Interview Le Pogam

Flora et Cassandre : Pouvez-vous vous présenter et nous donner quelques étapes de votre parcours professionnel (études et carrière) ?

Pierre-Yves Le Pogam : J’ai tout d’abord étudié à Paris IV et Paris I, puis à l’Ecole du Louvre et à l’Ecole des Chartes. Enfin j’ai un doctorat en histoire de l’art. J’ai été conservateur au musée de Cluny pendant sept ans, de 1992 à 1999. Ensuite je suis parti cinq ans à Rome où j’ai fait partie de l’École française de Rome. Je suis revenu en France en 2005 et je suis devenu conservateur au musée du Louvre jusqu’à aujourd’hui au département des Sculptures.

Cassandre et Flora : Pourquoi vous être tourné vers la sculpture médiévale ?

PYLP : J’ai toujours aimé l’art médiéval. Plus jeune, j’aimais beaucoup les châteaux et les églises. C’est donc le premier domaine où j’ai décidé de m’orienter. Tout me plaît, que les œuvres soient des objets d’art, de l’architecture ou de la sculpture par exemple. Je me suis d’ailleurs d’abord plutôt spécialisé en histoire de l’architecture et aussi bien dans ma thèse à l’Ecole des Chartes que dans mon autre thèse d’histoire de l’art, j’ai abordé l’histoire de l’architecture. Au musée de Cluny je m’occupais beaucoup d’objets d’art, d’art décoratif et d’architecture. C’est lorsque je suis arrivé au Louvre, il y a dix-sept ans, que je me suis surtout intéressé à la sculpture. Enfin, je trouve également que l’époque médiévale est une période de mille ans très riche et très complète à la fois et donc passionnante.

C et F : Etes-vous souvent impliqué dans des projets de restauration ? Quel est votre rôle dans la mise en place de tels projets ?

PYLP : Bien sûr, je suis profondément impliqué dans ces projets, mais il faut préciser que ma réponse s’explique par le contexte institutionnel et administratif français. Les pays anglo-saxons ont des restaurateurs, des « conservators », mot qui signifie conservateur-restaurateur. Ces derniers ont beaucoup plus d’autonomie et de pouvoir de décision qu’en France ou dans un autre pays latin.

Cela pose beaucoup de questions évidemment. A l’idée de restauration, il faut toujours associer l’idée de conservation. En effet, la décision d’une restauration en France appartient aux conservateurs car ils sont les responsables des musées. Cela peut poser des problèmes dans d’autres systèmes comme les pays anglo-saxons, car les « conservator » n’ont parfois pas toutes les connaissances des conservateurs français qui ont effectué des formations très poussées, comme celle de l’INP. En revanche les « conservators » ont des notions de physique et de chimie très avancées, car ils sont aussi restaurateurs. Chaque système pose donc beaucoup de questions. En France, c’est une question d’interdépendance, entre le conservateur qui détient les connaissances en histoire de l’art et le restaurateur qui détient les connaissances techniques et scientifiques.

Il est possible d’engager des mesures de restauration pour plusieurs raisons. La première est avant toute chose de conserver les œuvres d’art. Il est possible de se rendre compte d’une altération lors d’un récolement (inventaire obligatoire des musées de France tous les dix ans) ou lors du voyage d’une œuvre. A ce moment-là, nous pouvons engager une restauration, tout du moins une opération de conservation-restauration pour que l’œuvre ne souffre pas de plus de détérioration.

Il peut également être choisi de restaurer une œuvre si l’on estime que son état actuel est correct mais pas assez satisfaisant ou pour revenir à un état antérieur. Cela sera notamment le cas pour les œuvres polychromées, mais pas seulement. Cela peut concerner une œuvre en pierre, en marbre, en bois, non polychromée ou qui n’en a plus que des restes. L’œuvre peut montrer beaucoup de salissures, des traces d’interventions anciennes, du plâtre, des apports de matières variées, par exemple des cires pour les bois polychromés qui peuvent avoir noirci l’œuvre. Ce sont toutes des raisons valables pour démarrer un chantier de restauration et ce sont les conservateurs comme moi-même qui décidons des restaurations annuelles.

C et F : Pouvez-vous nous décrire certaines étapes importantes d’un projet de restauration de sculpture médiévale ?

PYLP : Exception faite des restaurations très ponctuelles qui répondent à une dégradation ou à un simple nettoyage, une restauration doit toujours être précédée d’une étude. On demande donc à un restaurateur un devis d’étude sur l’œuvre en question. C’est une étape essentielle, car nous déterminons beaucoup de choses à cette étape et bien souvent le restaurateur a un regard aguerri. Il fait des analyses, regarde attentivement l’œuvre avec des microscopes. Il peut également demander des analyses plus spécifiques, de type physico-chimiques par exemple pour la polychromie ou bien sur la nature de la pierre, la nature du bois, etc. (notamment auprès du C2RMF ou du LRMH) En parallèle le conservateur doit bien réfléchir et prendre en considération toutes les perspectives de l’œuvre, étudier les photographies de l’œuvre, son historique, sa provenance, ce que l’on sait de ses éventuelles restaurations passées, jusqu’à sa mention dans les publications antérieures. Il va tout reprendre en considération de ce problème avant de rendre son verdict pour une décision de restauration définitive. L’étude de restauration coûte peu cher par rapport à une opération de restauration d’envergure, même si le restaurateur y passe beaucoup de temps, mais elle est essentielle.

Ensuite il faut laisser du temps et c’est un point sur lequel j’aime insister. En effet, bien souvent, on veut effectuer l’étude dans l’année et faire la restauration pendant l’année suivante, mais il n’est pas si mal de laisser plus de temps au projet et d’arriver à l’étape de la restauration deux ans plus tard. Les analyses, avec le C2RMF par exemple, peuvent parfois être longues, en fonction de ce que l’on demande. Ainsi es analyses de carbone 14 réclament du temps et il faut que les personnes qualifiées soient disponibles. Souvent les résultats d’analyse arrivent après l’étude du restaurateur. Il faut donc se donner le temps de faire la restauration dans un temps décalé.

Enfin, le dernier point est délicat : doit-on véritablement intervenir ? On en a souvent envie, on veut retrouver une œuvre plus proche de l’état original, lorsque cela ne nous prive pas d’étapes importantes de son histoire. Néanmoins, il y a toujours une sorte d’angoisse car il faudrait que chaque restauration soit réversible. En réalité dans beaucoup de cas, c’est irréversible. Cela peut donc être délicat, d’autant plus que même les restaurateurs les plus aguerris peuvent se tromper. Il peut y avoir des erreurs techniques mais aussi matérielles, dans le sens où les techniques évoluent. Par exemple, l’utilisation du laser à ses débuts n’avait pas été très optimale en France et en Italie, mais aujourd’hui elle est une très bonne technique de restauration. Cela est vrai avec toutes les techniques (micro-sablage, dégagement au scalpel, etc.). Nous pouvons rater des informations importantes qui peuvent paraitre invisibles, peu évidentes à collecter aujourd’hui mais que nous aurions pu comprendre dans le futur avec de nouvelles technologies.

Les lichens qui se déposent souvent sur la pierre ou le marbre sont un bon exemple. Il est raisonnable de ne pas voir la nécessité de les conserver à la surface de l’œuvre. Or, j’ai lu une étude qui était tout à fait passionnante sur une œuvre conservée dans une collection privée en Belgique. Elle est magnifique mais nous ne connaissions pas du tout son histoire, elle n’était pas rattachée à une série. L’étude effectuée par un collègue, qui est un très bon spécialiste, l’a attribuée à Nicolas Pisano. Cependant le manque d’information sur l’histoire de cette œuvre constituait un problème. De plus, l’œuvre fut retrouvée en Belgique sans que l’on ne sache comment elle y était arrivée. Mon collègue a fait faire une étude des lichens présents sur le marbre. Les spécialistes ont montré que ces derniers provenaient de la mer tyrrhénienne (la partie de la Méditerranée qui longe la Toscane, ndlr), là où était actif Nicolas Pisano. A mon sens, cette œuvre ne posait pas de problème dans son attribution, elle est bien de Pisano, mais c’est extrêmement intéressant de voir qu’ici, les lichens apportent des informations supplémentaires importantes. Cette œuvre a bien dû être conservée un temps dans cette partie de l’Italie.

Cassandre : Cela veut-il dire que les lichens ont créé des écosystèmes sur la statue et qu’ils y sont restés des années en continuant à proliférer depuis qu’elle a quitté l’Italie ?

PYLP : Non. Il faut considérer la sculpture comme le support de « cadavres » de lichens . Au Louvre, si vous observez certaines statues dans la section dont je m’occupe, vous pourrez voir qu’il en reste certains sur les œuvres. Les lichens qu’on retrouve sur les sculptures aujourd’hui ne sont pas vivants parce qu’il leur faut de la lumière et de la nourriture pour se développer. Ils ne sont pas actifs mais n’en demeurent pas moins très intéressants pour l’étude et ils ne représentent pas un danger pour les œuvres. Il serait possible de les enlever mais je préfère les garder, si jamais nous voulons vérifier des informations plus tard.

Un autre exemple comparable aux lichens, sont les revêtements translucides que devaient posséder de nombreuses œuvres non polychromées en marbre ou en albâtre ou qui ont pu en avoir et qui les ont perdus. On sait que cette couche existait, une étude très importante a eu lieu dans le cadre de l’étude du Maître de Rimini, ce grand sculpteur anonyme du XVe siècle, qui le montre. En ce moment, une exposition à Francfort a lieu sur cet artiste. Nos collègues ont démontré qu’il y avait un reste de quelque chose sur les œuvres, comme une cire, un revêtement ancien. C’est très intéressant car cela donne un aspect légèrement différent à l’œuvre. Cela joue sur la brillance, l’opacité et la luminosité de l’œuvre. Il est important de comprendre cela et de ne pas forcément intervenir dessus. Lorsque je demande la restauration d’une œuvre, je suis particulièrement vigilant à laisser intact un quelconque revêtement, notamment lors des nettoyages.

Cassandre et Flora : Si une sculpture comporte donc une restauration antérieure à celle que vous désirez apporter (par exemple du XVIIIe ou du XIXe siècle), pensez-vous qu’il faille garder cette restauration pour montrer l’évolution de l’œuvre ?

PYLP : Dans ces cas de restauration là, il nous faut nous en tenir à la doctrine telle qu’elle est donnée par l’ICCROM. Cesare Brandi (1906-1988) a été l’un des fondateurs de la déontologie actuelle de la restauration. L’un des points qu’il a établis est que l’on ne doit pas restaurer une sculpture, ou une œuvre de manière générale, pour retourner à son état antérieur si l’état actuel est satisfaisant et complet. On ne doit pas restaurer une œuvre si la surface est complète, même si cette dernière date du XIXe siècle. C’est la théorie et elle est juste car, d’un point de vue strictement financier, cela permet de ne pas dépenser pour rien et surtout, déontologiquement, on ne doit pas aller contre l’histoire de l’œuvre. Tout est dans l’appréciation du degré de ce que l’on voit et de ce que l’on a en dessous de cette couche visible. Cette théorie vaut pour tous les domaines techniques (orfèvrerie, peinture, architecture…), même si chaque domaine a ses particularités. En peinture, on n’enlève pas un surpeint moderne s’il est complet. Après, si dans l’histoire de l’œuvre, quelqu’un a commencé à l’enlever, il vaut mieux souvent finir l’opération.

Pour le Christ Courajod, un chef d’œuvre qui se trouve dans les salles du Louvre, j’avais demandé une étude pour cette œuvre auprès de deux très grandes restauratrices car l’œuvre rendait bien de loin mais devenait assez étrange de près. Cette sculpture avait fait l’objet de plusieurs campagnes de polychromie, ce qui était très souvent le cas pendant l’époque médiévale et moderne. Puis, il ne faut pas le cacher, au XXe siècle, il y a eu une restauration faite au Louvre par la maison de restauration Bouet, qui avait été désastreuse, car comme beaucoup de restaurations à cette époque-là, on arrachait la polychromie, on griffait l’œuvre. L’œuvre était donc comme une « peau de léopard », un mélange de toutes les couches, des plus anciennes aux plus récentes. Je voulais donc faire une étude pour déterminer s’il était possible d’améliorer sa présentation, ne serait-ce que pour avoir une lecture de l’œuvre qui soit correcte. Comme dit ci-dessus, lorsque que des « restaurateurs » précédents ont déjà commencé à enlever les couches les plus récentes, autant finir pour redonner de la cohérence à la surface de l’œuvre. C’est ce que nous avons fait pour le Christ Courajod. Sa restauration a été très longue, sur plusieurs années et en plusieurs étapes avec l’aide d’un comité scientifique. Nous avons d’abord restauré par parties, ce qui n’est pas normal en principe. En effet, d’après Brandi, l’œuvre est un tout. Pour le Christ Courajod, le corps (les carnations) avait quasiment perdu toute trace de polychromie ancienne et récente. Nous sommes donc d’abord intervenus sur le corps, ensuite sur le périzonium (linge drapé autour des reins du Christ en croix, ndlr), puis sur toute la sculpture et en voyant le résultat final, nous avons su que l’intervention était réellement nécessaire.

Un autre exemple montre que conserver une restauration plus tardive peut être pertinent : une Vierge en majesté auvergnate romane (qui n’est pas au Louvre) a été restaurée par une très bonne restauratrice. Elle a été repeinte à plusieurs reprises et elle a conservé toutes ses polychromies. Il a été possible de dégager une couche qui datait de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle avec un motif qui ressemble à des ananas. C’est bien évidemment incohérent avec la période romane, mais c’est une étape indispensable de son histoire. Cette couche de polychromie nous empêche de voir ce qu’il y a en-dessous. On peut faire des fenêtres (des ouvertures) pour mieux comprendre l’œuvre sur plusieurs couches successives, mais on ne fait des ouvertures que s’il y a déjà des lacunes sur l’œuvre.

Enfin cela pose une question intéressante : on voit parfois des faits divers dans la presse sur des œuvres d’églises repeintes par des amateurs. J’ai vu un cas assez récent à Caen avec une Vierge du XVIe siècle repeinte de manière atroce par la paroisse, alors qu’elle était protégée par les monuments historiques. Que faut-il faire dans ce cas-là ? Le résultat de cette couche supplémentaire est tout à fait discutable d’un point de vue technique et esthétique, mais l’opération est réalisée, c’est trop tard. C’est toujours très dangereux d’enlever une polychromie et cela dépend aussi du type de peinture utilisée. En intervenant, on risque d’enlever ce qu’il y avait en-dessous.

Cassandre et Flora : Votre travail s’axe principalement autour de la relation que les œuvres médiévales sculptées entretiennent avec leur milieu de création et la société de leur époque. Par quels moyens tentez-vous de l’expliciter dans la muséographie des galeries de sculptures ? Est-ce l’un de vos projets ?

PYLP : Le contexte historique et la société de l’époque sont des questions sur lesquelles nous nous penchons beaucoup. Surtout au Moyen Age, mais aussi avec tous mes collègues s’occupant de sculptures de différentes époques, nous aimerions ajouter du contexte. Nous avons pu refaire tous les cartels du département des Sculptures récemment qui sont donc maintenant plus longs et parfois avec des images. Nous réfléchissons avec la nouvelle présidente à rajouter des informations à un niveau supérieur, notamment sur des panneaux.

Cassandre : Comme ceux utilisés lors des expositions ?

PYLP : Oui exactement ! Nous pourrions alors expliquer les outils et les techniques utilisés, ou aborder des thématiques plus générales, mais ce projet n’a pas encore été réalisé pour différentes raisons, notamment financières. La présidente y pense néanmoins. On aurait également besoin de médiation numérique. Je soutiens beaucoup cette idée car cela permettrait de comprendre un ensemble de choses par l’image, cependant cela pose des questions de maintenance et de gestion importantes qui sont encore compliquées aujourd’hui au Louvre. Nous sommes un peu en retard dans ce domaine mais ce n’est pas faute d’avoir des projets !

Cassandre et Flora : Entre le début de votre travail sur ce sujet et aujourd’hui, trouvez-vous que l’étude de ce genre artistique et de cette période a augmenté ? Pensez-vous que les sculptures médiévales aient assez de visibilité ? (Si non à la question sur le nombre d’études augmentées alors comment pensez-vous qu’il puisse être possible d’y remédier ?)

PYLP : C’est stable, même s’il y a des lieux ou des sujets auxquels on s’intéresse plus selon les années. Le Moyen Age a été à la mode aux Etats Unis à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, et cela fait longtemps que c’est fini, ce que je constate en étant sur place en ce moment (l’interview a eu lieu par appel vidéo, ndlr) et en parlant avec des Américains. L’engouement pour l’art ancien a beaucoup diminué de manière générale, même s’ils ont des collections incroyables. Ils ont voulu concurrencer et imiter l’Europe à une certaine époque. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

L’histoire de la recherche est faite de cycles : les gens travaillent sur les mêmes sujets en même temps et certains sujets sont alors complètement délaissés. Cela dépend des modes et des fonds mis en jeu. Si vous travaillez sur un sujet à la mode, vous avez plus de chances d’avoir des fonds pour mener vos recherches. Heureusement, il y a des personnes qui ont d’autres idées, sortent de ces phénomènes de mode et travaillent sur des sujets plus originaux. Enfin je pense qu’il faut aussi communiquer, comme je le fais avec vous aujourd’hui

Cassandre et Flora : Pour finir, avez-vous des expositions prévues prochainement ?

PYLP : J’avais un projet à Los Angeles, avec le Getty Museum, mais cela ne s’est pas fait pour des questions logistiques. J’ai également un autre sujet d’exposition que je prépare depuis longtemps et qui ne concerne pas que la sculpture. J’espère pouvoir le mettre en œuvre au Louvre. C’est une exposition sur le sujet de la folie à la fin du Moyen Age, que je prépare avec ma collègue, Elisabeth Antoine.

Cassandre : Avec la figure de Charles VI par exemple ?

PYLP : Oui exactement ! Cependant il ne s’agit pas que de la folie mentale, mais aussi de la folie de façon plus générale, avec notamment des questions spirituelles et religieuses. Vers 1500, nous avons des écrits et aussi des œuvres comme la Nef des fous de Jérôme Bosch. C’est un sujet central de la fin du Moyen Age. J’ai bon espoir qu’elle ait lieu.

Cassandre et Flora : En tout cas, nous avons envie de la voir ! Merci beaucoup pour vos réponses !

PYLP : Merci de m’avoir écouté ! Je vous encourage à venir voir les r œuvres au Louvre, dans nos départements !

Cassandre et Flora

Interview Junior entreprise

École du Louvre Junior Conseil a cette année encore réalisé une mission en collaboration avec le Club international pour participer à l’accueil des élèves internationaux de l’École ! La mission comprenait trois médiations : une visite des chefs-d’œuvre méconnus du Louvre, une visite des quartiers du Louvre et du Marais et une visite « jeu de piste » du quartier Latin à destination des élèves internationaux de l’École du Louvre. Les objectifs de cette mission étaient de faire découvrir la culture française aux élèves internationaux, de faciliter leur intégration et de les guider dans leur nouveau cadre de vie.

            Nous avons rencontré Lucie, qui a activement participé à la mise en place de cette mission. Chef de projet au pôle Commercial de la Junior Entreprise et élève en troisième année de premier cycle en spécialité arts du XIXe siècle, elle est entrée cette année à l’école du Louvre par équivalence, après deux années de prépa. Nous lui avons demandé de présenter la Junior Entreprise pour ceux et celles qui ne la connaîtraient pas, puis de nous expliquer plus en détails cette mission.

Flora : Est-ce tu pourrais nous présenter la Junior-Entreprise pour ceux et celles qui ne la connaîtraient pas ? Nous expliquer de quoi il s’agit et quelles sont ses missions ?

Lucie : La Junior-Entreprise est, globalement, une entreprise gérée par des étudiants et pour des étudiants et à vocation non lucrative. Notre but est de nous professionnaliser, que ce soit de la part des membres actifs, comme moi par exemple, en gérant la structure à un poste précis sur une année entière de novembre à novembre de l’année suivante ou de la part des intervenants ou adhérents. Il s’agit de n’importe quel élève de l’école qui peut postuler à nos missions (médiation, rédaction etc.). Ils sont rétribués pour leur mission. Nous travaillons avec beaucoup de types de structures différentes, comme le musée du Louvre ou du Jeu de Paume, Chanel… mais aussi avec des plus petites structures ou musées…

Flora : Quel est ton rôle au sein de la Junior-Entreprise ?

Lucie : Au sein de la Junior-Entreprise, il y a plusieurs pôles comme le pôle prospection qui va à la rencontre des potentiels clients. Moi, je suis dans le pôle commercial, cheffe de projet. Dans le pôle commercial, il y a 8 membres en tout. Il y a 2 co-responsables et 6 cheffes de projet. Le rôle de la cheffe de projet est de vérifier le bon déroulement d’une mission, de sa conception à sa clôture. On se charge de recruter, de former les intervenants à la mission. On va faire le suivi client, vérifier que tout est bon de son côté, mais également du côté de l’intervenant, pour lui transmettre les informations.

Flora : Tu as fait partie de ce projet entre la Junior-Entreprise et le Club International. Est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus ?

Lucie : J’ai récupéré la mission en cours de route, en fait une première mission similaire avait été faite en juin l’année dernière et elle a été reconduite cette année entre décembre et janvier. Je gérais le bon fonctionnement de la mission. Il s’agissait de faire des visites : il y en a eu une sur la visite du quartier du Louvre et du Marais, une autre sur les chefs d’œuvres inconnus du Louvre ou encore un jeu de piste dans le Marais. On a eu pas mal de soucis avec cette mission car très peu d’étudiants du Club International y ont répondu. Finalement on a décidé d’étendre le public non plus seulement au Club International mais à toute les élèves de l’école qui voulaient y participer. Les intervenants qui sont des élèves de l’école ont du coup dû réadapter le propos parce qu’à l’origine, leurs médiations étaient faites pour des étudiants qui ne connaissent pas Paris, mais finalement, on apprend toujours des choses sur Paris et donc ça a quand même été très intéressant même avec un public différent.

Flora : Est-ce que tu penses que ce projet a quand même pu aider, même s’il y a eu peu de participants ?

Lucie : Je pense que oui, on a eu quelques retours d’élèves internationaux qui ont beaucoup aimé et même pour les élèves ne faisant pas partie du Club International et qui ont trouvé la visite très sympa, cela leur a permis de décompresser un peu du travail, qui peut nous submerger parfois. La mission d‘origine n’a pas été complètement réalisée mais finalement on a pu faire quelque chose de bien et le mener à terme.

Flora : Est-ce que tu sais si ce projet sera reconduit ?

Lucie : Je pense qu’il sera reconduit parce que la personne de l’administration du Club International avec qui j’étais en relation avait l’air aussi attristée que moi que ça ne fonctionne pas aussi bien. Mais on s’est dit que le fait que ça se tienne en décembre-janvier en plein covid n’était pas idéal ; il y a beaucoup de personnes qui n’osaient pas venir et aussi à cause du froid. On va donc essayer de reconduire ça sur une période plus estivale, comme en juin l’année dernière, où ça avait mieux fonctionné.

Flora : Est-ce qu’il y a des nouveaux projets qui sont en train d’être préparé par la Junior-Entreprise et tes projets à toi au sein de la Junior-Entreprise?

Lucie : C’est vrai qu’on est constamment en train de faire des missions, notamment avec des musées. En ce moment, l’une des cheffes de projets réalise une mission avec l’École du Louvre qui consiste en une série de podcasts avec Claire Barbillon, l’architecte de la nouvelle bibliothèque et d’autres, qui seront diffusés pour l’inauguration de la bibliothèque.

Flora : Est-ce que tu aurais quelque chose d’autre à ajouter ?

Lucie : Pour la Junior, n’hésitez pas à vous renseignez sur nous et à candidater à nos missions. On ne peut pas toujours accepter tout le monde, mais si on n’a pas pu retenir un profil qui nous intéressait quand même, on peut parfois le recontacter pour d’autres missions similaires. On propose beaucoup de missions et vous trouverez peut-être celle qui vous correspond ! On accepte tous les profils, de la première à la dernière année d’études à l’école. Cela dépend des missions, on le mentionne dans l’annonce. En ce moment, on a une offre de mission en rapport avec les fleurs, il suffit de bien aimer les fleurs, d’être sérieux et motivé. La motivation des candidats compte beaucoup dans notre choix, il ne faut pas hésiter à nous envoyer des messages ! Merci beaucoup !

Ensuite, nous avons interviewé Mara, 27 ans, c’est une élève originaire du Brésil en première année de premier cycle en spécialité Art contemporain. Elle est à Paris depuis l’année 2020-2021 et a participé à la médiation proposée par la Junior-Entreprise en partenariat avec le Club International de l’École. Nous lui avons demandé de partager son expérience.

            « Il s’agissait d’intégrer les élèves étrangers, l’objectif principal était de connaître la ville et le musée du Louvre et d’avoir la perspective des personnes qui les connaissent bien.

La première activité consistait en une visite des quartiers du Louvre. L’intervenante donnait des informations amusantes sur la rue où l’on se trouvait, cela permettait de nous situer dans un contexte, d’en savoir plus sur l’histoire de Paris, et de regarder les choses autour de nous avec autre regard. En tant qu’étudiante internationale, connaître plus amplement les lieux de notre quotidien, avoir les références des personnes qui vivent ici depuis longtemps me fait me se sentir plus intégrée et facilite les interactions avec les autres élèves.

J’ai adoré cette partie, si c’était à refaire, je le referai sans hésiter, l’intervenante était parfaite ! J’ai pu visiter des choses que je ne connaissais pas et ça ressemblait à une promenade entre amis donc c’était très agréable. Les dates ont seulement été annoncées un peu trop tard, les élèves internationaux en master n’ont pas pu participer car c’était leur semaine d’examens.

La seconde partie était une visite guidée au Louvre axée sur ses «chefs-d’œuvre méconnus». On a ainsi pu découvrir des salles que je ne connaissais pas, et des objets tout petits auxquels on ne fait pas forcément attention. Cette visite avait aussi et surtout pour objectif de nous aider à nous repérer dans le Louvre car il y a énormément de salles. L’ intervenant a également introduit la question de la muséographie. Ça m’a beaucoup aidé à avoir des repères et ça nous introduisait aussi à ce que l’on étudie au coursde notre formation à l’École.

            Je n’ai malheureusement pas pu participer à la troisième activité, qui consistait en un jeu de piste dans le quartier latin. Ça avait l’air très ludique et très intéressant.

Leïla : « En tant qu’étudiante internationale, quel genre d’évènement aimerais tu voir à l’avenir dans la collaborations de la Junior-Entreprise avec le Club International ou avec des étudiants internationaux ? »

Mara : « Je pense qu’il serait aussi intéressant d’avoir une petite journée multiculturelle où les élèves peuvent apporter un échantillon de la production artistique ou culinaire de leur pays ! Un peu comme une galerie ou un petit marché avec des stands et des représentants pour chaque pays ou culture. Ça permettrait de découvrir le point de vue des élèves et les artistes de leur pays d’origine qui sont peu connus à l’international. On pourrait aussi intégrer les élèves en Erasmus. »

Leïla Somaï, chargée évènementiel d’École du Louvre Junior Conseil
Flora, co-présidente du Louvr’Boite

Salière de Cellini

Carte d’identité :

  • Nom de l’œuvre : Salière de Cellini,
  • Artiste : Benvenuto Cellini
  • Date d’exécution : entre 1539 et 1543
  • Matériau : or, ébène et ivoire
  • Dimensions : 26,3 x 21,5 cm
  • Commanditaire : François Ier
  • Localisation : Musée d’Histoire de l’art de Vienne

Sur une base d’ébène de forme ovale ornée d’un décor en émail, qui repose sur quatre petites boules d’ivoire permettant de faire rouler la salière sur la table, deux sculptures en or massif se font face. D’une part, la Terre, figurée par Cybèle entièrement nue, trône sur un animal allégorique et appuie sa main gauche sur son sein. D’autre part, Neptune, dieu de la mer, est porté par des chevaux à la crinière d’or et il tient un trident auprès d’une barque, conçue pour recevoir le sel. Quant au socle, il contient des figurles émaillées qui symbolisent les quatre saisons et les quatre moments de la journée (l’aurore, le jour, le crépuscule et la nuit).

L’œuvre est chargée de symboliques en lien avec la nature omniprésente du style maniériste : la montagne et les plaines à travers la courbe des jambes de Cybèle ; le lieu de naissance du sel entre la terre et la mer, avec l’entrecroisement des jambes des deux protagonistes.

Benvenuto Cellini (1500, Florence – 1571, Florence), était un orfèvre, sculpteur, fondeur, dessinateur et écrivain de la Renaissance. Élève de l’orfèvre Michelangelo Brandini, puis de Marconi, il est exilé quelques années plus tard, suite à diverses altercations. Il voyage alors entre différentes villes italiennes (Bologne, Pise…), avant de s’arrêter à Rome entre 1522 et 1540, tout en retournant plusieurs fois à Florence, pour régler ses problèmes avec la justice. Il est complètement libéré de toute charge, suite à l’implication du cardinal Hippolyte II d’Este de Ferrare, qui intercède auprès du pape Paul III. Il se rend l’année suivante (1540), à la cour de François Ier, qui souhaite le prendre à son service. Il lui passe plusieurs commandes, dont la Salière et la Nymphe de Fontainebleau. Il rentre ensuite à Florence en 1545, où il réalise son très spectaculaire Persée et écrit plusieurs textes dont des traités et ses mémoires. Son œuvre s’inscrit principalement dans le style maniériste, qu’il a pu étudier lors de ses séjours romains et qu’il exporte en France lors de sa venue.

La salière était un ornement destiné aux plus grandes tables européennes pour contenir le plus précieux des condiments : le sel. À cette époque, le sel était vital pour la conservation d’aliments tels que la viande, le poisson ou les légumes. Son prix a cependant décollé sous François Ier, suite à une augmentation de la taxe.

Réalisée dans un premier temps, pour le roi de France, François Ier, la salière Cellini fut ensuite offerte à l’archiduc Ferdinand de Tyrol, par le roi de France Charles IX, en remerciement pour un service rendu. L’œuvre entre alors dans les collections des Habsbourg, où elle est dans un premier temps conservée au château d’Ambras, puis elle est transférée au Kunsthistorisches Museum de Vienne au XIXe siècle. 

L’œuvre est particulièrement célèbre pour avoir été volée, dans la nuit du 10 au 11 mai 2003, avant d’être retrouvée en bon état, près de Zwettl, à environ 90 km de Vienne, au début de l’année 2006. 

Source : Hervé Grandsart, « La salière de Benvenuto Cellini », Revue de la Société française de promotion artistique, no 639,‎ 2006.

Trattati dell’ Oreficeria e della Scultura di Benvenuto Cellini, publiés par M. Carlo Milanesi, Florence, 1857

Crédits photographiques : Guerinf

Les meilleurs cocktails (liste non exhaustive d’après l’avis parfaitement subjectif de Flora)

(Merci à Clément, Diana, Karl et Marion d’avoir commandé un grand nombre de cocktail un soir (de débauche) pour que cet article puisse voir le jour !)
Chers camarades, ami.e.s de la boisson, nous nous retrouvons aujourd’hui autour de ces quelques pages pour que je vous partage ma liste des meilleurs cocktails auxquels j’ai pu goûter ! Nous n’aurons probablement pas les mêmes goûts (et encore heureux !), mais cela pourra peut-être vous permettre de découvrir un nouveau péché mignon dangereusement sucré…

Blue Lagoon (vodka, curaçao, citron)
Un cocktail acidulé et audacieux, reconnaissable entre mille grâce à sa couleur bleu turquoise vibrante dû à la liqueur de curaçao. Petite anecdote, mais pas des moindres, le curaçao est une liqueur qui doit son nom à l’île de Curaçao, île des Antilles hollandaises et plot twist, le Curaçao est fabriqué par les Hollandais (CQFD), à partir de petites oranges vertes amères ou de bigarades.
Alors, mon avis sur ce cocktail (oui, je suis égocentrique), je le trouve à chaque fois surprenant, comme si je le redécouvrais, grâce à son amertume si caractéristique. Un indétrônable en Happy Hours.

Sex on the Beach (vodka (ou rhum), liqueur de pêche, orange, cranberries)
Son nom en interpelle, en choque d’autres, mais est surtout synonyme de bonheur (pour moi). Ce cocktail aurait probablement été créé en 1987, en Floride (Etats-Unis), lors d’un concours de cocktails, où le barman du Bar Confetti’s a surpris tout le monde en combinant la liqueur de pêche qui commençait à devenir très populaire, avec de la vodka et plusieurs types de jus de fruits. Le barman en question se serait inspiré de ce que cherche une grande partie des touristes sur la côte de Floride (le sexe et la plage), pour trouver le nom de son subtil nectar.
Pour ma part, ce cocktail me transporte en première classe en plein cœur du mois de juillet, sur un transat, les pieds dans le sable. Par sa fraîcheur et son côté pleinement sucré, le Sex on the Beach a une place très chère à mon cœur dans cette sélection très select.

Cosmopolitan (vodka, triple sec, citron vert, canneberge)
Popularisé dans la communauté gay du Massachussetts des années 1960, le Cosmopolitan se démocratise aux Etats-Unis, puis dans le monde entier, avec un succès phénoménal féminin, à cause entre autres de sa couleur du jus de canneberge, dans son verre à cocktail évasé (malheureusement, ce n’est pas le cas sur la photo annexe). Son succès s’amplifie encore, grâce à Carrie Bradshaw qui en fait son cocktail favori, dans la série télévisée américaine Sex and the City. Ce cocktail est également un grand classique dans la culture russe (you know, la vodka…).
Cocktail assez léger, qui se boit très bien en milieu de soirée, en attendant un autre Mojito !

Mojito (rhum, soda, citron vert, menthe fraîche)
(Spoiler : le meilleur pour la fin) L’histoire de ce cocktail est encore une fois assez mystérieuse et basée sur des croyances, mais bon, tant que je ne pourrais pas remonter le temps, il faudra malheureusement s’en contenter. La légende raconte que l’histoire du mojito remonterait au début du XVIe siècle, lorsque le corsaire explorateur anglais Francis Drake, entre deux pillages de La Havane, appréciait siroter des feuilles de menthe pilées avec du tafia (rhum produit à partir de mélasse). La recette originelle évolue au XXe siècle, lorsque le tafia est remplacé par du rhum et le citron vert est ajouté au mélange. Ainsi est né le mojito connu aujourd’hui, et qui tire son nom du « mojo », une mixture à base de citron initialement destinée à rehausser le goût des aliments. Très apprécié par Ernest Hemingway lorsqu’il vivait à Cuba entre 1939 et 1960, le mojito est devenu à partir de 1920 un véritable emblème de la culture cubaine. Le rhum est aujourd’hui l’un des principaux produits d’exportation de l’économie de Cuba (et oui, rien que ça !)
Le meilleur cocktail de tous les temps. Arrêtons tous les débats. C’est tout pour moi. Fin.

Disclaimer : L’alcool est à consommer avec modération.

Deuxième disclaimer : L’étude très poussée que j’ai menée pour dégotter les meilleurs cocktails a été réalisée principalement au Bar du Marché, 16 Boulevard Richard-Lenoir, 75011 Paris.

Troisième disclaimer (oui, j’abuse) : Je n’aime pas le goût de la noix de coco associé à un alcool, ce qui explique l’absence de certains cocktails, telle que la piña colada, sorry…

Flora Fief

4 sorties insolites à faire à l’Opéra en 2021/2022 à Paris

Sous les toits de Paris, se cache de véritables pépites musicales, notamment dans les opéras qui se trouvent aux quatre coins de la ville. À toi, qui ne se souvient même pas de la dernière fois où tu as écouté de la musique qui ne sortait pas de tes écouteurs ; à toi, qui pense que les opéras n’ont plus aucun secret pour toi, ou bien à toi, qui pense que l’opéra est réservé aux vieux riches en costume qui n’écoutent que de la bonne vieille musique classique, laisse-moi t’emmener à travers une petite sélection de concerts ou spectacles en tout genre et particulièrement insolites.

1- La Khovantchina

– Drame musical historique en cinq actes
– Du 26 janvier au 18 février 2022 à l’opéra Bastille
– À partir de 15€

Avis aux amateurs d’histoire russe! Le célèbre compositeur russe Modeste Moussorgski nous amène dans cet opéra se déroulant lors de la Révolte de Moscou de 1682, année où Pierre le Grand est sacré tsar. Ajoutée à la mise en scène d’Andrei Serban avec ses costumes flamboyants et ses décors monumentaux qui nous font remonter le temps tout droit dans la Russie féodale du XVIIe siècle et vous serez comblés.

« Alors que celui-ci souhaiter réformer la Russie, il se heurte aux résistances de la noblesse et de l’église, la première conduite par le prince Ivan Khovanski, la deuxième par les Vieux-Croyants et leur chef Dosifei. À cette histoire tragique, Moussorgski a donné la musique la plus fascinante qui soit, sombre et envoûtante, semblant venir du fond des âges. »

2- Alcina

– Opera seria en trois actes
– Du 25 novembre au 30 décembre 2021 au Palais Garnier
– À partir de 25€

Cet opéra du génie prussien Georg Friedrich Haendel (1685-1759) de la musique baroque est inspiré du poème épique de l’Arioste, l’Orlando furioso (1516).

« L’histoire de l’opéra n’a cessé d’être hantée par des femmes ensorcelant les hommes. Alcina ne fait pas exception : elle séduit ses victimes jusqu’à leur faire oublier leur propre patrie. Danger de l’amour déréglé ou délices de l’abandon de soi? Par-delà le merveilleux, le génie de Haendel s’attache à peindre en Alcina une femme blessée, profondément humaine et pathétique: le chant de la magicienne déchue nous inspire une étrange compassion. De cette ambiguïté, du clair-obscur des sentiments et des travestissements du désir, la mise en scène de Robert Carsen, qui fit entrer l’oeuvre au répertoire de l’Opéra de Paris, sait jouer avec finesse. »

3- Ballade du Nord

– Concert et récital
– Le 9 novembre 2021 à l’Opéra Bastille
– 10€ pour les moins de 28 ans

Avis aux amateurs de cultures du Nord ! Une représentation unique vous est proposé pour voyager à travers un émouvant récit romantique et pour non pas moins, très original, à découvrir dans l’Opéra où notre très célèbre Gala national aura lieu !

« Ce récital propose un voyage dans les récits fantastiques et mythologiques du Nord : ballades et romances nostalgiques de Loewe, Schubert, Schumann et des pièces de Duparc, confessions émouvantes si proches du romantisme allemand. »

4- Les Éclairs

Drame joyeux en quatre actes
Du 2 au 8 novembre 2021, à l’Opéra-Comique
A partir de 6€

Pour tout t’avouer très cher lecteur, je n’avais pas la moindre idée de ce que pouvait être l’opéra-comique, jusqu’à il y a peu. Il s’agit en fait d’un genre d’opéra où les scènes chantées alternent avec des dialogues parlés (avec des apartés au public). L’opéra a plus d’un tour dans son sac ! Je vous propose ici, de découvrir un opéra-comique, d’autant plus original puisqu’il est adapté d’un roman (!!!) de Jean Echenoz et adapté par lui-même, ce que peu d’auteurs ont pu faire au cours de leur carrière.

« Les Éclairs retrace le destin de l’ingénieur Nikola Tesla – devenu Gregor – entre conte et chemin de croix. Lorsqu’il arrive à New York en 1884, Gregor est habité par ses visions. Il veut développer de façon révolutionnaire les usages de l’électricité. Mais la science l’intéresse plus que le profit. Des industriels le pillent et dévoient ses inventions. Il se réfugiera dans le spectacle des éclairs et la compagnie des oiseaux. »

Que ma sélection vous ait conquise ou non, n’hésitez vraiment pas à regarder les programmations des opéras parisiens. Les prix sont souvent très abordables et le monde du spectacle a plus que besoin en cette période, de conquérir de nouveaux publics !

Flora FIEF