû être annulé mais les scénaristes ont su se servir de la disponibilité des acteurs et des ressources numériques en créant des appels vidéos et autres échanges donnant l’impression aux spectateurs que les personnages sont eux-aussi confinés. Néanmoins, le contenu reste limité alors certaines plateformes tombent à point nommé comme Disney +. Cette dernière permet la redécouverte de tous les classiques de notre enfance mais il est seulement possible de regarder du contenu avec ceux qui partagent notre confinement ou seul. C’est ainsi que certaines fonctions méconnues refont surface comme notamment Netflix party. Cette extension de Google Chrome permet de regarder des films en même temps que d’autres utilisateurs et d’utiliser un espace de chat. Simple d’utilisation, elle ne s’applique qu’au catalogue Netflix, pour ceux qui y possèdent un compte.

90167610_564499320832214_1253207053938196480_nToutefois, ces solutions de visionnage ne permettent pas d’être actif dans l’activité partagée. Pour remédier à ça, beaucoup ont fait le choix de rejoindre la communauté d’Animal Crossing sur Nintendo Switch. Malgré le coût engendré, ils y trouvent un moyen de créer et de se déplacer dans une réalité autre que la nôtre, réalité dans laquelle nous sommes actuellement bloqués. Le jeu permet de dépasser les interdits en offrant la possibilité de rendre visite à ses amis sur leurs îles respectives. Pour ceux qui ne peuvent pas jouer à ce jeu, d’autres options s’offrent à eux via internet. Il est notamment possible de jouer au loup-garou en ligne ou de faire des blind-tests. Evidemment ceux plus habitués aux jeux en ligne sauront vous diriger vers d’autres plateformes et jeux. Par ailleurs, l’application Discord vous permet de partager des moments conviviaux sur d’autres sites tout en échangeant par vidéo ou juste vocalement.  L’échange par le jeu permet alors de se retrouver et d’oublier le confinement un instant.

50202948_294951971216058_6688654562649178112_nIl est ainsi possible de s’occuper pendant le confinement tout en restant en lien avec vos amis et votre famille. Le lien créé dépasse parfois même le lien réel préexistant. Par exemple, il y a deux semaines, j’ai fêté l’anniversaire d’une amie, qui n’habite pas dans la même ville que moi, sur Houseparty. Nous nous sommes rendu compte que sans le confinement nous lui aurions probablement juste envoyé un message avant de le célébrer lorsqu’elle reviendrait sur Paris. Le confinement nous rapproche par la peur de l’éloignement et de la solitude, par la peur de perdre le lien avec ceux qui nous sont chers. Alors lorsque nous pourrons enfin nous retrouver, essayons de garder ce lien créé pendant le confinement qui dépasse le lien réel que nous connaissions avant. Sinon vous pouvez aussi profiter de la gratuité de Pornhub, vous faites comme vous voulez. 

Tyfenn Le Roux

Top du Tour de France 2019 des mèmes régionaux

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Parce que nos régions regorgent de spécificités, de fiertés et de gentilles rivalités, l’occasion du numéro Paysan était inespérée pour vous emmener faire un vrai tour de France du mème régional ! Le Top, pour des raisons d’équité est classé alphabétiquement et pour éviter les bagarres à la rédaction, on évite de trancher par nous-mêmes qui est le meilleur !

Alors, qui remportera le maillot jaune du rire ? On vous laisse du coup choisir et nous dire pour nous départager !

 

ALSACE – Sinon il manque aussi : « Comment les touristes nous voient : en petit lutin dans un marché de Noël tenant un bretzel d’une main et une écocup de vin chaud de l’autre », sauf que ça, c’est vrai ! 

 

 

 

 

AQUITAINE – Prendre au sérieux cette expression alors qu’elle sort d’un dialecte appelé « bordeluche »… Qui a choisi ce nom de patois ?  

 

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AUVERGNE- En attendant, c’est Strasbourg qui a remporté le trophée de plus belle cathédrale cette année.  Retentez votre chance ! Adissiatz, à l’année prochaine benlèu !  

 

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BOURGOGNE- Marre de l’éternel pain au chocolat / chocolatine ? Les Bourguignons ont un cadeau de Noël pour vous !

 

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BRETAGNE- On propose de se faire un pok et de tous devenir des pochs pour fêter ça dignement !

 


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CHAMPAGNE- Allez, ce sont les fêtes de fin d’année ! Bisous si vous avez du crément à table, au Louvr’Boîte on préfère les vraies fines bulles !

 

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CORSE – Attention, il paraît qu’en hiver, on préfère lapider là-bas avec des clémentines ! Méthode plus naturelle !

 

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DOM-TOM – Bon on vous inclut dans le Top mais uniquement parce que la Guadeloupe a la plus belle femme de France pour 2020 (notez que nos directrices du journal sont les prochaines pour 2021 !)

 

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FRANCHE-COMTÉ –  On se demande pourquoi les géographes ne vous ont toujours pas inclus dans la diagonale du vide mais on vous aime quand même les copains !

 

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ICI C’EST PARIS – On a voulu faire plaisir à une rédactrice francilienne de l’équipe mais nous avons grincé des dents en ramenant du rouge pour tenter d’oublier cet intrus dans le Top. On a bien dit « tenter »…

 

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LANGUEDOC-ROUSSILLON – Parce qu’on aime les débats houleux de province mais qu’au Louvre, on ne peut pas s’empêcher de pousser trop loin l’Histoire !

 

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LORRAINE – Marche également avec la questche ! Dommage que Schliemann n’en ait pas trouvé en fouilles !

 

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MIDI-PYRÉNÉES – En même temps, à faire des remparts en carton pâte fois gras / cassoulet, ça ne tient pas des masses…

 

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NORD-PAS-DE-CALAIS – Qui c’est qui veut tenter d’expliquer pourquoi il drache des harengs à Dunkerque fin février ?

 

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NORMANDIE – On attend vos votes pour le round des cidres et celui Galettes VS Mère Poulard !

 

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PROVENCE ALPES CÔTE D’AZUR –  Évitez de vous empéguer les uns les autres ! Bonnes vacances sur la Croisette !

 

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PAYS BASQUE – Parce qu’on aime les fiertés régionales, on vous incorpore mais juste cette fois ! Et on est d’accord qu’en échange la rédaction souhaite qu’on lui fasse livrer une palette de jambon de Bayonne au local du BDE en janvier sinon on lâche les taureaux !

 

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PAYS DE LA LOIRE – Oui on sait, la Vendée n’aurait jamais dû se trouver dans cette région. Si vous souhaitez monter une armée, on peut vous transmettre le nom d’un rédacteur qui serait trop content d’être votre général pour faire pleuvoir des obus de pintade au chou et distribuer des peignées à la mogette et à la gâche.

 

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PICARDIE – Un jour vous finirez par faire naître votre propre Haussmann et enfin gagner la ville… En attendant, retourner faire de la porcelaine et des tapisseries à Beauvais pour ne pas qu’on vous oublie trop !

 

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POITOU – Martigues, Colmar et le Palais de l’Isle d’Annecy vous rient au nez mais bon, chacun rivalise comme il peut ! Rappelez-vous, vous n’êtes qu’un MARAIS (très joli, on vous l’accorde, mais un marais quand même 😛 ) !

 

POITOU - Création LB

 

 

RHÔNE-ALPES – Vous auriez dû faire une alliance avec le mème de la Picardie. On vous dit ça pour l’année prochaine, faites-en ce que vous voulez !

 

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SAVOIE – Déjà que quand les 78 voient un flocon se poser sur leur nez en temps normal, ils s’évanouissent… Vous n’êtes pas prêts de débloquer la seule grande rue du village ! On vous propose une tournée de fondue générale pour passer le temps et attendre la dépanneuse !

 

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TOURAINE- Déjà que ce fourbe d’Aveyron essaie de vous piquer vos fouaces tant vantées par Rabelais ! C’est parti pour une nouvelle guerre picrocholine !

 

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BONUS – Parce que les Indépendantistes, vous nous faites pleurer de rire alors que devant la Coupe du Monde vous vous êtes faits des câlins et avez partagé vos bières !

 

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La Rédaction du Louvr’Boîte tient à préciser que ses sources d’inspiration et ses fous rires ont été nourris par les pages de mèmes Facebook suivantes que nous remercions chaleureusement :

  • Neurchi de memes alsaciens
  • Memes de Bouseux Bourguignons
  • Memes au beurre salé pour bretons alcoolisés
  • Best twiit
  • Memes de Franche-Comté
  • Memes intra-muros pour jeunes Franciliens
  • Goofy Gods Comics
  • Neurchi de Terres du Nord
  • Memes empegués pour jeunes gadjos decompressant à l’ombre de la bonne mère
  • Neurchi de Terres du Nord
  • Memes décentralisés pour provinciaux et francophones oubliés
  • Quelques créations de la rédaction du Louvr’Boîte

 

 

 

 

 

 

 

« Constellation Capricone » ou l’Écomusée du Véron en étoile montante de la culture près des musées parisiens

C’est sur une route bien connue par les cyclistes de la Loire à Vélo que se cache un écrin encore trop méconnu. En plein territoire bocager, au cœur de la Touraine et entre les bras bienveillants de la Vienne et de la Loire, se situe l’Écomusée du Véron. Loin du modèle de l’Écomusée d’Alsace qui est un peu le Skansen français, cet ancien corps de ferme de pierre de tuffeau et d’ardoise abrite des trésors insoupçonnés. Qui pourrait se douter, en pédalant sur la route et en croisant cette institution, que derrière ses portes se trouvent des Pablo Picasso, du Max Ernst, du Brassaï, du Paul Klee ? Mais attention, le contemporain n’est pas le seul invité des vitrines. Des antiquités gréco-romaines, des œuvres africaines et d’Indiens d’Amérique, des objets de la Préhistoire et de l’Océanie se donnent aussi rendez-vous dans ce cadre hors du commun.

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© CCCVL

Depuis le 6 avril 2019, l’Écomusée du Véron accueille dans sa superbe exposition « Constellation Capricorne » ces étoiles d’art. Comment un musée de province, presque perdu dans la campagne et en-dehors du si célèbre itinéraire des Châteaux de la Loire, peut-il regorger de telles surprises ? Il faut remonter un peu dans le calendrier…  Un an avant le début de l’exposition, au printemps 2018, l’ancienne Ministre de la Culture François Nyssen, lance l’opération « Culture Près de Chez Vous ». Véritable pari entre les petites institutions de France et les gros géants parisiens, ce projet ministériel vise à mieux faire circuler les œuvres sur le territoire afin de redynamiser la culture en province et briser le triste constat que la grande majorité des œuvres majeures se trouve dans la capitale.

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© Laureen Gressé-Denois

Ode poétique qui laisse le visiteur déambuler dans ses émotions, ses pensées et ses visions, « Constellation Capricorne » part de la sculpture monumentale Capricorne de Max Ernst pour emmener ses invités dans des pérégrinations aussi bien temporelles que géographiques, le parcours couvrant la Préhistoire jusqu’à de nos jours avec des œuvres venues de tous les continents. Le choix de ce bronze gigantesque de l’artiste dadaïste de Brühl est évident puisqu’en revenant des États-Unis où il laisse son original en plâtre à Sedona, il en fait faire des exemplaires en bronze qu’il a retravaillé, notamment à Huismes, commune toute proche de l’Écomusée, où il s’installe. Des films de l’époque montrent par ailleurs la présence de ce couple royal énigmatique dans son atelier. Capricorne regorge de secrets uniques. Si l’assemblage de ces êtres hybrides semble au premier abord bien étonnant et fortuit, dans la veine surréaliste de l’artiste, une seconde lecture tout à fait réfléchie et sans doute sciemment déterminée par l’artiste peut être déterminée. Celle-ci n’est possible que si l’on connaît déjà de nombreuses choses en Histoire de l’Art : reconnaître les idoles violons des Cyclades dans le buste de la Reine, la figure du Minotaure pour le Roi, la stature hiératique du couple qui fait éminemment penser aux représentations de couple pharaonique de l’Égypte ancienne, le chien gargouille symbole de fidélité amoureuse au Moyen Âge. Max Ernst propose plusieurs niveaux de découverte et de plaisir face à son œuvre que l’on savoure autant en simple amateur qu’en connaisseur. La prouesse réside aussi dans ces formes, trouvées en premier lieu en moulant des objets du quotidien dans le plâtre.

À l’aide de nombreuses citations philosophiques ou poétiques le visiteur n’a pas besoin d’être un grand éclairé de l’art pour comprendre et ressentir cette exposition adapté à tous les âges. Le thème de l’hybridation homme-animal, qui sous-tend toute l’exposition au-delà du Capricorne qui est le prétexte pour mettre en orbite d’autres œuvres semblables, soulève des questions sur nos conceptions de la spiritualité, de l’insondable, des forces de la nature en tant qu’adulte. Toutefois, l’enfant y trouve aussi son bonheur en s’extasiant devant ces êtres surnaturels qui lui rappellent ceux des contes avant d’aller au lit : les sirènes mi- femme mi-poisson, les sphinx mi-homme mi-lion, les centaures mi-homme mi-cheval… jusqu’à leurs super-héros préférés (Spiderman ne tient-il pas son pouvoir d’une araignée et Batman d’une chauve-souris) ?

Même si l’exposition ne s’étend que sur trois salles, elle présente des bijoux du centre Pompidou, du musée Pablo Picasso, du musée national de la Préhistoire de Saint-Germain-en-Laye et de très belles pièces de musées régionaux. Elle n’a absolument pas à rougir devant les expositions parisiennes. Dans une ambiance musicale douce, de belles vitrines toutes neuves qui pourront resservir pour de futures expositions, un éclairage tamisé et de grands panneaux aérés qui ne sont pas saturés d’informations mais qui au contraire, éveillent et nourrissent l’inspiration propre et la méditation du visiteur, « Constellation Capricorne » réunit tous les ingrédients pour plaire ! On ne peut que souhaiter longue vie et prospérité croissante à cet Écomusée qui se rapproche de l’intime et de l’universel de leur territoire plus que jamais. Elle est une telle réussite que même l’actuel ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer s’y est spécialement rendu pour la Nuit des Musées 2019.

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© Marie Turpin

Pour les vacances de Toussaint, si vous partez faire un tour le long de la Loire, ne manquez pas cette superbe exposition qui fait honneur aux collections parisiennes dans notre si belle campagne française jusqu’au 11 novembre 2019 !

 

Laureen Gressé-Denois

 

 

Retrouver l’Écomusée du Véron :

 ecomusee@cc-cvl.fr
 http://www.ecomusee-veron.fr
Facebook : https://www.facebook.com/ecomusee.du.veron/
Instagram : https://www.instagram.com/ecomusee_du_veron/

 

L’ApARTé scientifique – Les argiles les plus chaudes de ta région ou étude des transformations des matériaux soumis aux fortes températures

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Juin 2019. La canicule s’étend comme une chape de plomb brûlante sur la France. La moindre goutte d’eau vous paraît plus désirable que n’importe quel Marcellus ou torse de Milet. Vous portez à votre bouche une bouteille pour hydrater votre muqueuse qui vous semble plus sèche encore que le désert d’Atacama, à l’argile craquelée. Mais une question arrête votre geste : mais comment se fait-il que l’argile devienne imperméable après cuisson quand moi je peux me réhydrater à loisir ? -oui, vous êtes tarés, du moins moi je le suis et je me rassure en vous imaginant comme tel. Mais plus encore, quels sont donc les mécanismes de transformation des matériaux soumis à de fortes températures ? Nous nous contenterons des matériaux inorganiques parce que quand ça brûle … ça brûle quoi -mais ça serait parfait pour un petit bonus de l’été. Alors prend une bière Billy -1 litre et demi selon FR3, #seventies- et embarquons pour les magnifiques rivages de la physico-chimie !

 

Pour faire court, les différents éléments se trouvent sous trois états : solide, liquide et gazeux. La différence entre ces états provient de l’agitation moléculaire. L’agitation moléculaire ? Qu’est-ce à dirre que ceci ?! En fait, les molécules au sein de la matière s’agitent, frissonnent, remuent le derrière sur on ne sait quelle musique atomique -en tout cas ça doit être de la bombe ! … tuez moi. Si elle s’agitent peu, la fête moléculaire est au plus bas. Des liaisons moléculaires, telles de petits groupes de discussion, se forment et la matière se trouve donc à l’état solide. Quand l’ambiance se chauffe un peu, l’agitation moléculaire augmente, elles oublient le blabla, les liaisons sont moins fortes et la matière devient liquide (c’et la fusion). Mais si on augmente encore la température, toutes se mettent à twerker, à swinguer, à zouker à tout va et aux quatre vents, plus aucune liaison ne vient les restreindre. La matière arrive alors dans son état gazeux, c’est la vaporisation.

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Bon, ça c’est la base, mais cela va nous permettre de répondre à la problématique précédemment édictée -oui je te vois, toi au fond qui ne suis pas et c’est INADMISSIBLE, ne pas se préoccuper ainsi de ces ENJEUX MAJEURS ! … pardon- pour pas mal de matériaux mine de rien. C’est ainsi que l’on parvient à modeler la plupart des métaux, voici un petit tableau récapitulatif des points de fusion de quelques uns d’entre eux :

 

Pour ce qui est du verre, il atteint son point de fusion entre 1400 et 1600 °C  selon sa composition (pour information : le verre silicium, qui est le composant principal de la plupart des verres, atteint sont point de fusion à 1 730 °C). Mais il s’agit d’un solide non-cristallin, donc c’est un peu plus compliqué … disons simplement que c’est un peu comme un liquide mais en très très très visqueux. Je vous laisse avec ça, les plus tarés d’entre vous iront se renseigner (notamment sur le transition vitreuse, fascinant …).

 

Mais passons maintenant plus gros du sujet. Et à la réponse à notre question de départ : pourquoi donc l’argile devient-elle imperméable après cuisson ? Réponse simple de la plupart des sites ou livres : “car elle se transforme en matériau céramique de manière irréversible à très haute température”. Mais votre fidèle fou à lier serviteur ne peut pas se contenter d’une telle réponse, il me fallait aller plus loin. Pour cela, quittons la physique pour la chimie, mon sujet de prédilection : âmes sensibles s’abstenir, il va y avoir de la formule chimique ! Etant donné qu’il existe d’innombrables sortes d’argiles, nous nous contenterons de nous préoccuper de la kaolinite, composante de la plupart d’entre elles. 

Premièrement, sachez que la kaolinite (Al2Si2O5(OH)4) est ce que l’on appelle un silicate d’aluminium, soit un composé chimique d’oxyde d’aluminium, ou alumine (Al2O3), et de dioxyde de silicium, ou silice (SiO2). Hors, lors d’une calcination (cuisson), la kaolinite est soumise à plusieurs réactions chimiques se réalisant à certaines températures précises. Ces réactions permettent la formation d’un matériau céramique, moins perméable, en lieu et place de l’argile : c’est la terre cuite.

La première réaction a lieu, à pression atmosphérique, aux environs de 550 °C, c’est la déshydroxylation. En soit, il s’agit de la séparation de groupes hydroxyles (OH) d’un composé chimique par l’adjonction d’hydrogène (H), ce qui donne un composé instable et de l’eau (H2O). Le composé ici formé est un type de métakaolin –Métakaolin. Pokémon de type silicate d’aluminium anhydre (sans eau liée à lui). Existe sous plusieurs formes– (Al2Si2O5). En formule chimique simplifiée (car je ne représente que ce qui m’intéresse ici) ça donne ça :

 

Al2Si2O5(OH)4 → Al2Si2O5

 

Ensuite commence le plus gros de la composition chimique. C’est ainsi qu’à 980 °C le métakaolin, réagissant avec du dioxygène (O2) présent dans l’air, se scinde en alumine (Al2O3), en un type de spinelle –Spinelle. Pokémon de type PUTAIN DE COMPLEXE. Ne vaut pas la peine d’aller plus loin– (Al2O3 , 3 SiO2) et en silice amorphe (SiO2). Je vous remet une formule chimique, une bien complète celle-ci :

 

3 Al2Si2O5 + 6 O2 → Al2O3 + 2 Al2O3 , 3 SiO2 + 3 SiO2

 

Enfin, à 1 150 °C, l’alumine et le spinelle réagisse ensemble pour former de la mullite, un autre silicate d’aluminium, (Al2O3 , 2 SiO2) et de nouveau de la silice amorphe selon la formule suivante :

 

Al2O3 + 2 Al2O3 , 3 SiO2 → 3 Al2O3 , 2 SiO2 + SiO2

 

Et c’est tout. On s’arrête là. Car en effet les cristaux de mullite ainsi formés rendent la structure bien plus imperméable. La mullite étant stable à toutes les température à pression atmosphérique, cette réaction est irréversible et l’argile utilisée ne sera plus jamais la même.

 

Ah ! Ça fait du bien de répondre de manière satisfaisante à une question qui, si elle ne paraît pas très complexe, représente un vrai casse-tête si on s’y penche un peu. Mais je ne pense pas avoir encore fait le tour de la question. C’est pourquoi je vais sans doute vous proposer un certain nombre de petits bonus estivaux, pour le plus grand plaisir de mon esprit malade et des quelques irréductibles lecteurs qui, en pleines vacances, continuent à lire notre grand et magnifique Louvr’Boîte.

 

Raphaël Vaubourdolle

 

En tandem : L’archéologie en bulles, quand la BD fait de l’art.

Il y a de ces grands artistes qui ne sont pas assez reconnus dans le monde de l’histoire de l’art et non, malheureusement, nous n’écrivons pas un article pour rendre hommage à l’intermittent du spectacle qui fait s’élever des bulles de savon arc-en-ciel par-dessus l’Arc de Triomphe du Carrousel. Nous avons plutôt décidé de vous parler du lien entre archéologie, histoire de l’art et bande dessinée, comme exploré à travers l’exposition de la Petite Galerie du Louvre, jusqu’au 1er juillet 2019, intitulée « L’archéologie en Bulles ».

             Aussi décalé que ce binôme puisse paraître – archéologie et BD – cette association est en réalité très pertinente. L’exposition, répartie en cinq thématiques, propose d’approfondir le lien entre « artistes et archéologues » – d’où le nom de la première partie – d’une part par la corrélation entre les méthodes, car les deux domaines [ATTENTION SPOIL] ont recours à la pratique du dessin. Même avant la naissance de la discipline scientifique, les amateurs et voyageurs s’équipaient impérativement (entre autres) de carnets de dessins, afin de croquer tous les vestiges, œuvres et objets qu’ils voyaient, pour la mémoire et pour la diffusion. D’autre part, la relation entre artistes et archéologues est étudiée avec humour à travers la vision de l’archéologue dans les bandes dessinées : on les connaît toutes, ces figures d’explorateurs, aventuriers et détectives qui ne s’éloignent de la réalité que par leurs fantastiques aventures. Mais les artistes et les archéologues mènent alors dans ces épopées les mêmes objectifs de résolution d’énigmes posées par l’histoire. Cette partie fait bien sûr appel à des paysages de l’Egypte, notamment rendue célèbre par la fameuse expédition napoléonienne de 1798 à 1801, qui sont souvent associés à de sombres mystères.

             La sibylline Egypte n’est pas en reste de toute l’exposition. Elle permet au visiteur d’aborder la seconde partie sur les trésors archéologiques. Il est d’ailleurs accueilli par le portrait de Jean-François Champollion (Léon Cogniet, 1831) en couleurs chaudes, histoire de nous faire entrer dans l’ambiance désertique des fouilles. Le terme de « trésor », exploré par le second thème, revêt différentes formes en archéologie, réunies autour de l’idée de la découverte de quelque chose qui a été enfoui dans le sol, volontairement, d’objets plus ou moins précieux selon leurs matériaux ou leurs significations d’alors (comme des dépôts votifs, de fondation d’un sanctuaire etc.). Comme pour la première section, on complète cette vision de l’archéologie, ou de l’archéologue, par le prisme de la BD qui voit bien souvent dans ces découvreurs, ou ces « inventeurs » selon le terme employé en archéologie, des figures héroïques en quête de ces trésors devenus éminemment exceptionnels, la plupart du temps mis en scène de manière extraordinaire à vous donner envie de devenir archéologue. En évitant souvent la partie poussière, terre sous les ongles, restes de vaisselle en terre-cuite et tutti quanti. L’exposition n’oublie évidemment pas de mentionner les trésors sous-marins, dont les méthodes et les moyens de recherches s’étoffent de plus en plus depuis quelques décennies, illustrés par la statue en bronze d’Apollon découverte en 1832 au large de Piombino (Italie) qui appartient aux collections du musée du Louvre.

             Les collections du musée du Louvre sont d’ailleurs une sorte de fil conducteur dans la Petite Galerie, car les objets archéologiques qui illustrent le propos de l’exposition sont sortis de leurs salles. On en voit beaucoup dans la troisième section intitulée « Classer pour comprendre ». Celle-ci est plus centrée sur les méthodes de l’archéologie en nous montrant par exemple, dans une large et longue vitrine, de petits objets alignés sur des crochets, selon leur positionnement théorique dans une coupe stratigraphique, dans une sorte de reconstitution d’un sol de fouilles. Le bédéiste, bien qu’évoluant dans un univers souvent inventé, s’emploie la plupart du temps à recomposer ces strates du temps lui aussi, à faire des typologies d’objets à travers ses planches et à équiper ses héros de tous les ustensiles nécessaires.

             Le petit circuit nous emmène ensuite du côté de l’interprétation et du rêve, dans la section « Interpréter et Rêver », qui sont, somme toute, des caractéristiques communes aux deux domaines. Après les fouilles, l’archéologue doit interpréter ses découvertes pour pouvoir en faire une publication et, si l’objet a été trouvé en dehors de son contexte archéologique, comme cela s’est souvent produit au cours du XIXe siècle, l’archéologue doit mener une étude qui lui permettra de développer des hypothèses. Le bédéiste, quant à lui, se sert aussi bien de données réelles qu’imaginaires, car contrairement à l’archéologue, il peut s’intéresser à des sites historiques, les reproduire ou bien en inventer de nouveaux, « innover » sur les fondements historiques des recherches scientifiques. C’est ce que j’ai aimé dans la dernière séquence, « Quand la bande dessinée imagine », où l’on y confronte notamment ce célèbre tableau de Hubert Robert, Vue imaginaire de la Grande galerie en ruines, (1796) avec une planche de Nicolas de Crécy tirée de sa BD intitulée Période glaciaire, (Futuropolis et Musée du Louvre, 2005) comme le clou du spectacle. L’un imagine le Louvre de la fin du XVIIIe siècle en ruines, évoquant son ancienne fonction de musée où un copieur tente encore  d’apprendre des œuvres du passé et où d’autres tentent de se réchauffer autour d’un braséro. Tandis que le second imagine un Palais du Louvre plus proche du XXIe siècle, enseveli sous des mètres de neige, où des aventuriers incultes malgré eux tentent de sonder ces siècles de passé (tout en pensant qu’il s’agit d’une seule et même civilisation à un temps donné) avant qu’ils ne disparaissent totalement.

             Si vous êtes encore mitigés à l’idée d’aller voir cette exposition, vous serez entièrement convaincus par le coin lecture de la Petite Galerie, installé au milieu de la dernière salle, qui permet à qui veut de se servir dans les bandes dessinées installées dans une petite étagère entièrement à la disposition des visiteurs. Vous y trouverez la plupart des BD évoquées le long du parcours, ainsi que d’autres, et vous aurez la joie d’admirer les sourire et les visages joyeux de tout âges, que tous ces gens qui se plongent dans une lecture passionnante en plein musée arborent, tout en oubliant qu’il y a un crâne exposé dans la vitrine d’en face.

Lise Thiérion

Illu Archéo BD 2.jpgLa Bande dessinée fait son entrée au musée

(NB Les BD citées ne sont pas toutes présentées dans l’exposition).

Une fois cette balade dans la Petite Galerie bien en tête, attardons-nous davantage dans ce coin bibliothèque et même plus particulièrement sur la rencontre (pas si nouvelle qu’on pourrait le penser) entre les trois premiers arts (pour ceux qui ne connaissent pas bien la classification : architecture, sculpture et arts visuels) et le neuvième, la bande dessinée.

Cette association quand on y pense paraît bien naturelle. Associer les arts anciens et poussiéreux des musées à celui nettement plus actuel et accessible de la Bande dessinée ouvre une nouvelle palette de possibilités. Bien sûr nombre d’entre nous pourront crier à l’irréalisme constant qu’on peut voir dans une grande partie de ces ouvrages. Mais soyons indulgent et penchons-nous sur la qualité ou non de ces histoires dont certaines sont mises à l’honneur au Louvre cette année.

           L’histoire d’amour entre le Louvre et la BD remonte à quelques années déjà. Depuis 2006, le musée s’est associé avec la maison d’édition Futuropolis pour donner chaque année carte blanche à un auteur de BD (bédéiste pour les intimes) afin qu’il produise un ouvrage en rapport avec le Louvre. De grands noms y ont participé : on peut notamment citer feu Jirô Taniguchi, grand maître du manga qui a réalisé Les Gardiens du Louvre (ed. Futuropolis) en 2014. Ce genre de partenariat n’est pas uniquement propre au musée du Louvre puisque le musée d’Orsay possède aussi sa collection avec Futuropolis (n’ayant pour l’instant que deux ouvrages à son catalogue), dont le fabuleux et irrésistible Moderne Olympia (ed. Futuropolis, 2014) de Catherine Meurisse qui raconte les déboires de l’actrice Olympia dans l’industrie d’Orsay n’ayant que des rôles X sur son CV et dont sa principale rivale n’est autre que Vénus, star du tableau de Cabanel.

           La Bande dessinée réinvente l’art et les musées pour montrer un aspect différent de ce qu’on peut expérimenter lorsqu’on est simple visiteur.

           Dans un premier temps elle sert à raconter les histoires perdues de tous ces objets qui restent inertes dans les salles. Évidemment, quelques périodes semblent plus propices à la réécriture que d’autres. C’est la raison pour laquelle on a de nombreuses histoires qui prennent place au temps des Pharaons comme Papyrus (ed. Dupuis, depuis 1974, 35 tomes) de Lucien de Gieter qui raconte les aventures du héros éponyme, protecteur et ami de la fille du Pharaon. L’occasion de représenter énormément de statues, temples et tombeaux dans un univers rempli de hiéroglyphes. Mais l’Égypte ancienne n’est pas la seule époque privilégiée : l’Antiquité romaine connaît également son heure de gloire avec Alix (ed. Casterman, depuis 1965, 37 tomes) de Jacques Martin, citoyen romain et aventurier au service de César. N’oublions pas non plus dans Astérix (grands absents de l’exposition par ailleurs), les irréductibles Gaulois qui font trembler ce même César. Plus rares existent aussi des ouvrages qui tentent de remonter encore plus loin dans le temps comme l’iconique Rahan (ed. Hachettes, depuis 1969) de Roger Lécureux et André Chéret ou plus récent, Silex and the city, (ed. Dargaud, depuis 2009, 7 tomes) de Jul qui réécrit la Préhistoire avec humour et anachronismes, tout en s’inspirant d’objets tels que les Vénus sculptées. Ce qui explique probablement la présence d’une certaine Diane de Brassempouy, top modèle, dont la ressemblance est assez frappante avec la dame du même nom.

           Dans une autre optique, la Bande dessinée s’empare parfois du musée comme un lieu de décor pour ses histoires farfelues. C’est notamment le cas pour Les Chats du Louvre (ed. Futuropolis, 2017) de Taiyô Matsumoto où le Louvre serait peuplé par des chats depuis des siècles. Plus réaliste (quoique), Bastien Vivès nous plonge dans le casse du siècle avec La Grande Odalisque, (ed. Dupuis, 2012, 2 tomes) récit dans lequel il met en scène trois jeune femmes décidant de braquer le Louvre (mais aussi le musée d’Orsay et d’autres encore). Ce qui donne lieu à des scènes fascinantes, notamment une hallucinante cascade à moto sur la pyramide du Louvre. Le Musée du Louvre en lui-même n’est pas la seule source d’intérêt, ses visiteurs y participent également. Ainsi dans L’île-Louvre (ed. Futuropolis, 2015) de Florent Chavouet, les visiteurs sont les personnages : leurs commentaires, leurs questionnement et leur comportement est ce qui est le plus savoureusement représenté, pour le plus grand plaisir du lecteur.

           Enfin, l’art, source perpétuelle d’imagination, permet par lui-même de proposer de nouvelles histoires. Ainsi dans Le Cimetière des Cathédrales, (ed. Lombard, 1988) de la série Rork d’Andréas, le héros part à la recherche en Amazonie d’un certain cimetière au fin fond de la forêt qui accueillerait des centaines de vieilles cathédrales envahies par la nature, de quoi faire frissonner un médiéviste. À l’opposé de cette idée de faire revenir le passé, Période Glaciaire (ed. Futuropolis, 2006) de Nicolas de Crécy nous amène dans un futur où des archéologues retrouvent le Louvre sous les glaces et interprètent ce qu’ils y découvrent (un bonnet de l’OM par exemple, marque d’appartenance suprême). Les objets y prennent vie également, appelant leurs redécouvreurs à l’aide. Le Louvre, déjà un lieu d’histoire en lui-même, devenu de nos jours un lieu d’exposition de découvertes, redevient dans ce futur un objet d’étude avec tout ce qu’il renferme dans ses salles enfouies. Les découvertes cherchent perpétuellement à être redécouvertes.

           La Bande dessinée s’empare donc de ce domaine monstre qu’est l’histoire de l’art, la remodèle, se l’approprie et en renvoie une image différente, réinventée. Cette association est peut-être ce qui pourrait permettre aux musées d’atteindre des publics qu’ils n’atteignent pas habituellement, mais cela reste encore à voir.

Salomé Moulain