L’aparté scientifique : la pomme

Pour cette reprise de la rubrique de l’aparté scientifique, quoi de mieux que de suivre le thème sucré, en l’associant à un peu de biologie grâce aux pommes. Fruit suprême de mon alimentation, j’en consomme à toutes les sauces ayant été matrixée par le proverbe “an apple a day keeps the doctor away”. 

Mais ce dicton fut démenti par l’étude faite sur un échantillon de 8728 individus et publiée en 2015 dans la revue médicale JAMA, qui stipule (et je cite en traduisant directement) ”qu’il n’y a pas de preuves démontrant que la consommation d’une pomme par jour a un lien direct avec le fait de ne pas consulter un médecin, mais que les adultes états-uniens mangeant une pomme par jour ont tendance à moins utiliser de substances médicamenteuses ». Mais heureusement, je suis là pour redorer l’image de ce fruit (j’espère le faire rougir au passage), car bien qu’il ne nous empêche pas d’aller chez un médecin, il conserve des bienfaits indéniables, dont… la réduction des crises cardiaques ! En vérité il s’agit de l’ensemble des fruits et légumes à chair blanche, mais la pomme est incluse dedans donc je me permets des raccourcis, et en profite pour en faire un article.

D’abord, un peu d’histoire. C’est une espèce qui existe depuis plus de cinquante millions d’années, dans la région du Kazakhstan, mais elle se diffuse peu à peu, jusqu’à arriver en Europe où elle finit par être cultivée au Néolithique. Plusieurs écrivains de l’Antiquité en parlent, dont Caton et Pline l’Ancien.

Disons le clairement, la pomme part plutôt mal dans la vie : pomme de la discorde pour les Grecs, associée au fruit de la connaissance du bien et du mal chez les chrétiens, elle finit même par porter sa réputation dans le nom scientifique de l’espèce, Malus. Mais loin de se laisser abattre, elle fait fi de sa forme en sphère et peut être vue comme une référence érotique. Les poètes antiques en tirent grandement parti… Et oui, comment Dionysos aurait-il pécho Aphrodite sans pomme ? 

Maintenant, ça se complique: la pomme n’est pas un vrai fruit. Non non, c’est un “faux-fruit”, c’est-à-dire qu’il est constitué d’autres organes que l’ovaire. C’est une différence qui se développe au moment où l’ovaire est fécondée et qu’elle se transforme peu à peu en graine : un faux-fruit intègre d’autres parties de la fleur que l’ovaire, comme le pédoncule, alors que le vrai fruit ne se forme qu’à partir de l’ovaire.

Venons-en aux bienfaits des pommes : en plus d’être succulente, la pomme est riche en vitamine C, ce qui fait qu’elle joue sur le métabolisme du fer (adieu l’anémie), mais c’est aussi une vitamine utilisée pour la synthèse de collagène (adieu les rides), et qui contribue au bon fonctionnement du système immunitaire (on ne dit pas adieu au rhume, il est juste moins chiant). En plus de cela, associée à de la pectine et d’autres agents anti-oxydants que la pomme contient, la vitamine C réduit la croissance des cellules cancéreuses du foie et du côlon, selon une étude de l’université Cornell. 

Alors certes, ça n’est pas un médicament et certaines études restent à confirmer, mais ça vaut le coup de rajouter une pomme à son petit déjeuner! (mais évitez quand même de faire un smoothie de pépins de pomme, c’est du cyanure).

Sources

  • Davis MA, Bynum JPW, Sirovich BE. Association Between Apple Consumption and Physician Visits: Appealing the Conventional Wisdom That an Apple a Day Keeps the Doctor Away. JAMA Intern Med. 2015;175(5):777–783. doi:10.1001/jamainternmed.2014.5466
  • Linda M. Oude Griep, W. M. Monique Verschuren, Daan Kromhout, Marga C. Ocké, Johanna M. Geleijnse. Colors of Fruit and Vegetables and 10-Year Incidence of Stroke. Stroke, 2011; DOI: 10.1161/STROKEAHA.110.611152
  • Fruit and it’s types (biologydiscussion.com)
  • La page Wikipedia sur la pomme, j’assume.

Jo

Bons plans pour étudiant

Les courses sur Paris, c’est très vite cher, et on en arrive rapidement à une routine pâtes / riz pour le repas. Alors, il est difficile de ne pas avoir envie de déguster un bon tacos triple viande ou de se préparer de bonnes grillades dans un grill coréen. « Mais quel trou dans le budget ça me ferait ! », pense l’étudiant ignorant. « Existe-t-il une solution à mon problème ? » Et bien oui ! Cette solution s’appelle TooGood ToGo (on n’est même pas payé pour dire ça !), une appli gratuite sur ton téléphone qui te permet de racheter les invendus de tes restaurants parisiens préférés, et ça pour une modique somme de quatre euros en moyenne pour un plat qui coûterait douze euros ! Après ton achat, tu ramènes ton plat chez toi et tu te régales. Alors il est clair que pour certains, quatre euros ça peut déjà être un budget, mais ça amortit déjà ton petit plaisir hebdomadaire. De plus, en rachetant les invendus, tu aides la planète (si c’est pas beau tout ça). C’est aussi valable pour tes courses au supermarché, tes achats à la boulangerie… Bref, dans tous les commerces alimentaires près de chez toi.

« Bon, c’est bien sympa de pouvoir manger pour moins cher, mais quid de ma sociabilité ? Suis-je destiné à rester manger chez moi tous les repas en tant qu’étudiant fantastique (j’étudie à l’EDL) ? » se questionne à nouveau l’étudiant ignorant. Et bien non, rien ne t’oblige à rester chez toi et tu peux aller manger avec tes amis dehors si tu le souhaites, dans la pizza la moins chère de Paris ! Pour la modeste somme de six euros, tu peux aller manger chez Brooklyn Pizzeria une superbe Margherita cuite au feu de bois. Tu souhaites emmener ton date au restaurant, mais tu es en galère parce que c’est la fin du mois ? Invite le/la chez Brooklyn Pizzeria ! Six euros pour une pizza cuite au feu de bois, à déguster en terrasse entre amis, ça ne peut que te faire du bien (et pendant un instant tu ne penseras plus aux milliers de noms propres à apprendre pour Ariane Thomas). Alors, si tu as une petite faim et que tu veux profiter du beau temps, rendez-vous au 33 Boulevard Beaumarchais.

Tu saupoudreras ta vie de po’aimes

Mielleuse, fruitée, acidulée, la parole poétique nous fait voyager au milieu des saveurs sucrées. Convoquant des symboles très différents, jouant sur le sens des mots, conjuguant nos différents sens : toutes les excuses sont bonnes pour contempler un monde au goût sucré !

La satire à la sauce aigre-douce
« Au lecteur », Les Regrets, Du Bellay (d’après la traduction Livres de Poche) : « Ce petit livre, lecteur, que nous te donnons maintenant, a un arrière-goût composite : celui du fiel, en même temps que celui du miel et du sel. »

A tout réquisitoire salé contre la société, à toute indignation, et donc à tout fiel, il faudrait ajouter un peu de miel d’après Du Bellay. Bien qu’il soit surtout connu pour ses élégies (seum et amertume), le poète a bien précédé Molière dans la critique de l’hypocrisie des courtisans (ici, de la cour pontificale romaine). Quoi de plus ironique que de mimer les manières mielleuses de ces personnages qui cherchent à « Seigneuriser chacun d’un baisement de main » ? Au fiel de la colère de Du Bellay contre le luxueux train de vie que mènent les courtisans, se mêlent d’une part d’autres registres (tout n’est pas vindicatif) et d’autre part un peu d’ironie douce-amère.

Rimbaud, Poésies, II : « Ce qu’on dit au poète à propos des fleurs » : « Oui, vos bavures de pipeaux / Font de précieuses glucoses ! » IV. « Ton quatrain plonge aux bois sanglants / Et revient proposer aux Hommes / Divers sujets de sucres blancs, / De pectoraires et de gommes ! »

Rimbaud s’érige contre tout ce qui est « fadasse », trop convenu, doucereux et univoque. C’est grâce à ce dieu de la poésie qui a su trouver la Beauté – cet idéal éthéré, écœurant et glucoseux – « amère » (Une Saison en enfer) que les poètes ont abandonné les poèmes-barbapapa pour des trucs un peu laids, un peu trash, un peu… ancrés dans le réel finalement ? (Bon d’accord, Baudelaire avait déjà bien déblayé le chemin).

Abondance, fertilité, érotisme : le sucre, que de promesses !
Exode 33, 1 – 3 : « Le Seigneur parla à Moïse : « Va, toi et le peuple que tu as fait monter du pays d’Egypte, monte d’ici vers la terre que j’ai juré de donner […]. Monte vers une terre ruisselant de lait et de miel. » (source : aelf.com)

Le miel et le lait évoquent ici ce qui est agréable, doux, mais aussi précieux. Pour qu’il y ait lait et miel, il faut qu’il y ait alliance entre la nature et l’homme, et donc harmonie et paix. Là où ça devient intéressant, c’est lorsque certains commentateurs rapprochent le lait et le miel des fluides corporels, et donc de la fertilité – quel que soit le sexe. Cette image biblique archi-connue aurait-elle un sens caché érotique ?

Verlaine, Jadis et naguère, « Luxures » : « Chair ! ô seul fruit mordu des vergers d’ici-bas, / Fruit amer et sucré qui jutes aux dents seules / Des affamés du seul amour, bouches ou gueules, / Et bon dessert des forts, et leurs joyeux repas »

Ce poème suggère que des amoureux ont faim l’un de l’autre, ce qui renvoie à plein d’expressions (comme « se dévorer du regard »), à des images poétiques (la bouche de l’être aimé devient coupe à laquelle on vient boire), mais aussi au sémantisme du sucré, puisque le sucre et l’amour partagent plein de points communs (la douceur, le fait d’être addictif…). Cette richesse sémantique fait que ces quelques vers cités peuvent être lus de plein de façons différentes (littéraire, romantique, érotique…).

Une douceur trompeuse
Si l’amour et le sucre, par leur chair, leur sucre et leur jus identiques, sont un seul et même fruit, alors ils ont aussi en partage l’a mertume et la tromperie (le même vers dans le fruit que les manières mielleuses des courtisans à la cour pontificale selon Du Bell ay !), d’où l’expression « faire sa sucrée » employée par le même Verlaine dans « Femme et chatte » (section « Caprices », Poèmes saturniens) pour inciter le lecteur à se méfier autant de la femme que de la chatte, toutes deux « rentr[an]t [leur] griffe acérée ».

Le sucre est ainsi associé à l’amour trompeur à cause de son côté séducteur. C’est ce qui incite Ronsard dans une de ses Chansons à multiplier les qualificatifs se référant à son amante, quitte à se contredire tant l’ambiguïté est grande : d’ « angelette », la femme aimée devient « Toute ma petite malice », et ce, au prisme d’une comparaison avec des aliments sucrés – le miel et la réglisse –… Méfiance, donc ! Chez les poètes, le sucre, élément lyrique par excellence si l’on se réfère au livre de l’Exode ou même au poème « Luxures » de Verlaine, a donc autant une connotation positive que négative. S’il peut se manger, il ne rassasie pas, et s’il soulage et apaise, cela n’est pas sans risque d’assujettissement. C’est pourquoi, dans un seul et même vers, dans une seule et même chevelure, Baudelaire réunit « l’odeur du tabac mêlée à l’opium et au sucre » (« Un hémisphère dans une chevelure », Le Spleen de Paris). Quelle fragrance complexe !

Offrir des « mosaïques de gâteaux »
Et pourtant ! Les poètes ne se lassent pas de ces comparaisons (trop abondantes pour être toutes citées ici !) parce que justement, il y a ambivalence, nuance et contradiction. Même dans les satires les plus vindicatives et même dans les éloges les plus dithyrambiques, du fait de la richesse de ce sémantisme commun, une once d’ambiguïté demeure… C’est ce dont on peut s’apercevoir dans le réquisitoire contre le sucre de Tholomyès (Les Misérables, VII) – je me permets de le citer tant le lyrisme est, comme toujours chez Totor, incommensurablement poétique – : « Tu es faite pour recevoir la pomme comme Vénus ou pour la manger comme Eve » et « Vous n’avez qu’un tort, ô femmes, c’est de grignoter du sucre. O sexe rongeur, tes jolies petites dents blanches adorent le sucre. ». Peut-être peut-on opposer les verbes « recevoir » et « manger » et au contraire, assimiler « rongeur » à « adorent ». Il y aurait deux conceptions du sucré (et de l’amour !) qui s’opposeraient : celle consommatrice (qui donne lieu à l’addiction comme on l’a déjà vu) et celle du don désintéressé, qui porte des fruits. C’est donc un problème de réception-consommation qui nous occupe !

Victor Hugo, Les chansons des rues et des bois, « Fêtes de village en plein air » : « La bière mousse, et les plateaux / Offrent aux dents pleines de rire / Des mosaïques de gâteaux. »

Par ailleurs, cette autre image pittoresque hugolienne nous fait observer combien le sucre joue un rôle social. Qui n’offrirait pas une part de gâteau à ses invités lors d’un anniversaire ? Il semble que le sucre soit un incontournable des rassemblements joyeux. Difficile de le proscrire à tout jamais sans passer pour un trouble-fête…

Ivresse poétique et orgie de sucre !
Jean-Baptiste Clément, « Le temps des cerises » : « Quand nous chanterons le temps des cerises, / Et gai rossignol et merle moqueur / Seront tous en fête ! / Les belles auront la folie en tête / Et les amoureux le soleil au cœur ! »

Les aliments sucrés, parce qu’ils ne nourrissent ni n’abreuvent le gourmand insatiable, donnent lieu à de véritables festins, à une consommation démesurée… Le sucre lors des fêtes abroge les limites et restrictions ! Dans le cas du « Temps des cerises », il symbolise en plus l’insouciance : les cerises des temps idylliques deviennent semblables aux taches de sang des temps de guerre lorsqu’il n’est plus temps de les cueillir. On a donc, avec le sucre, une morale plutôt horatienne et épicurienne (Carpe diem, etc.).

Si l’on pense en termes de boissons, le lecteur peut être invité à une bacchanale poétique[1], d’autant plus que le vin a été perçu dans de nombreuses civilisations comme un symbole de vie, d’éternité, de jeunesse et de renouveau. On pourrait là encore citer Rimbaud (« Le bateau ivre »), Baudelaire (« Enivrez-vous ») ou Verlaine (« Il Baccio »), mais pour varier un peu… voici un extrait de l’œuvre Rubaiyat (c’est-à-dire « quatrains ») d’Omar Khayyâm, un poète perse du XIIe siècle : « Bois du vin… c’est lui la vie éternelle, / C’est le trésor qui t’es resté des jours de ta jeunesse : / La saison des roses et du vin, et des compagnons ivres ! / Sois heureux un instant, cet instant c’est ta vie. ».

En bref : les poètes vous recommandent les mets sucrés à condition de les recevoir et non de vous les procurer vous-mêmes pour une consommation purement égoïste. De fait, le sucre est quelque chose de social, il se partage dans les moments festifs. Il n’en n’est pas moins un fameux séducteur, plein de promesses en ce qui concerne l’amour, l’extase, le renouveau, l’insouciance, etc., mais en ce qui concerne la liberté, la sincérité et la santé… Néanmoins, si vous aimez le sucré, l’amour et la poésie, saupoudrez donc votre vie de po’aimes et jetez-vous corps et âmes dans des expériences lyriques à base de sucre, vous vivrez certainement des choses ahurissantes (n’hésitez pas à contacter la rédac’ pour nous faire part de vos témoignages à ce propos) !

Blandine

[1] Si vous aussi voulez être ivres de poésie, je vous recommande la série de podcasts de France Culture sur le sujet.

4 sorties insolites à faire à l’Opéra en 2021/2022 à Paris

Sous les toits de Paris, se cache de véritables pépites musicales, notamment dans les opéras qui se trouvent aux quatre coins de la ville. À toi, qui ne se souvient même pas de la dernière fois où tu as écouté de la musique qui ne sortait pas de tes écouteurs ; à toi, qui pense que les opéras n’ont plus aucun secret pour toi, ou bien à toi, qui pense que l’opéra est réservé aux vieux riches en costume qui n’écoutent que de la bonne vieille musique classique, laisse-moi t’emmener à travers une petite sélection de concerts ou spectacles en tout genre et particulièrement insolites.

1- La Khovantchina

– Drame musical historique en cinq actes
– Du 26 janvier au 18 février 2022 à l’opéra Bastille
– À partir de 15€

Avis aux amateurs d’histoire russe! Le célèbre compositeur russe Modeste Moussorgski nous amène dans cet opéra se déroulant lors de la Révolte de Moscou de 1682, année où Pierre le Grand est sacré tsar. Ajoutée à la mise en scène d’Andrei Serban avec ses costumes flamboyants et ses décors monumentaux qui nous font remonter le temps tout droit dans la Russie féodale du XVIIe siècle et vous serez comblés.

« Alors que celui-ci souhaiter réformer la Russie, il se heurte aux résistances de la noblesse et de l’église, la première conduite par le prince Ivan Khovanski, la deuxième par les Vieux-Croyants et leur chef Dosifei. À cette histoire tragique, Moussorgski a donné la musique la plus fascinante qui soit, sombre et envoûtante, semblant venir du fond des âges. »

2- Alcina

– Opera seria en trois actes
– Du 25 novembre au 30 décembre 2021 au Palais Garnier
– À partir de 25€

Cet opéra du génie prussien Georg Friedrich Haendel (1685-1759) de la musique baroque est inspiré du poème épique de l’Arioste, l’Orlando furioso (1516).

« L’histoire de l’opéra n’a cessé d’être hantée par des femmes ensorcelant les hommes. Alcina ne fait pas exception : elle séduit ses victimes jusqu’à leur faire oublier leur propre patrie. Danger de l’amour déréglé ou délices de l’abandon de soi? Par-delà le merveilleux, le génie de Haendel s’attache à peindre en Alcina une femme blessée, profondément humaine et pathétique: le chant de la magicienne déchue nous inspire une étrange compassion. De cette ambiguïté, du clair-obscur des sentiments et des travestissements du désir, la mise en scène de Robert Carsen, qui fit entrer l’oeuvre au répertoire de l’Opéra de Paris, sait jouer avec finesse. »

3- Ballade du Nord

– Concert et récital
– Le 9 novembre 2021 à l’Opéra Bastille
– 10€ pour les moins de 28 ans

Avis aux amateurs de cultures du Nord ! Une représentation unique vous est proposé pour voyager à travers un émouvant récit romantique et pour non pas moins, très original, à découvrir dans l’Opéra où notre très célèbre Gala national aura lieu !

« Ce récital propose un voyage dans les récits fantastiques et mythologiques du Nord : ballades et romances nostalgiques de Loewe, Schubert, Schumann et des pièces de Duparc, confessions émouvantes si proches du romantisme allemand. »

4- Les Éclairs

Drame joyeux en quatre actes
Du 2 au 8 novembre 2021, à l’Opéra-Comique
A partir de 6€

Pour tout t’avouer très cher lecteur, je n’avais pas la moindre idée de ce que pouvait être l’opéra-comique, jusqu’à il y a peu. Il s’agit en fait d’un genre d’opéra où les scènes chantées alternent avec des dialogues parlés (avec des apartés au public). L’opéra a plus d’un tour dans son sac ! Je vous propose ici, de découvrir un opéra-comique, d’autant plus original puisqu’il est adapté d’un roman (!!!) de Jean Echenoz et adapté par lui-même, ce que peu d’auteurs ont pu faire au cours de leur carrière.

« Les Éclairs retrace le destin de l’ingénieur Nikola Tesla – devenu Gregor – entre conte et chemin de croix. Lorsqu’il arrive à New York en 1884, Gregor est habité par ses visions. Il veut développer de façon révolutionnaire les usages de l’électricité. Mais la science l’intéresse plus que le profit. Des industriels le pillent et dévoient ses inventions. Il se réfugiera dans le spectacle des éclairs et la compagnie des oiseaux. »

Que ma sélection vous ait conquise ou non, n’hésitez vraiment pas à regarder les programmations des opéras parisiens. Les prix sont souvent très abordables et le monde du spectacle a plus que besoin en cette période, de conquérir de nouveaux publics !

Flora FIEF

Opéra

Entends ça, l’amour est un oiseau rebelle.
Toi, le fou, qui l’en age et le recèle
Te sens-tu prêt, ce torero, à l’affronter ?
Devant les cornes, point peur il n’a, Don José.
Tous bercent son visage dans leur mémoire,
Elle rit de se voir si belle dans son miroir.
Toi, Papageno, l’oiseleur, vas-tu mentir ?
D’un air de flûte lui fait naître des soupirs ?
La belle, enchantée : est-ce parole d’or ?
Que nenni ! Un cadenas ta bouche va clore.
Croit-tu, Radamès, l’enfermer dans la tombe
Telle qu’Aïda, à ton amour succombe ?
Crois-tu être Gérald, quand je serais Lakmé ?
Et par amour de toi, je meurs empoisonnée.
Hélas ! Le chant des fleurs ne peut point résonner !
Mon amour, lui, ne peut être apprivoisé.
Pensez-vous, officier, dans votre filet,
Par quelques ruse, mon coeur vous capturez ?
Gare ! Point je ne suis, Madame papillon
Et Seville m’abrite, Nagasaki, non !
Laisser-moi libre, ou comme la walkyrie,
Invincible, je charge, et je vous détruis.
Sais-tu, mon amour est enfant de bohème.
de par le monde mon nom résonne : Carmen !
Mezzo-soprano, oui, est la voix qu’il vous faut.
Pour toutes, jouer mon rôle, C’est un cadeau.
Enfin Ménélas ! Te voilà à la traîne :
« Je suis l’époux de Carmen, l’époux de Carmen… »

L. & R. Papion

Histoire brève du métropolitain à Opéra.

Opéra Garnier, Opéra Bastille… Quand on parle d’opéras, on pense aux bâtiments, aux œuvres musicales et parfois même aux gâteaux mais rarement à la station de métro. Et pourtant, celle-ci a aussi ses secrets bien que cachés six pieds sous terre.

Marquant le croisement des lignes 3, 7 et 8 du métro parisien, la station Opéra est ouverte en octobre 1904. A l’époque, elle n’accueillait que le premier tronçon de la ligne 3. Ce n’est qu’en novembre 1910 que la ligne 7 y a fait son entrée avant que la ligne 8 ne la rejoigne en 1913. A cheval entre le 2e et le 9e arrondissement, la station fait partie des plus fréquentées de la capitale avec environ 10,5 millions de voyageurs en 2019.

Sa particularité réside évidemment dans la présence de ces trois lignes de métros. Celles-ci sont superposées les unes sur les autres sur une vingtaine de mètres de profondeur. Réalisé en moins d’un an par l’entrepreneur Léon Chagnaud, l’ouvrage de superposition est imaginé dès l’ouverture de la station, de haut en bas : la 3, la 7 puis la 8. Pourquoi dont tout faire en même temps si les stations ne sont pas toutes ouvertes en 1904 ? Eh bien pour limiter le dérangement auprès des habitants du quartier de l’Opéra Garnier, très largement fréquenté.

Mais les péripéties du chantier de la station ne s’arrêtent pas là ! En effet, le célèbre architecte Hector Guimard propose un projet pour l’entrée de la station mais celui-ci est refusé par la Compagnie du métropolitain de Paris (CMP) qui souligne un manque d’harmonie entre le projet et l’Opéra de Garnier. En même temps, Guimard travaille plus dans un style art nouveau qui tranche avec celui très éclectique de l’Opéra. Ce qui nous vaut une très belle réponse de Guimard dans la presse : « Est-ce qu’on devra dorénavant harmoniser la gare du Père Lachaise avec le cimetière et la construire sous forme de tombeau ? ».

Finalement, il n’avait pas si tort que cela car le projet retenu par la CMP et que l’on emprunte toujours aujourd’hui est un projet de l’architecte Marie-Joseph Cassien-Bernard, projet très simple composé d’une balustrade basse. Celui-ci finalement réalisé initie un mouvement pour d’autres entrées de métro qui sont alors ornées en rapport avec le monument qu’elles jouxtent. Le Figaro s’en réjouit d’ailleurs en 1907 : « On a renoncé à déshonorer la place de l’Opéra avec ces rampes contorsionnées, ces lampadaires bossus qui signalent par d’énormes yeux de Grenouilles les autres stations du Métropolitain. Celle-ci est entourée d’une simple balustrade en pierre polie (…) en parfaite harmonie avec l’Académie de musique. C’est simple, très artistique et du meilleur goût. Maintenant que le premier pas est fait, nous espérons que l’on va faire disparaître les ornements « Art nouveau » qui décorent la station de la place du palais-Royale et des Tuileries (…) ». Vous aurez compris, l’Art nouveau ça ne plaisait plus trop à ce moment-là.

Bref, maintenant quand vous irez à l’Opéra Garnier en mangeant votre opéra et en écoutant notre magnifique playlist opéra, vous penserez peut-être à cette station dont l’histoire ne vous est plus si méconnue que ça.

Tyfenn Le Roux

 

Top mèmes du Futur !

Hello hello mes chers Édléiens ! Pas trop angoissés par ce futur de plus en plus incertain ? Mmm oui, ce n’est peut être pas la blague à faire en ces temps là, n’est-ce pas ? De toute manière, nous sommes ici pour parler futur, grande carrière et voitures volantes comme dans Retour vers le futur. Allons, bon, il est temps de débuter.

 

1- Les étudiants du Louvre, on va tous se retrouver à travailler dans le musée 39-45 de notre bled. Je suis déjà préparée à taffer au musée du rail de ma ville. 

 

2- « oune crwoissante » comme disent les Américains : 

 

3- Franchement… ils ont bien dû rigoler ces derniers temps. Les humains sont fantastiques : 

4- Nan mais sérieusement ? C’est pas une base à avoir ? 

5- Putain citadin de tes morts 

 

6- Si les gens du passé voyaient cela… ils seraient bien intrigués par le futur.

 

7- Ça peut toujours être pire. TOUJOURS.

8- Direction chômage.

9- Je me fais inonder par les mails du Louvre mais je les ouvre jamais, shame on me

10- Ils sont bêtes… mais on les aime quand même.

 

Le Louvr’Boîte tient à remercier ses inspirations de toujours !

  • Respectful Meme
  • Memes de Musees
  • Memes intramuros pour jeunes franciliens
  • Memes From The Future
  • Memes décentralisés
  • Faut pas pousser mes memes dans les orties
  • Boys don’t meme, but men do

Une bouffée d’air-aldique : ce que le futur retiendra de vous

Je vous ai déjà parlé de l’armorial d’Hozier n’est-ce pas ? Mais si, il s’agit de cette grande tentative de réunion de toutes les armoiries portées en France, sous Louis XIV, entre 1696 et 1710. Le but de cette entreprise était de réunir les fonds nécessaires à renflouer les caisses de l’état, mises à mal par les coûteuses guerres de la ligue d’Augsbourg (1688 – 1697) puis de succession d’Espagne (1701 – 1714). Comment ? En prélevant des taxes pour chaque armoirie recensée bien sûr ! Cette taxe allait de vingt livres pour les particuliers (entre 350 et 500 euros suivant l’année et l’inflation tout de même) à trois cents livres pour les villes.

Mais bien sûr, tout le monde n’a pas voulu s’acquitter de ce nouvel impôt déguisé. Qu’à cela ne tienne ! La famille d’Hozier, en charge de l’armorial, demande aux commis de créer des armes dites « d’office » aux réfractaires. Environ la moitié de l’armorial sera alors rempli d’armoiries de ce type à partir de 1699. Si jusqu’en 1701, les commis pouvaient laisser libre cours à leur imagination en attribuant de simples armes parlantes ou des combinaisons moqueuses, leur apport est ensuite régulé et ils n’utilisent alors que des combinaisons mécaniques de pièces, meubles et couleurs. Ce qui est à mon avis nettement moins drôle. 

Cette brève (deux ans seulement) période de l’histoire de l’héraldique française donne encore aujourd’hui de sacrés fous rires aux chercheurs en héraldique qui feuillettent le fameux armorial (accessible en ligne sur Gallica). Laissez-moi donc vous en présenter deux ou trois parmi les plus croustillants.

Joyeux Noël :

Certains Messieurs Noël, comme ici à Paris, se sont vus affublés d’un enfant Jésus sur leurs armes. Mais pour l’instant, rien de bien méchant quoique ce soit tout à fait ridicule.

Le lièvre et la tortue :

C’est ici que l’on commence à se moquer, car c’est sans doute contre son gré que le Lyonnais Claude Tardif se retrouve avec des armes d’argent à une tortue de sinople accompagnée de trois escargots d’azur. De nombreux autres Tardif se sont retrouvés comme lui avec des tortues sur leur blason.

De l’art d’envoyer paître … :

De même, en Bourbonnais, Jean Doyard se voit attribuer des armes parlantes de toutes beauté avec ce magnifique doigt d’honneur, sans doute lancé à la face du récalcitrant porteur.

… et de celui d’envoyer chier :

Il semble que les commis du Bourbonnais étaient en grande forme, car René Grandchier, curé de Saint-Quentin, se retrouve l’heureux porteur de ce qui sont sans conteste les armoiries les plus poétiques de la création : De gueules à un clystère d’argent. Le clystère était à l’époque utilisé pour faciliter le transit intestinal … Hum !

Sur ces quelques exemples, je vous laisse. Mais prenez garde : personne ne sait ce que le futur retiendra de vous !

Raphaël Vaubourdolle

Les chats vont-ils dominer le monde ?

Il n’est pas facile d’imaginer ce que le futur nous réserve surtout face aux évènements actuels mais si certains ne semblent pas avoir été atteints par cette crise, ce sont bien les chats. Dotés d’un flegme bien supérieur à celui des Britanniques, les chats ont continué leur vie et ont gagné du territoire face à notre absence. « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent » est devenu « Quand les gens ne sont pas là, les chats dansent » ou un truc comme ça. Les chats ont su prendre leurs droits dans des rues vidées de leurs passants. C’est ainsi que le site désert de Pompéi a vu de nouveaux habitants à quatre pattes emménager au milieu des archéologues. Le seul problème, c’est qu’une fois que les chats sont là, ils ne bougent plus. Ceci m’amène à la première règle à savoir sur les chats : il n’habite pas chez vous, vous habitez chez lui. Laisser entrer un chat chez vous, c’est pire qu’un vampire : IL NE PARTIRA PLUS JAMAIS !

Comme pour beaucoup de domaines, regarder vers le passé permet de réfléchir sur les possibilités du futur et ici plus spécifiquement d’une nouvelle domination du monde par les chats. Je parle bien de nouvelle domination mondiale des chats car, bon, on ne va pas se mentir mais la fascination des Egyptiens pour les chats ça ressemble quand même beaucoup à une bonne domination sur une période quand même assez importante. Les chats y étaient notamment considérés comme l’incarnation sur terre de la déesse Bastet, cette dernière est la déesse de la joie du foyer, de la chaleur du soleil mais surtout protectrice des femmes enceintes et des enfants. Le chat est donc perçu de manière positive et très souvent représenté dans l’art égyptien probablement pour sa valeur protectrice. Le chat était donc respecté de tous et vivait pépère dans l’Egypte antique mais est-ce que cela a vraiment changé ? Le contrôle du monde par les chats a-t-il cessé un jour ? Actuellement, 30% des foyers français possèdent un chat contre seulement 20% pour les chiens (soi-disant le meilleur ami de l’homme). Les chats ont su s’imposer chez nous en nombre sans que nous ne le remarquions, subtilité et discrétion sont ses maîtres-mots.

Pour arriver à leurs fins, ils profitent d’une disposition de l’instinct humain. En effet, nous sommes plus enclins à trouver mignon ce qui est plus petit que nous. Cet attrait s’accentue à mesure que l’être concerné ressemble à un bébé. A quelques exceptions près, le chat fait le poids d’un bébé (entre trois et quatre kilos en moyenne) et sa taille lui permet alors d’être porté comme un nouveau-né, ce qui est vraiment beaucoup trop mignon quand même. Le chat se sert de cette disposition humaine pour obtenir tout ce qu’il veut. On parle quand même du seul animal qui a un endroit précis pour faire ses besoins, espace souvent muni d’un couvercle et d’une porte pour plus d’intimité. Et si vous pensez que les gens allergiques aux chats sont protégés contre cette domination, ils ne le sont pas ! Il existe aujourd’hui des chats dits « hypoallergéniques ». Non, je ne parle pas des Sphinx mais de chats bien poilus qui ne causent aucunes réactions allergiques. Parce que oui, les poils du chat sont une arme essentielle de sa domination. L’humain comme beaucoup de primates est rassuré quand il peut caresser les poils de ses congénères mais plus la surface est douce plus ça marche. Donc autant vous dire que les pitits poils trop meugnon du tout pitit matou, c’est vraiment top mais je m’égare.

Le chat a su développer son intelligence pour s’immiscer dans nos foyers et copier notre savoir pour un jour pouvoir prendre le contrôle du monde. Tous les complotistes n’ont rien compris, on parle de vraie théorie ici. Vous pensez que votre chat vient s’allonger sur votre ordinateur parce qu’il veut votre attention ? Que nenni ! Plusieurs options sont possibles ici, 1) il essaie d’écouter votre cours en même temps que vous pour accumuler du savoir (et prendre le contrôle des musées dans notre cas), 2) il essaie de vous empêcher de travailler pour s’affirmer comme le seul à pouvoir subvenir aux besoins de votre foyer. Effectivement, tous les cadeaux qu’il vous fait d’animaux morts ou de jouets (ça dépend de ses ressources) sont un moyen pour lui de participer à la vie de son foyer. Vous trouvez ça mignon tout plein ? Encore une fois, vous ne devriez pas ! Il fait tout ça pour que vous le trouviez encore plus mignon et que vous soyez à sa merci.

Pour preuve, abordons maintenant le cas du seul, de l’unique, du Jack. Oui, il s’agit de mon chat mais je saurai rester objective. Pour le bien de l’humanité, je vous le promets. Ce chat est la preuve ultime qu’une domination féline mondiale se prépare. Bon certes il a pas inventé le fil à couper le beurre comme on dit chez moi (ou il a pas l’électricité à tous les étages, bref vous avez compris) mais il sait se montrer féroce malgré sa dent en moins. Il a su ces dernières années mettre au point des plans infaillibles qui laissent entendre qu’il est peut-être beaucoup plus malin qu’il ne le laisse paraître. En effet, Jack (ou Jacko pour les intimes) a une passion inexpliquée pour les éponges. Afin qu’il ne s’empoisonne pas avec et qu’il ne ruine pas toutes nos éponges, nous avons décidé de les ranger sous l’évier. Ce que nous n’avions pas pu prévoir, c’est que durant les deux années suivantes Jack travaillerait d’arrache-pied entre deux siestes à ouvrir la porte de l’évier et il y est parvenu (on a dû mettre un bloque-bébé, c’est pas une blague). Bref, si même mon chat est capable de mettre en place des plans si complexes, vous devriez vous inquiéter !

Je tenais tout de même à accréditer mon modèle photo pour l’illustration de cet article : Jack Le Roux, probablement encore en train de faire une sieste ou en train de m’empêcher de dormir avec ses ronrons. Ah oui, méfiez-vous de la ronronthérapie aussi, c’est louche cette histoire.

P.S. : Oui, je change mes draps régulièrement. Ne vous inquiétez pas.

Tyfenn Le Roux

Mauvais Genre(s) – Garder espoir

© Simon André

TW : mention de sexisme, validisme, agressions homophobes. On parle plus longuement de LGBTphobies et de burn-out militant.

 

© Simon André

Nous sommes sans doute nombreux.ses à imaginer parfois un monde idéal, sans vraiment y croire. Un monde sans patriarcat, sans homophobie, sans sexisme, sans transphobie, sans validisme, sans racisme ; un monde sans discriminations en somme, où, appartenant à la communauté LGBT+ ou à n’importe quelle minorité, on pourrait vivre son identité (sa vie) sans crainte. Et les choses ont déjà, ces dernières décennies, beaucoup évolué en France. Pourquoi la société arrêterait-elle d’évoluer dans ce sens ? Les représentations se sont multipliées ces dernières années, les nouvelles générations (mais les anciennes aussi) ont un accès facilité à des informations, à des espaces d’échange safe. Il y a tout lieu de croire que, lentement mais sûrement, les Français (et l’humanité en général) vont évoluer vers plus d’ouverture d’esprit.

Évidemment, j’enfoncerais des portes ouvertes en précisant que tout n’est pas si simple. Au quotidien, dans notre présent, la peur, les agressions (avec par exemple, selon le Ministère de l’Intérieur, une hausse des agressions homophobes de 36% entre 2018 et 2019), les blagues aux dehors innocents, les insultes, sont inévitables. Nous avons peur pour nos proches. Il est parfois difficile, surtout en tant que militant.e, de regarder vers l’avant, de garder foi en nos valeurs et en l’utilité de nos luttes, devant ce paysage décourageant. Cela peut, notamment, mener à ce que l’on appelle le burn-out militant : une perte de sens, mais aussi des traumatismes liés aux violences subies lors d’activités militantes.

Ce pessimisme, s’il est dur à éviter et doit être considéré avec la plus grande bienveillance (car il est tout à fait légitime), peut être un frein à notre volonté d’évolution des mentalités. Qui n’a jamais entendu, dans et hors de la communauté LGBT+, des choses comme « tu ne changeras pas le monde », « les gens ne sont pas prêts », « ils sont idiot.e.s et ça ne changera pas » ? Autant de phrases qui découragent de poursuivre une lutte pour un meilleur avenir.

© Simon André

Mais en trouvant le juste équilibre entre un monde rêvé et un pessimisme résigné, on peut parvenir, aujourd’hui, à fonder un espoir en demain. Les nouvelles générations sont notoirement bien plus ouvertes que nos aîné.e.s, ce qui laisse présager d’une poursuite de cette évolution des mentalités dont je parlais aussi plus haut. La représentation des minorités et l’éducation, si elles ne sont pas toujours aisées à mettre en place ou désirées par celleux qui en auraient le pouvoir, ont de véritables impacts, sur toutes les tranches d’âge, en contribuant à normaliser ce qui est pointé du doigt par ignorance.

Dans la culture et en histoire de l’art plus précisément (car c’est pour ça que nous sommes là n’est-ce pas ?), nous sommes nombreux.ses à fonder des espoirs dans la nouvelle génération de chercheurs (dont nous, élèves de l’école du Louvre, faisons partie). La France a du retard à rattraper dans les domaines des queer et gender studies, mais nous pouvons aujourd’hui poursuivre les débuts de ces travaux, pour élargir la voie pour les générations suivantes, en nous réappropriant notre passé et nos représentations et en les réinsérant dans une histoire de l’art qui fait trop souvent abstraction des minorités. Laissez la parole aux concerné.e.s et diffusez la leur, apprenez de ces visions différentes pour enrichir la vôtre.

Il est temps d’envisager un futur, notamment culturel, moins élitiste, moins blanc, moins cishétérocentré, et d’inscrire durablement l’histoire des minorités dans le patrimoine culturel que nous désirons tous explorer.

 

Chloé Vuillermet