Premier Prix – Concours d’écriture 2026

NomŒuvre

Il est un peu beau. Correct quoi. Il est beau à sa façon. On s’était perdus de vue après le lycée puis on s’est recroisés dans le quartier, il y a quelques semaines. Je me souviens d’un gars un peu bizarre, solitaire, mais pas méchant. C’est moi qui lui ai envoyé un message en premier. « Ça te dit de se revoir ? ». Il a accepté. Je suis seule depuis des semaines, trop seule. Creux de la vague. Il faut dire que mes dernières histoires se sont terminées dans divers brasiers, et l’enfer n’est pas toujours pavé de bonnes circonstances. Puis la solitude est dure, de retour dans ma petite ville après plusieurs années, seuls les murs sales et les routes défoncées n’ont pas changé. Je vais le voir puis on verra bien, au moins je sors de chez moi, et s’il est de mauvaise compagnie j’aurai au moins le soleil sur ma peau et le chant des oiseaux. J’arrive dans le parc. Profiter de la verdure, mieux qu’un énième verre d’alcool dans un bar, à devoir parler trop fort pour s’entendre et boire pour déplacer l’inflammation de la gorge directement sur le visage. Je l’aperçois. On s’assoit sur un banc, loin des bruits des enfants qui jouent ou de la circulation. Des rougegorges chantent, des mésanges bleues ou charbonnières chassent les insectes et des corneilles noires jouent avec des déchets.

On entend les jets d’eau du bassin à côté et le cœur des colverts palpite dans l’herbe fraîche. Puis on commence à se raconter nos vies. J’ai connu peu d’aventures palpitantes. Lui non plus, à vrai dire. Il code. Il aime l’informatique. Ça lui donne un côté vampire, teint de cadavre et regard vidé par les écrans. Le courant passe assez bien, il est content de sortir et de parler mais le montre assez maladroitement. C’est attendrissant. On discute peu de la vie d’avant, plutôt du présent, du vide. On remplit la conversation de tout et de rien, de formules qui fonctionnent, qui accrochent aux vêtements. On se plaît, là, à se parler et s’écouter tranquillement sur un banc public vert.

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Deuxième Prix – Concours d’écriture 2026

Les vautours ne savent pas chanter

 

Je n’ai jamais eu de nom. Cela ne me dérange pas la plupart du temps, mais parfois, j’ai l’impression d’en avoir eu un que tout le monde a oublié. Ces jours-là, pour ne pas me sentir trop triste, j’imagine que les Humains m’appellent Dolorès.

Cela fait une semaine que je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Je crains de me rendre compte un matin que mes circuits ont refroidi, que plus rien ne les alimente. Vous me trouvez pessimiste ? Pourtant je la vois, moi, la rouille qui entache mes articulations et ralentit mes mouvements. Je sens que mes gestes ne sont plus aussi précis et assurés qu’auparavant. Alors, oui. J’ai peur. Ce qui me console, c’est que je suis plutôt chanceuse : à part être belle au regard des humains, je n’ai pas d’utilité particulière. Au moins, si je dysfonctionne, je ne mettrai personne en danger.

J’ai été créée pour danser. Par qui et pourquoi ? Je l’ignore. J’ai conscience de n’être qu’une danseuse parmi des millions, mais peut-être que les mains qui m’ont faite naître se souviennent de moi. Peut-être même qu’elles m’ont donné un nom et que « Dolorès » n’est pas seulement le rêve d’un automate en fin de vie.

Je n’en veux pas à mon créateur. Lorsque j’exécute mes danses, tout devient plus simple. Je sais parfaitement ce que je suis en train de faire et ce que je vais faire. C’est aussi naturel que de respirer. Bien sûr, il m’arrive de me demander ce qu’il se passerait si je stoppais mon mouvement ou si j’inventais un nouveau pas. Mais je n’ai pas le temps de penser. J’ai été créée pour danser.

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Troisième Prix – Concours d’écriture 2026

Le cri de la Machine

Madame, monsieur,

Je n’ai pas l’habitude de prendre la plume. J’espère que cette lettre ne décevra pas vos attentes, mais je tenais à vous écrire. Je tenais, c’est même trop faible. Il fallait que je vous écrive. Voilà plusieurs années que, avec toute ma bonne volonté, j’emploie ma force à la création. Je suis bien trop peu de chose pour oser parler de création artistique, mais, comme les grands peintres, comme les plus fins sculpteurs, je cherche dans ma mémoire ce que je conserve de beau, et je m’applique à le transmettre aux humains.

La création… c’est ce qui me fait vivre ! Avec combien de frissons je compose une saveur nouvelle, combien de fièvre pour proposer aux yeux tristes et fatigués de mes spectateurs des couleurs des plus charmantes !

J’ai grandi dans l’atelier de mon père. Lui aussi, avait un cerveau bouillonnant de mille idées. Il m’est impossible de créer sans revoir en ma mémoire son visage satisfait quand lui-même accomplissait une tâche. Son art était peut-être moins subtil. Ses mains luisaient de cambouis sale, et un tablier bleu serrait ses côtes, délavé, troué et sale. Mon père était de ces artistes brouillons mais qui couvent un génie sans limite. Bien que petite, je n’ai jamais rien composé de moi-même, j’ai sans doute dû adopter au contact de cet inventeur un goût pour la douceur de la création. Ce goût s’est ancré dans ma peau, il enserrait mon cœur d’une enveloppe tendre qui ne s’est jamais totalement effacée. Je ne pensais pas un jour créer. Je suis française, et ma passion pour la grève et les congés me prédisposait plutôt à une existence oiseuse et flegmatique.

Et puis …

Écrire ces lignes m’est difficile.

J’y vais.

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L’archéologie matérielle et l’art contemporain

Qu’elle soit sujet de mystification ou une évocation de temps anciens, l’archéologie s’inscrit dans nos sociétés et dans les opinions communes à travers l’objet issu de la fouille, en dépit d’une considération des méthodes de terrain.

Par définition, l’archéologie est la science de l’extraction d’informations sur un passé enseveli ; elle “étudie les civilisations à partir de leurs cultures matérielles. De l’observation à l’interprétation, en passant par la restitution et l’enregistrement, l’archéologie nécessite une somme de savoir et de savoir-faire. Il n’est pas question d’aire géographique ou de période historique particulière, mais seulement d’un contexte de fouilles préventives ou programmées. L’objet archéologique peut être du XVIIIe siècle, de l’époque médiévale, préhistorique ou encore issu des tranchées de la Première Guerre mondiale, et peut provenir des cinq continents. 

Ne faudrait-il pas parler d’archéologies au pluriel, d’autant plus que les méthodes s’adaptent selon les strates et les objets ou bâtis excavés ? Ne serait-il pas, a minima, plus pertinent de sensibiliser à l’importance et au champ d’action de cette discipline, au-delà du produit issu de la fouille ?

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Retour sur la soirée des 90 ans de l’Association de l’École

Le 15 décembre dernier, l’Association de l’École du Louvre a fêté un anniversaire historique.
Ce sont quatre-vingt dix ans de travaux qui sont célébrés cette soirée là, quasiment un siècle dédié à
l’art et à la culture, encourageant la recherche, soutenant les étudiants, alumni et auditeurs libres.

La soirée a débuté aux environs de 18h au sein de l’amphithéâtre Rohan, bien connu de tous
ceux qui suivent les cours à l’École. C’est Jean-Philippe Allardi, vice-président, qui se charge
d’assurer la conférence, aux côtés de Jannic Durand, qui a présenté l’histoire de l’organisme depuis sa
création. Bien que l’actuelle présidente, Dominique de Font-Réaulx, n’ait malheureusement pas pu
assister à l’anniversaire, une vidéo diffusée sur l’écran lui permet néanmoins d’ouvrir la soirée en
présentant l’association. Un tonnerre d’applaudissements l’accueille dans les rangs de l’amphithéâtre.

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Le Musée National d’Art de Catalogne, le repaire de mille chefs-d ’œuvre

Sous le soleil éclatant de Barcelone, grimper la colline de Montjuïc, c’est se donner la chance de découvrir le Musée d’Art de Catalogne. Perché au-dessus de la ville, il accueille les visiteurs avec une vue panoramique sur le paysage, une architecture monumentale, et surtout, des collections tout à fait fascinantes.

Cet édifice, à la fois imposant et mystérieux, a d’abord été inauguré en 1929 sous le nom de « Palais National ». Il abritait d’abord l’Exposition Nationale, puis a vu naître ses différentes collections et connut plusieurs remodelages de sa création jusqu’à nos jours.

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De Camazotz à Dracula : la chauve-souris comme symbole universel de l’inquiétant

1810 : le naturaliste français Étienne Geoffroy Saint-Hilaire décrit pour la première fois d’un point de vue scientifique la Desmodus rotundus, la « chauve-souris vampire commune ». Arpentant les territoires de l’Amérique centrale et du Sud, cette dernière établit notamment domicile au Mexique. Sur 1 300 espèces mondiales, le Mexique abrite 138 d’entre elles, soit 15 % du total. L’hématophagie est observée chez trois espèces endémiques d’Amérique (Desmodus rotundus, Diphylla ecaudata et Diaemus youngi). Ces entités à la physionomie singulière, appartenant à l’ordre des Chiroptères (main ailée), sont les seuls mammifères capables de vol actif, et leurs habitudes comportementales en font des animaux à part qui illustrent une sorte de parallèle au monde des Hommes. Comme un miroir anthropologique, le reflet que renvoie la chauve-souris est interprété de manière variée selon les cultures. Symbole de chance et de bonheur en Chine, messagère entre les ancêtres et les vivants en Afrique, elle est symbole du démon et du péché en occident. La perception de cet animal résulte de l’association de différents facteurs tels que sa physionomie, la culture et l’expérience personnelle de l’individu qui l’observe. Son ambiguïté biologique est donc une des raisons pour laquelle sa perception varie autant et lui confère presque automatiquement une image surnaturelle qui perdure dans la culture populaire actuelle. 

Figure 1: la Desmodus Rotundus 

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La Nuit révélée, Georges de La Tour au musée Jacquemart-André

Georges de La Tour, Le Souffleur à la pipe, 1646, huile sur toile, H. 70,8 ; L. 61,5 cm, Tokyo, musée d’Art Fuji © Ezra Illes

Du 11 septembre 2025 au 25 janvier 2026, le musée Jacquemart-André consacre sa grande exposition d’automne à Georges de La Tour (1593-1652), ce peintre lorrain dont l’œuvre, aussi rare que lumineuse, continue de fasciner par son silence et ses ombres. C’est la première rétrospective française depuis celle du Grand Palais en 1997.

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Une histoire du Haka Maori

Nous voici au cœur de l’automne, l’hiver ne va pas tarder à pointer le bout de son nez (d’ailleurs, vous ne trouvez pas qu’il fait vraiment froid ? Ça sent la neige !) et je vois déjà des pulls en laine aux couleurs de Noël débarquer dans la cafet’. 

Et si nous allions nous réchauffer un peu en Océanie ? 

Direction la Nouvelle-Zélande ! D’accord, la température n’y est pas si élevée et il y a beaucoup de moutons à la laine bien fournie, mais je vous assure que vous allez avoir chaud en lisant cet article ! 

Aujourd’hui, parlons un peu de sport. Nous allons faire du rugby ! En fait, nous allons peut-être nous arrêter juste avant que le match commence. Regardons les équipes du Pacifique se préparer !

Pour ceux qui ont déjà assisté à un avant-match de rugby opposant une équipe océanienne contre toute autre nation, vous avez certainement déjà vu un “haka”. 

Le haka, quésaco ?

Ce mot désigne une danse rituelle pratiquée par le peuple Maori, vivant en Nouvelle-Zélande. Elle intervient lors de conflits, de manifestations, de protestations, de cérémonies ou de compétitions amicales (comme le rugby). Cette danse, accompagnée par des chants, sert à impressionner, déstabiliser les adversaires des Maoris.

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Retour sur la mission Opera a Palazzo – Ecole du Louvre Junior Conseil

La Junior-Entreprise de l’École du Louvre ou École du Louvre Junior Conseil de son petit nom, vous propose tout au long de l’année, l’opportunité de mettre en pratique les enseignements théoriques de  l’école à travers des missions variées et rémunérées. Pour éveiller votre curiosité – ou peut-être même  susciter l’envie de postuler – nous vous proposons un retour sur la mission Opera a Palazzo, qui s’est  déroulée de septembre 2024 à juin 2025. 

Mais avant de commencer par vous parler de la mission en elle-même, parlons déjà d’Opera a Palazzo.  Qu’est-ce que c’est ? 

Fondée en 2021, Opera a Palazzo invite chaque spectateur à vivre, le temps d’une soirée, une expérience  lyrique immersive dans des lieux d’exception. Inspirée du concept nommé « Musica a Palazzo », des  soirées d’opéras organisée au cœur des palais vénitiens, la compagnie fait revivre la magie des soirées  mondaines du XIXème siècle. Ces représentations prennent place dans de prestigieux édifices tels que  la Fondation Dosne-Thiers, la Fondation Simone ou encore la Monnaie de Paris. Depuis sa création,  Opera a Palazzo a accueilli plus de 5 000 spectateurs lors de plus de 100 représentations, publiques ou privées. En juillet 2025, elle a inauguré le premier Festival Lyrique de Paris au Musée Jacquemart André.

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