Les sorties culturelles du Club-Jeux

Bientôt les vacances ! Enfin !! Et pourquoi ne pas profiter de ces quelques jours de repos pour changer  d’air ?  

Pour commencer, faisons un petit tour au Musée Français de la Carte à Jouer, l’un des rares musées sur  ce thème dans le monde. Les collections contiennent près de 26 000 œuvres, dont plus de 7 000 jeux de cartes venus du monde entier – ici, au Club Jeux, on est jaloux – et près d’un millier de gravures, dessins et autres  affiches – de quoi ravir les élèves de la spécialité Estampe cette année ! Mais tic-tac, tic-tac ! Le temps file ! Le  musée fermera ses portes à la mi-juillet 2026 pour rénovation.  

Prochain arrêt : Viroinval, chez nos amis belges ! Le musée du Chemin de fer à vapeur des Trois Vallées nous accueille du 1er février au 30 novembre et nous plonge dans le monde ferroviaire. Des circuits de trains miniatures aux immenses locomotives à vapeur et wagons, autant de pièces que vous pourrez observer ou explorer,  en visite libre ou guidée !  

Enfin, partons à la découverte de la Bretagne – bien évidemment. Vous découvrirez dans certains Offices  de Tourisme du Finistère l’association les Archi Kurieux : jeux de pistes, chasses au trésor, randonnées ludiques  à faire en famille ou entre amis. Parmi ces merveilleux endroits, venez découvrir Pont-Aven, Quimper, ou Locronan – en toute objectivité, le meilleur endroit au monde. Et, au passage, n’hésitez pas à profiter des crêpes, du cidre et des embruns bretons !  

En vous souhaitant de belles vacances, 

Louvresquement vôtre,  

Le Club-Jeux

L’échographe – votre nouvelle rubrique qui relie les Arts par leur résonance

Abolir le cadre 

L’Annonciation d’Eustache Le Sueur 

Bienvenue dans l’Échographe, votre nouvelle rubrique qui relie les Arts par leur résonance. 

Le premier tableau de notre série est un de mes préférés : il s’agit de l’Annonciation par Eustache Le Sueur. Cette merveilleuse huile sur toile a été réalisée au cours de l’année 1652. Il vous suffit, pour la rencontrer, de vous rendre dans la salle 908 de l’aile Sully, au musée du Louvre.

J’ai découvert cette œuvre par pur hasard, alors que je me promenais dans les longues salles que sont les galeries du département des Peintures françaises et flamandes (dans les ailes Sully et Richelieu). A peine l’ai-je aperçue que son rayonnement et sa beauté m’ont happée, me laissant désormais totalement indifférente aux autres toiles pourtant monumentales.

Comment décrire cette sensation ? Tout y est silencieux, léger… j’ai été tout bonnement transportée.  L’artiste, par la clarté de sa composition des plus atticistes, nous emmène à la guise de son pinceau. Tout y est minutieusement construit. Par une transversale des plus géométriques, la lumière fait son chemin de l’Ange Gabriel, semblant lui, tout à fait étranger à la gravité, à la Vierge Marie, en touchant au passage tous les attributs de l’épisode de l’Annonciation. 

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Carnet de voyage – Gemma Wien ? ou un week-end pour tomber amoureuse de Klimt

Quoi de mieux que quinze heures de train pour vous donner envie de faire de même pour vous rendre à Vienne le temps d’un week-end ? 

Pour une petite mise en contexte, après un stage de trois mois à Unidroit au printemps dernier, et grâce aux nombreux cafés partagés avec mes collègues, je me suis fait de très bons amis qui vivent dans différentes villes d’Europe. Lorsque mon amie italienne m’a annoncé qu’ils rentreraient bientôt en Australie avec son copain originaire de là-bas, l’envie de les revoir une dernière fois avant leur départ a commencé à m’obséder. Avec mon acolyte de voyage, nous étions déjà allés les voir à Milan et, désireuse de revoir notre ami viennois, que nous nous étions également fait lors de nos pauses café à Unidroit, nous décidâmes de nous rendre tous ensemble à Vienne (d’où le titre de cet article pour lequel vous deviez commencer à vous poser des questions).  Continuer la lecture →

Sorcières !

Qui dit automne dit Halloween et bien évidemment les déguisements de sorcières. N’est-ce pas la saison parfaite pour se préparer un bon bouillon magique et caresser son chat noir ? 

Mais après tout, pourquoi parle-t-on autant des sorcières à Halloween ? Enfin je veux dire, font-elles si peur que cela ? J’aurai tendance à dire que oui, surtout lorsque nous sommes enfant. Quand j’étais petite, la nuit, je me cachais sous la couette car j’avais peur qu’une méchante sorcière sorte de dessous mon lit, comme la vilaine sorcière de Blanche-Neige (et j’imagine que je n’étais pas la seule… si ?). Dès notre plus jeune âge, nous rencontrons des sorcières que ce soit dans les dessins animés ou encore les livres de l’école (petite pensée pour La sorcière de la rue Mouffetard). 

Mais à vrai dire, l’imagerie de cette femme aux pouvoirs magiques a vraisemblablement toujours existé. C’est le cas dès l’Antiquité. Chez nos amis les Grecs, la sorcière est par exemple incarnée par Circé dans L’Odyssée d’Homère. C’est une femme puissante qui transforme les hommes en porcs pour lui tenir compagnie. Elle incarne donc la puissance mais aussi la terreur. Ulysse doit faire preuve de ruse pour ne pas terminer comme son équipage.

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Présentation d’un artiste contemporain : Robinson Haas

Le club Marché de l’Art vous propose un compte-rendu de sa récente entrevue avec l’artiste contemporain Robinson Haas. Voici une retranscription des propos de l’artiste.

Parcours :

Robinson Haas est né en 1995 à Lille. Très tôt, il souhaite s’orienter vers une carrière artistique et a une volonté de « créer des choses ». Il suit bac en Arts Appliqués puis un BTS en design graphique. Il est ensuite diplômé des Arts Décoratifs de Paris en Design d’objet. Il travaille un temps comme designer freelance, ce qui lui permet surtout de se consacrer en parallèle à sa pratique du dessin et lui laisse du temps pour développer ses recherches plastiques.

Robinson Haas travaille sur la question de répétition. Il commence ce projet pendant ses études en design graphique, avant même de rentrer aux Arts Décoratifs. Ce qui l’intéresse le plus à cette époque dans le graphisme, c’est le rapport au langage. Ses professeurs l’incitent à avoir une démarche expérimentale, il en retient un notamment, qui aimait déconstruire les typographies dans une logique de simplification à l’extrême pour atteindre des formes d’abstraction. Lui commence à dessiner à partir de la ligne, dans ce lien au langage, à la typographie et aux signes, ligne comme un signe primaire du langage. Cette ligne est mise en action par des protocoles. La notion de protocole l’intéresse particulièrement dans le processus de création, ce qu’il met en lien avec la musique pour laquelle la partition définit le jeu et cause une forme d’intellectualisation du processus. Continuer la lecture →

Réflexion sur l’affaire Miriam Cahn : a-t-on encore besoin d’un art qui choque ?

Cela fait maintenant deux semaines que la polémique autour de Fuck Abstraction ! s’est tue.  Le tribunal administratif de Paris a conclu le débat judiciaire en déboutant les associations de protection de l’enfance, et en reconnaissant à Miriam Cahn un contexte de production et d’exposition qui garantit une juste compréhension de son œuvre, éloignée de toute lecture pédopornographique. Sans prendre ici position sur un débat déjà passé, tranché et enterré, il peut être intéressant de déplacer toute cette affaire sur un autre plan.

 

Si le sens de l’œuvre – et ce faisant, sa légalité – ont fait débat, tous les camps se sont accordés sur son caractère choquant. Tant les adversaires du tableau, qui y voyaient un contenu attentant aux droits de l’enfant, que Miriam Cahn elle-même, qui désirait dénoncer l’utilisation de la sexualité comme arme de domination en temps de guerre. Mais une œuvre d’art a-t-elle encore besoin aujourd’hui de choquer le spectateur ? Continuer la lecture →

De l’esthétisation des maladies mentales dans les arts

J’ai suivi, de plus ou moins loin, les débats qui ont agité les spectateurs de la série Euphoria. Deux camps se sont peu à peu dessinés. D’un côté, les défenseurs fervents du divertissement – avec parmi eux des psychiatres – qui arguent de son utilité pour briser les tabous entourant la santé mentale. De l’autre, les critiques qui mettent en garde contre l’esthétisation à outrance et les dérives parfois mortelles qu’elle peut entraîner. L’ambiguïté va jusqu’aux propos mêmes de Zendaya, qui affirme que la série, figurant des adolescents joués par des acteurs trentenaires, est destinée uniquement à un public adulte. Parallèlement, une hotline a bien été mise en place par la série… à destination des adolescents. De la fiction pédagogique et briseuse de tabous, au récit trash et esthétisant destiné à nourrir les fantasmes et pulsions des adultes, il n’y a décidément qu’un pas.

Un an après la sortie de la saison 2, je ne vais pas chercher d’une quelconque manière à trancher le débat. Pour être tout à fait sincère, je n’ai pas vu Euphoria. Mais cette situation m’a conféré une position d’observatrice, qui m’a poussée à m’interroger. Y a-t-il, dans les arts, une esthétisation des maladies mentales ?

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Exposition Evaristo Baschenis – Galerie Canesso

Evaristo Baschenis ? Ce nom ne vous dit peut-être encore rien. Voici donc l’occasion parfaite de le découvrir ainsi que quelques-unes de ses œuvres les plus remarquables grâce à l’exposition de la Galerie Canesso.

L’exposition Evaristo Baschenis s’inscrit dans la volonté de la galerie d’organiser tous les trois à quatre ans environ des expositions faites en collaboration avec des institutions italiennes et tout particulièrement cette année en éclairant un artiste encore très méconnu en France et jamais exposé sur notre territoire. Ainsi elle se démarque du cadre commercial de la galerie tout en gardant cette appétence pour l’Italie. En effet, la Galerie Canesso expose principalement des tableaux italiens de la Renaissance au baroque, le directeur étant lui-même italien. Vous avez jusqu’au 17 décembre pour saisir cette formidable occasion et vous laisser transporter dans l’œuvre et le style si caractéristiques de Baschenis, mais avant toute chose, laissez-nous vous en dire davantage sur cet artiste et susciter votre curiosité ! Continuer la lecture →

Critique : Dinh. Q. Lê – Histoires morcelées

Crédit : Dinh. Q. Lê

Le fil de la mémoire et autres photographies – une exposition au musée du quai Branly du 8 février au 20 novembre 2022

 

Dinh. Q. Lê est un photographe né au Vietnam qui a étudié aux États-Unis où il vit et travaille aujourd’hui. Son œuvre se situe dans une zone poreuse entre l’histoire complexe de son pays natal et son parcours personnel au-delà les frontières. Le musée du quai Branly lui rend hommage lors de cette rétrospective qui met en scène ses recherches transdisciplinaires où l’image photographique est sans cesse « interrogée, découpée, transformée ». Ce parcours chronologique, concentré sur les quinze dernières années de la production de l’artiste, découvre la technique exceptionnelle du tissage de photographies.

 

« Trop souvent nous avons vu notre histoire racontée par d’autres que nous, ou mise de côté. » déclare Dinh. Q. Lê. Tel est le constat amer de l’artiste ayant choisi de replonger dans ce lourd passé pour le réécrire. En effet, ce plasticien hors norme instaure un dialogue entre le regardeur contemporain et sa mémoire la plus intime. Cette exposition nous raconte comment le vécu du déchirement d’un pays remonte le fil des générations à travers les corps et les mentalités.

 

Les images créées par Dinh. Q. Lê laissent une trace qui brouille les repères entre la vision, le souvenir et l’immédiateté. Le spectateur est ainsi projeté dans une zone hybride entre l’immatériel, le lointain et la présence physique vibrante et sombre de ces œuvres multiformes.

 

Au détour d’un couloir de l’exposition, nous rencontrons des nuées de confettis d’images photographiques qui flottent dans l’air. Il s’agit d’une « dérive dans les ténèbres » comme nous l’indique le titre A drift in darkness (2017). Ces tirages numériques sur papier Awagami bambou tissés sur une structure en rotin reprennent la technique du tissage d’images pour former un ensemble de trois nuages et rondes-bosses évoquant l’instabilité des réfugiés politiques ayant fui le Vietnam.

 

Les pérégrinations de l’artiste induisent ainsi une sorte de transcription dans le domaine tangible et concret des arts plastiques d’une identité en déshérence. Les réalisations de Dinh. Q. Lê sont des chimères, des personnages amphibies pris au piège dans un couloir sur les parois duquel se reflètent les échos lointains de la trame historique décousue du Vietnam.

 

Cambodia Reamker (2021), un tissage photographique monumental, entremêle le portrait d’une jeune victime du génocide cambodgien Tuol Song et des fresques du Palais royal de Phnom Penh, illustrant un poème épique traditionnel écrit entre 1500 et 600 avant notre ère. L’Ensemble est un tableau nébuleux et solennel où des temps distincts s’interpénètrent avec magie.

 

Les images sont déconstruites et reconstruites, traduisant la perpétuelle métamorphose des mémoires. Ces représentations d’une perception vagabonde nous transportent dans le cœur palpitant et douloureux d’une nation morcelée.

Elio Cuilleron

Saint Maximilien prêche aux edliens

(Cette interview date de 2009, publiée dans le deuxième numéro du Louvr’boîte et remise à l’honneur en ce mois de septembre après la nomination de Maximilien Durand au poste de conservateur du nouveau département des arts de Byzance et des Chrétientés d’Orient du musée du Louvre.)

 

Trois années dans le même amphithéâtre obscur, à discerner vaguement des silhouettes professorales se découpant sur d’immenses clichés. A écouter des voix surtout, qui défilent et enrobent un discours plus ou moins palpitant. Il y en a que l’on attrape au vol et que l’on retient. Ce timbre velouté par exemple qui, de Baouit à Byzance, nous entraina à travers les méandres d’une légende chrétienne peuplés de vierges folles, de païens concupiscents, et de saints débonnaires. Derrière la voix, l’homme : Maximilien Durand. Plutôt jeune. Plutôt charmant aussi. Et doté d’un charisme et d’une éloquence naturelle qui nous font oublier sa pauvreté capillaire.

Rencontre avec celui qui danse sur les ponts dans son bureau du musée des arts décoratifs. Un ange passe…

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